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(archive) Le 23 août 1975 : La Fédération de la Corse du Parti communiste français fait une déclaration qui sera tirée à plusieurs milliers d’exemplaires et distribuée. Elle était intitulée : Vive la France… (source)

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Bd-ALERIA-75-Bertocchinile 23 août 1975

Vive la France

Après Aléria, Bastia

Après les morts de la plaine orientale, les morts de la Place St Nicolas !

Assez !

C’est le pouvoir giscardien qui porte la responsabilité principale des événements que la Corse connaît.

C’est le pouvoir de la grande bourgeoisie qui refuse de faire droit aux revendications légitimes du peuple Corse.

C’est le pouvoir qui fait obstacle à l’épanouissement de la culture insulaire. C’est le pouvoir qui refuse aux Corses leur droit à une large démocratie.

C’est le pouvoir qui, en se lançant brutalement dans la répression, porte la responsabilité du sang versé.

La suspension de deux fonctionnaires ne serait suffire.

Poniatowski démission ! Tous les Corse exigent que le principal fauteur de désordres soit exclu des hautes responsabilités qu’il est incapable d’assumer. Ils exigent de même :

– Le retrait du dispositif exceptionnel de répression dont la présence constitue une source de provocation.

– La réunion sur le champ de l’Assemblée régionale.

– L’inscription de la question corse à l’ordre du jour de la session extraordinaire du Parlement. Après la série de plasticages qui dure depuis des années, après la série de saccages et de pillages des magasins, voici la série des affrontements armés, voici la série des morts. Nous l’avions hélas prévue : la répression ne règle jamais rien.

A qui fera-t-on croire que, depuis des années, avec des forces de police aussi nombreuses, avec la publicité que recherchent les auteurs de ces actes, que nous ne sommes pas en présence d’une immense machination politico-policière.

Devant de tels faits, l’alternative : le pouvoir d’Etat est-il faible ou complice ? Mérite la seule réponse possible : complicité !

Complicité ! Le pouvoir d’Etat est complice lorsqu’il fait la sourde oreille aux multiples avertissements de mise en garde venant de tous côtés : IL FAUT SAUVER LA CORSE DE LA MISERE.

Complicité : le pouvoir d’Etat est complice lorsqu’il couvre les agissements frauduleux des milliardaires de la côte orientale, Corses ou rapatriés, devant les accusations de petits et moyens viticulteurs honnêtes : IL FAUT ARRETER LES FRAUDEURS ET LES TRAFIQUANTS DE VINS ET DE TERRE !

Complicité ! Le pouvoir d’Etat est complice lorsqu’il laisse se déployer librement des bandes de gens armés qui mettent à sac des magasins, fruits du travail et de l’épargne des petites gens. Corses ou non.

§ § §

Mais un pouvoir d’Etat peut être complice sans cesser d’être faible : il est aussi faible parce qu’il n’a pas et n’aura jamais le concours de la population laborieuse. Comment pourrait-il en être autrement, cette population a été réduite à la misère : le coût de la vie est chez nous 30 % plus cher que sur le continent et les salaires y sont les plus bas de France.

Comment pourrait-il en être autrement ? Cette population a été privée de sa véritable représentation, par des charcutages de cantons, par le scrutin d’arrondissement, par l’absence d’un système électoral fondé sur la représentation proportionnelle : notre Parti n’a pas les représentants auxquels lui donne droit son influence réelle.

Mais cet Etat, c’est l’Etat des grands monopoles. Il n’a cure de la Corse et de ses intérêts ! Cet Etat engendre naturellement injustices et scandales parce que le plus grand des scandales c’est cet Etat lui-même, l’Etat des grands capitalistes qui mettent tout le pays en coupe réglée.

§ § §

Cet Etat est l’Etat qui ne veut et ne peut régler les problèmes économiques, sociaux, culturels et politiques que par la police.

Or, lorsque cette police est dirigée par un Ministre dont les sentiments à l’égard des Corses sont bien connus, il n’est qu’une solution qui s’offre au Parlement et au Président de la République : IL FAUT DEMISSIONNER PONIATOWSKI.

C’est la seule mesure d’apaisement qui vaille dans l’immédiat.

La fébrilité a réagir à Aleria, sans aucune tentative sérieuse de négociation préalable, son incapacité à assumer la simple sécurité publique depuis des années en Corse où pratiquement chaque nuit retentit le plastic, bref, son irresponsabilité est totale. Elle est amplement démontrée par le sang versé tant en France continentale qu’ici même.

Si l’on veut éviter l’escalade, il faut que Poniatowski s’en aille.

La France, notre France celle pour qui sont morts nos frères, les Jean Nicoli et les Dominique Vincetti, les Emile Reboli et les Jules Mondolini, ce n’est pas celle des grands capitalistes qui l’ont toujours trahie, qui ont fait le lit des irrédentistes qui hier voulaient faire de cette île une province du fascisme italien et qui aujourd’hui poussent au désespoir notre population et sa jeunesse, créant ainsi le terrain propice à tous les séparatismes.

Le drapeau de l’unité nationale brandi par le pouvoir ne trompera personne.

La Corse n’a pas de leçon de patriotisme à recevoir des monopoles capitalistes et de leur pouvoir. La France, notre France, c’est celle de la grande révolution de 1789 à laquelle nos pères se sont librement rattachés, c’est celle à laquelle s’est ralliée la grande insurrection libératrice de septembre 1943.

Nous communistes de Corse qui nous sommes levés avant le jour pour combattre le fascisme qu’il vienne d’Italie ou qu’il soit de France, nous disons NON au mot d’ordre chauvin, raciste et fasciste « I Francesi Fora ! ». De tels mots d’ordres racistes peuvent être retournés par les groupes réactionnaires continentaux à l’égard des centaines de milliers de nos compatriotes installés sur le continent.

Nous pour qui tous les ouvriers sont frères, nous reprenons le vieux mot d’ordre : PROLETAIRES DE TOUS PAYS UNISSEZ-VOUS !

Nous en appelons à tous les Corses, à tous les travailleurs de Corse, d’où qu’ils viennent, pour qu’au coude à coude avec les travailleurs, nos frères, qu’ils soient d’Arras ou de Marseille, qu’ils soient arabes, portugais ou italiens, ils trouvent sur cette terre d’hospitalité la solidarité nécessaire pour crier avec nous : LES GRANDS CAPITALISTES, FORA !

Nous en appelons à tous les travailleurs de Corse pour qu’ils s’unissent et s’organisent dans des comités d’action et de défense de la Corse afin d’agir pour faire de cette Corse une terre où il fera bon vivre.

Vive la Corse, vive la France.

FEDERATION DE LA CORSE DU PARTI COMMUNISTE FRANCAIS

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