Produit CORSU E RIBELLU

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Le pari était difficile. François Alfonsi avait donné la solution pour le rendre possible : faire le plein en Corse et dans la diaspora. L’élection dans l’île est belle, confirme un ancrage réel, mais elle n’est pas suffisante pour le relever. La Corse n’a plus de représentant à Bruxelles.

Il est évident que nous ne sommes pas parvenu à convaincre l’ensemble de notre électorat d’aller aux urnes. La liste François Alfonsi réalise plus de 2000 voix de plus par rapport au scrutin de 2009 où il « tirait » la liste Europe Écologie en Corse, mais, au regard du potentiel de voix gagné lors des élections territoriales l’année suivante, plus de la moitié s’est abstenue cette fois-ci. Il faut considérer en effet que nous avons gagné d’autres électorats. Preuve en est le soutien de nombreux maires de l’île, les résultats obtenus dans de nombreuses autres communes, l’appui de différents réseaux, nationalistes ou non.

La liste Régions & Peuples Solidaires a subi l’abstention, et elle a subi le contexte. Celui du raz-de-marée du vote populiste qui s’est répandu dans tout lepays . La Corse et ses alliés de R&PS n’a pu être épargnée, elle souffre elle aussi de la montée du FN, passé dans la circonscription de 8,5% des voix en 2009 à 28,8 % cette fois-ci. Dans une telle tourmente, parvenir à nager dans la tempête, met en relief la force et le poids du nationalisme corse. Il est le seul à opérer une telle résistance, à Bastia, grâce notamment à la dynamique née des élections municipales ; même si l’écart est faible, il n’en démontre que davantage l’effort qui a été accompli par les militants un peu partout et notamment en Haute-Corse, seul département de France où le FN est classé troisième. Mais c’est surtout dans le rural, où le vote de notre liste est marquant. Les résultats de François Alfonsi sont remarquables dans de très nombreux villages. Premier dans 138 communes, second dans 83 autres.

C’est quand même un enseignement de ce scrutin : même dans la déception, notre courant progresse. Le bilan, la personnalité, la démarche, les projets portés par nos leaders sont à même de rassembler largement. François Alfonsi confirme cette dynamique qui nous porte depuis maintenant sept ans.

Ceci dit, la construction est fragile. Et l’abstention de nombreux nationalistes en témoigne, alors qu’ils auraient dû se mobiliser massivement, eu égard à l’action et à l’énergie développées par l’un des leurs tout au long de ces cinq années de mandat au parlement européen.

Nombreux sont ceux qui n’ont pas perçus tous les enjeux de ce scrutin pour notre île et se sont laissés gagné à qui par leur scepticisme par rapport à la difficulté de la tâche, à qui par le sentiment, comme la plupart des Corses, que l’Europe c’est loin, c’est complexe, ça n’est pas prioritaire, à qui aussi par des considérations plus politiciennes dans la perspective de prochaines échéances… Bref, ils ont manqué le rendez-vous et ont atténué ainsi l’ampleur du message que la Corse pouvait adresser à Paris, et à Bruxelles : la Corse a besoin d’une représentation à l’Europe. À sa juste place, elle veut prendre part au concert des nations.

Ce message est néanmoins audible. Parce que de nombreux autres Corses l’ont exprimé avec nous parmi les 17.206 électeurs qui ont soutenu la démarche de « Régions et Peuples Solidaires » dans l’île. C’est le second enseignement de ce scrutin: notre capacité de rassemblement est intacte et offre une alternative qui freine la renaissance de la droite UMP en Corse. Mais surtout, qui enlève incontestablement une opportunité au vote populiste.

Même s’il sévit chez nous aussi, il est contenu grâce au poids du nationalisme corse. C’est dire si, d’aventure des nationalistes s’y seraient tenté, combien ils se leurrent. La solution n’est pas dans un vote de rupture. Elle est dans l’affirmation de nos fondamentaux et c’est bien là toute la différence qui fait la force de rassemblement qu’incarne la démarche Femu a Corsica. François Alfonsi était seul à pouvoir porter un tel message dans ce scrutin par le poids de son action européenne depuis 20 ans. Son initiative était audacieuse mais indispensable. Elle trace le sillon du chemin ouvert depuis près de 50 ans maintenant. L’Alliance Libre Européenne, parti politique européen où siégeait François Alfonsi au Parlement européen, a été créé en 1979, à Bastia ! Déjà, à l’approche et au moment des événements d’Aleria en 1975, le nationalisme corse se tournait vers l’Europe. Il n’a jamais cessé depuis d’oeuvrer sur cette scène internationale, démontrant ses valeurs d’ouverture et la dimension historique et globale du combat du peuple corse.

La conclusion de tout ceci, tant du vote abstentionniste, que du péril extrémiste, est dans la nécessité de l’organisation de notre démarche. Pour continuer à faire la pédagogie de l’Europe, mais plus encore la pédagogie de l’action et de la détermination nationaliste à faire aboutir nos revendications, notamment dans le cadre de la réforme constitutionnelle en cours. Pour être prêt dans les grands rendez-vous, éviter les déperditions, répondre aux attentes de notre audience, combattre le vote populiste, il est nécessaire de s’organiser plus efficacement sur le terrain. Le prochain rendez-vous des territoriales commande que nous nous mettions en ordre de marche.

Vite.

Fabiana Giovannini.

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