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La nouvelle municipalité de la cité du sel aura inauguré sa fraîche mandature par un vote symbolique : le rapprochement des prisonniers corses.

Adopté à l’unanimité ce vote nous renvoie – hélas – à l’actualité d’une situation toujours aussi exécrable, qui met en évidence une politique d’isolement territorial visant à déstabiliser le détenu et son entourage familial voire amical. Ce vote – pour symbolique qu’il soit – ne peut surtout pas nous faire omettre le cadre beaucoup plus général dans lequel s’insèrent les prisonniers POLITIQUES corses.

Olivier SauliU RIACQUISTU DI PORTIVECHJU ne s’y est pas trompé. Dans un récent communiqué, la démarche a certes pris acte de l’adoption – unanime – de cette délibération. Il est vrai que la question du rapprochement des prisonniers corses est actuellement, excessivement négligée par l’actuel gouvernement français. Une position qui tranche – de facto – avec celle alors initiée sous le précédent gouvernement et qui, fruit des luttes menées tant à l’intérieur des prisons – à travers le collectif des prisonniers politiques de la maison d’arrêt de Fresnes – qu’à l’extérieur avec une mobilisation exemplaire du mouvement anti répressif et de l’ensemble des forces politiques de l’île, prenait en considération – par des gestes avérés – le sujet du rapprochement.

Toutefois ce sujet – certes humanitaire – ne peut être dissocié de sa naturelle continuité politique. Il serait pour le moins erroné de l’ignorer. Particulièrement dans le débat actuel qui anime la Corse et son avenir, et dans lequel il trouve toute sa place. Le mouvement anti – répressif – aujourd’hui divisé – a légitimement raison de rappeler la permanence d’une situation, mais le mouvement national – à travers toutes ses tendances – doit rappeler que l’objet des négociations concernant les prisonniers politiques, c’est certes dans un premier temps , selon une approche par étape, leur rapprochement collectif, mais c’est aussi et surtout leur libération ainsi que la cessation de toutes les poursuites pour fait en relation avec la situation politique corse.

Toute proportion gardée, l’arrestation, sans doute instrumentalisée,d’un des responsables du Sein Fein en Irlande du Nord, Gerry Adams, et dans le cadre d’une situation électorale particulière, met en lumière les insuffisances d’un processus de résolution quand la question de l’amnistie est relativisée. Il y a peu Peter Hain, l’ancien secrétaire d’Etat pour l’Irlande du Nord affirmait courageusement : « « Je trouve qu’il faut arrêter toutes les poursuites judiciaires qui sont liées au conflit ».Le processus irlandais – souvent cité en exemple – n’échappe pas ici aux manœuvres policières et judiciaires, qui risquent de remettre en cause cette « paix durable » portée par les accords du Vendredi Saint de 1998.

Cette parenthèse irlandaise refermée, il serait pour le moins intéressant de se recentrer sur la municipalité portovecchiaise. U RIACQUISTU DI PORTIVECHJU, à partir du thème des prisonniers a su, dans son communiqué, en globaliser toute l’approche : « La question des prisonniers politiques corses doit tout autant s’inscrire dans un plan global de résolution politique qui engage l’avenir de la terre corse et de son peuple. Ce plan met en exergue d’autres sujets comme le rôle et la place de notre langue et de notre culture, la maîtrise de notre foncier et la mise en place d’un statut de résident, la nécessité d’un développement économique durable et maîtrisé, la création et la répartition équitable des richesses, la défense et le promotion des biens collectifs et sociaux, le droit pour toutes et tous à l’éducation, à la formation, au logement, au travail, à la dignité ». Et plus que cela encore, puisqu’il s’agit aussi d’interpeller la commune pour que, à son tour, à l’instar d’autres communes, elle puisse participer au débat puis à un vote sur des sujets tout aussi important que le statut du résident, le rôle et la place de notre langue et de notre culture, ou la maîtrise du foncier.

Le développement social et économique de notre région aurait tout à gagner avec ces premières mesures, dès lors que l’audace et le courage politique l’emportent sur la sujétion juridique et constitutionnelle. Et la croissance comme le progrès social ne peuvent trouver place dans une logique qui privilégie la résidence secondaire, la « désanctuarisation » foncière et la spéculation immobilière.

A l’évidence, la municipalité de Portivechju aura aisément compris que la symbolique d’un vote n’aura que meilleure signification dès lors que son ensemble – ou partie de son ensemble – soit également considéré. Pour ma part je reprendrai les propos du maire de Cuttuli – Curtichjatu qui a clairement signifié qu’au-delà du vote pour le statut de résident, c’est surtout la reconnaissance du Peuple Corse qui prévaut. Comme pour les prisonniers politiques, au-delà de leur rapprochement, c’est leur totale libération qui prédomine.

Ulivieru SAULI

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