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(Unità Naziunale – publié le 4 juin à 08h33) L’intervention devant l’Assemblée de Corse de Fabiana Giovannini sur le rapport pour mieux réguler l’aménagement commercial.

 


Messieurs les présidents
Mesdames Messieurs chers collègues

La course effrénée entre grandes enseignes entraîne un désastre au niveau économique et commerciale, mais aussi social, environnemental, sociétal.

Nous approuvons donc pleinement ce rapport et félicitons les services qui y ont travaillé.
Nous sommes d’accord sur les constats. Étalement urbain, anarchie voire écrasement des projets d’aménagement, asphyxie des axes routiers, fermeture des petits commerces et mort économique des centres urbains, consommation illégale des espaces sensibles, notamment des espaces agricoles dont nous avons grandement besoin pour bâtir notre autonomie alimentaire, désordre foncier, incohérence entre les documents d’urbanisme et de planification, au point de les rendre inutiles ou désuets, appauvrissement social, étouffement de la puissance publique au profit de l’intérêt privé, orientations stratégiques de notre Collectivité, mais aussi des collectivités locales, confisquées par cette puissance privée, concurrence tendue, enfin, et même très tendue entraînant des dérives de toutes sortes, pouvant dégénérer en affrontements, c’est dire si c’est grave, avec encore des déséquilibres lourds, notamment sur la régulation du marché foncier.

Bref c’est catastrophique. Et aujourd’hui nous devons réparer.

Les réponses : régulation, requalification urbaine, urbanisme intelligent, équilibre entre ville et campagne, entre quartiers, entre population, politique incitative en faveur de l’emploi bien sûr mais dans un équilibre obèrent, programme coeur de ville, intégration paysagère, etc, etc, bref de l’aménagement durable !

Très vite, trois points :

1°- C’est rappelé dans le rapport, mais j’insiste sur l’importance de porter au bout de sa logique notre délibération du 27 janvier 2017 sur la mise en place de politiques intégrées pour reconstruire notre paysage urbain, mettre de la cohérence entre les différents documents d’urbanisme, donner des règles aux acteurs privés pour qu’ils s’insèrent dans cette logique, en vrais partenaires, et non pas qu’ils viennent la remettre en cause comme c’est le cas actuellement. Voire qu’ils y participent financièrement, et c’est bien normal puisqu’ils bénéficient des plus valeurs foncières.

2°- la responsabilité de l’Etat, majeure, en ce domaine comme en bien d’autres, parce qu’il est contrôle de légalité, parce que les lois et règlements ne sont pas appliqués ou si mal, ou souvent de manière très différenciée en fonction des territoires, des projets, des acteurs, sans que l’on comprenne pourquoi ou comment. Il faut sortir des confusions.
Je rappelle que sur ces deux points l’Etat s’est engagé de manière concrète, opérationnellement’ voire financièrement, au travers de la signature avec notre Collectivité de deux protocoles de mise en œuvre.

3°- Enfin, Monsieur le président, dans l’intervalle de l’adoption de ce document-cadre pour l’aménagement commercial qui sera un progrès considérable pour réguler tous les phénomènes que j’ai cités ; dans l’attente aussi de la refonte que nous demandons des CDAC en une seule commission territoriale pour plus de cohérence et d’efficacité dans nos politiques, j’attire votre attention sur la composition actuelle de ces CDAC avec l’expérience de la seule délibération à laquelle nous avons pu assister dans la dernière mandature, celle de la mise en route d’un Drive sur la commune de Sàrrula. Comment peut-on tolérer que les principaux acteurs concernés, à savoir Collectivité de Corse (anciennement CTC) et ville d’Aiacciu aient été mis en minorité par des membres extérieurs au territoire concerné ! En l’occurrence le CD2B et la commune de Corti qui ont pesé sur le vote.

ça n’est plus acceptable.

C’est pourquoi votre proposition sur les mesures transitoires est absolument indispensable.
Pour conclure, le Padduc doit être un outil que chacun ici, élu de la Corse, j’ai envie de dire élu de la nation, ou élus des collectivités locales hors de cet hémicycle, doit s’approprier dans ses grands principes et ses préconisations. Il est une Directive Territoriale d’aménagement, un document qui tient du projet de société. En quelques sorte, il est « notre loi », celle que nous nous sommes donnée et qui s’impose à tous désormais, quelle que soit la bataille qui a pu se jouer « pour ou contre » au moment de son élaboration.

Je vous remercie.

FABIANA GIOVANNINI