X

Doumè Ferrari, père de trois enfants,  avocat de profession, récemment nommé bâtonnier du Bureau d’ajaccio, a été mis en examen par la justice politique, libéré sous contrôle judiciaire… Interpellé lundi matin comme 10 autres personnes dans le cadre de l’enquête sur une action clandestine contre la gendarmerie Battesti à Ajaccio, il a depuis lundi, nié avoir participé de près ou de loin à cette affaire et à fait valoir son droit au silence. Transféré d’Ajaccio à paris mercredi dans la journée, il a été présenté à un juge jeudi peu avant midi.

dumedoumeferraridominiqueNé en 1961 à Maubeuge, il revient en corse très rapidement,  vers 1964 avec ses parents. Doumè est scolarisé à Ajaccio aux Salines, quartier populaire de la ville, puis étudiant à Nice par la suite, l’università di Corti n’étant pas encore ouverte fin des années 70. Une fois obtenu son diplôme, il passe son concours d’avocat à Bastia,et une fois ce concours en poche, il intègre le barreau d’Ajaccio (1991) il y a déjà une vingtaine d’année. Originaire de Zalana, il a vécu entre « rural et cité » pendant son enfance, proche de ses paisani, mais aussi proche des origines nordistes liés à sa maman,  il se forgera son identité.

Élevé aux Salines, petit village, au sein d’ajaccio, avec comme principe de vie,  le bien vivre ensemble, la solidarité envers les plus démunis, « l’esse corsu, u stintu corsu ». Il gardera cet esprit lors de ses plaidoiries et de ses engagements personnels et politiques.

Avocat par choix suite à ses études de droits, alors qu’il se dirigeait vers l »économie, c’est un métier qui l’attirait suite à différentes affaires liés à la situation politique en corse, adolescent pendant Aleria en 1975, Doumè est marqué par cet événement, ainsi que par les revendications des jeunes nationalistes au sein du lycée Laetitia à Ajaccio. Par la suite, en se retrouvant en france, il se retrouve confronté à une culture différente, il constate alors que nous avons des traditions à part ce qui lui fait penser rapidement qu’il faut les conserver.

Défendre des personnes jusqu’au bout, représente bien son leitmotiv dans son quotidien, un sacerdoce, une passion pour Doumè.

Son parcours politique est marqué par son engagement en tant qu’avocat des prisonniers politiques mais aussi par son engagement militant au sein des structures du mouvement national. Des années de lutte pour le respect des interpellés, et des incarcérés mais aussi engagés lors des processus politiques de paix. La répression coloniale l’a dans le collimateur dès le début de son engagement en politique

Pour Me Ferrari, après tant d’année de lutte, la revendication du mouvement national a permis de reprendre beaucoup de terme important autours d’un projet cohérent pour le peuple corse,  il faut passer à une autre étape, de consolidation des acquis pour les corses, langue, traditions, identité, valeurs…. au sein d’un processus politique.

Selon « Doumè » les idées nationalistes ont gagné, même si au départ il y avait un affrontement idéologique dans les années 70 à 90, mais aujourd’hui, il constate que malgré le fait que ces idées soient au sein de la société corse, il faut les concrétiser dans un processus politique.

Il est marqué politiquement depuis son adolescence, au sein d’A Cuncolta Naziunalista/indipendentista, Indipendenza, Corsica Nazione Indipendente puis plus récemment Corsica Libera.

militant exemplaire et intègre depuis des années

Il était membre du comité exécutif du mouvement A Cuncolta Indipendentista en 1998/2001 lors du processus Matignon. Ses prises de position sont celles de l’apaisement et de la solution politique, mais aussi de la fermeté face à un état autiste et une répression qui n’a eu de cesse contre les patriotes :

A Cuncolta indipendentista, le principal mouvement nationaliste, a indiqué que les 8 élus du groupe Corsica nazione « continueront à discuter avec les représentants du gouvernement ». Ils « ne suspendront pas leur participation à l’Assemblée de Corse » et « seront présents lors des prochaines sessions pour soutenir le projet de loi et les amendements dans l’intérêt de nos revendications et des Corses », a indiqué Dominique Ferrari, membre de l’exécutif d’A Cuncolta et ce malgré les « torpilles » de l’Etat et de sa police politique.

En septembre 2001, les convocations pleuvent au sein du mouvement national, Jean Guy Talamoni, et Dumè Ferrari sont dans le lot. Il y a 10 ans il déclarait de manière prémonitoire ce qu’il subit depuis lundi :

« Lors du processus de paix initié fin des années 90, début des années 2000, Me Dumè Ferrari, déclarait : « ce que tous les observateurs constatent et que les corses ne comprennent plus, c’est qu’il y a d’un coté un processus politique qui se déroule bien et de l’autre des dragonades de la 14e section (sdat), des arrestations… On arrive donc à un point de rupture. Il faut donc que le gouvernement se penche sérieusement sur cette question ». « Ceux qui, en ce moment, manient la provocation, ce sont les magistrats antiterroristes, la DNAT, les policiers manipulés par on ne sait qui ».

Des paroles que l’on pourrait attribuer aujourd’hui au remplaçant du Juge Thiel. 

Le retour des portes explosées et du bruit des godillots ?

@Lazezzu

à suivre sur  l'application android Unità Naziunale ou bien sur ce lien mobile (Apple, tablettes...)