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A quelques jours des Ghjurnate Internaziunale et de sa Ghjunta, Corsica Libera tenait ce matin une conférence de presse à Bastia sur la situation politique en Corse. Corsica Libera a livré son analyse sur le communiqué du FLNC UC du 25 juin dernier où le mouvement clandestin annonçait sa démilitarisation ainsi que sa sortie progressive de la clandestinité. 

 

Voici le texte de la conférence de presse

CorsicaLiberaLibara logo« Il y a quelques jours, le FLNC rendait publique une décision qui crée une situation politique radicalement nouvelle. Après une quarantaine d’années de résistance et de sacrifices pour que vive notre peuple, l’organisation clandestine a estimé devoir prendre en compte certaines évolutions positives au sein de la société corse et apporter une contribution décisive à la paix. Cette décision, le Front l’annonçait déjà dans son communiqué de décembre 2012, par lequel il revendiquait sa dernière campagne militaire contre la spéculation immobilière. Depuis, il a fait preuve d’une grande retenue, de toute évidence pour favoriser le travail entamé en commun par les élus de l’Assemblée de Corse, travail auquel il se disait attentif.

Avec cette nouvelle communication, le pas a été franchi. En mettant fin à ses opérations militaires, le FLNC appelle ses militants et l’ensemble des Corses qui ont partagé sa démarche à renforcer le mouvement public de libération nationale. Cette confiance nous honore mais nous confère de lourdes responsabilités. Nous ferons tout pour nous montrer digne de cette confiance et pour assumer pleinement ces responsabilités.

Nous livrons donc ici notre analyse et présentons à l’opinion corse la démarche politique qui sera la nôtre dans les mois à venir.

Ce qui a manifestement incité le Front à prendre une telle décision, en dépit de l’attitude irresponsable de l’Etat français, est l’unité dont ont su faire preuve les élus corses, autour d’un projet de réforme inspiré par les revendications nationalistes de toujours : transfert de fiscalité au profit de la Corse, officialité de notre langue, statut de résident, réforme constitutionnelle pour permettre la mise en œuvre des dispositifs nécessaires… L’unité des Corses à travers leurs représentants constitue, nous en sommes convaincus, une arme redoutable dans le rapport de force qui oppose l’île à Paris.

Cette unité, nous l’avons voulue et nous avons tout fait pour qu’elle se réalise : depuis 2010, Corsica Libera n’a pas ménagé ses efforts pour mettre en avant les intérêts corses et les faire prévaloir sur toute autre considération. Pour cela, nous avons dialogué avec des élus souvent très éloignés du nationalisme.

En retour, certaines formations politiques ont pris acte de notre présence au centre du jeu et affirmé publiquement que la construction politique à venir devrait se faire avec nous, et non contre nous comme cela a souvent été le cas ces dernières décennies. S’agissant de l’ostracisme dont nous avons été l’objet dans le passé, nous citerons simplement l’alliance gauche-droite ayant permis en 1992 de faire barrage à l’avancée de Corsica Nazione.

Aujourd’hui, force est de constater que nos adversaires d’hier se proposent explicitement de devenir des partenaires, en particulier les dirigeants du Parti Socialiste Français en Corse, qui est la formation – faut-il le rappeler – du gouvernement français. Nous faisons ici référence aux déclarations publiques de Jean-Charles Orsucci et d’Emmanuelle de Gentili ayant publiquement tendu la main à Corsica Libera, la seconde – membre du bureau national du Parti Socialiste Français – ayant par ailleurs rendu hommage à la « grande maturité politique » du FLNC et à « l’attitude très courageuse » que constitue la dernière prise de position de l’organisation clandestine (Cf. Informateur Corse Nouvelle du 4. 7. 2014).

Ces prises de position montrent à l’évidence que des évolutions importantes sont en train de se produire dans notre pays.

Dans cette nouvelle situation, Corsica Libera continuera à occuper toute sa place et poursuivra son travail de conviction auprès de ceux qui veulent un réel changement et sont prêts, pour faire prévaloir les intérêts corses, à construire un rapport de force avec Paris. Au sein du gouvernement français certains considèrent la cohésion d’une majorité d’élus corses autour du projet de réforme comme un vrai problème, et font leur l’adage bien connu « diviser pour régner ».

Ces Machiavels au petit pied cherchent à déstabiliser le camp de la Corse par des discours provocateurs – comme celui de Caseneuve ou du préfet Mirmand –, en espérant que le mouvement national tombera dans le piège. Le FLNC vient de démontrer qu’il poursuivrait inlassablement ses objectifs de nature stratégique et qu’il ne dévierait pas de la voie choisie sous l’effet de propos ineptes d’un ministre français ou de ses gouverneurs,. De Papon à Mirmand, en passant par Bonnet, la Corse a une longue expérience de la préfectorale française;

Cette fermeture et ce mépris viennent encore de s’illustrer lors de la grève qui a affecté pour la troisième fois depuis le début de l’année la desserte maritime. Ce blocage de la Corse par une poignée de grévistes de la CGT marseillaise démontre que la continuité territoriale n’existe que sur le papier, tout en étant constamment invoquée par ceux la même qui s’évertuent à tuer toute possibilité de développement économique de la Corse.

Alors que les conséquences de la grève sont dramatiques pour notre économie à la veille de la saison touristique, le gouvernement a laissé isoler la Corse, et ne s’est manifesté que pour donner du bâton, de façon très violente, sur les professionnels Corses qui venaient exiger pacifiquement une interventions des pouvoirs publics pour rétablir les accès à l’ile.

Dans le même temps, le premier ministre Valls justifiait de ne pas avoir mis en œuvre le déblocage à Marseille car  » il faut faire attention à ne pas aller jusqu’à la confrontation».

Le contraste entre cette complaisance et l’agressivité à l’égard des Corses montre bien, une fois de plus, que notre peuple ne peut compter que sur lui même pour défendre ses intérêts

Aussi, pour Corsica Libera, il est impératif de renforcer l’unité des Corses autour de leurs revendications fondamentales porteuses d’une véritable solution politique. Dans cette perspective, Corsica Libera renforcera dans les jours à venir son dialogue avec les responsables insulaires favorables à la réforme.

Dans quelques heures aura lieu une nouvelle visite ministérielle. À cette occasion, le message de la Corse doit être formulé clairement par les représentants de l’île : la France ne se débarrassera pas du problème que lui pose la Corse en alternant manœuvres dilatoires et menées répressives, mais en faisant droit aux demandes légitimes de l’Assemblée territoriale, demandes largement partagées par le peuple corse. »

CORSICA LIBERA

Intervention de Jean-Guy Talamoni sur Alta Frequenza

(…)

CorsicaInfurmazione.org by @Lazezu 

Revue de Presse et suite de l’article  : 

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