Produit CORSU E RIBELLU

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La réforme politique corse devient chaque jour plus urgente et se complexifie en permanence ; on se lamentera ensuite sur les difficultés rencontrées, en oubliant qu’elles relèvent essentiellement du laxisme et de l’indifférence de l’Etat.

Les départements et les Conseils Généraux disparaîtraient…

Les départements ont été créés par Décret de l’Assemblée Nationale Constituante en date du 22 Décembre 1789 ; ils sont le relai déconcentré de la centralisation à laquelle ils ont apporté une contribution majeure et constituent l’armature fidèle et sclérosée du jacobinisme. Assemblées de notables conformistes, ils constituent, avec le Sénat, le socle conservateur de la République ; sans que l’on puisse nier bien entendu qu’il joue un rôle social éminent pour les uns et de produire des lois pour l’autre. De Gaulle lui-même a mesuré en 1969 –en quittant le pouvoir-, la difficulté qu’il y avait à vouloir supprimer le Sénat. Et même aujourd’hui, ce conservatisme persiste.

Les deux départements corses ont été créés par la loi du 15 mai 1975 ; ils avaient pour but réel d’empêcher la recherche et la création de l’unité des revendications du mouvement national. Depuis l’origine, celui-ci se bat pour qu’ils soient supprimés et que la Corse retrouve son unité administrative.

Le referendum insulaire du 6 juillet 2003 qui rétablissait celle-ci a échoué : 51 % du corps électoral a refusé de valider la proposition référendaire. En réalité, ce résultat négatif n’a été acquis, de justesse (2000 suffrages !!) que par des fraudes massives à Bastia et à Furiani. Les conservateurs ont pris appui sur ce résultat pour valider leur immobilisme et refuser toute évolution institutionnelle.

Actuellement, la Corse cherche les voies de son émancipation notamment à travers la CTC, et la commission Chaubon. Les revendications, nées du mouvement national sont à l’ordre du jour : la réforme institutionnelle, la Co officialité de la langue, la défense des Arrêtés Miot et l’exigence de l’autonomie fiscale, le Statut de résident et surtout l’inscription de la Corse dans la Constitution.

L’Etat vient de décider brutalement de revoir toute l’architecture institutionnelle de la France (décentralisation, suppression des Conseils Généraux et des Départements etc…) à l’horizon 2017. Cette tâche immense, complexe, apparaît davantage comme une fuite en avant ou une diversion pour détourner la population de la catastrophique situation économique. Comment pourrait-elle aboutir si vite quand on connait les oppositions au sein des partis politiques français, très réticents aussi sur l’interdiction du cumul des mandats.

Nous avions demandé la suppression des départements ; les clanistes, toutes tendances confondues, nous avaient excommunié avec un slogan : « vous assassinez la RF ». Hollande l’envisage aujourd’hui. Le chœur du refus est étrangement silencieux. Ou ce slogan était mensonger ; dans le cas contraire, les conservateurs se moqueraient de la République. Quelle incohérence !

Dans le cadre de l’actuelle discussion entre la Corse et l’Etat et du projet de suppression des Conseils Généraux et des départements il faut, outre un statut d’Autonomie interne, rétablir l’unité administrative tout en dotant chaque région de l’île d’une administration de proximité efficiente. La décentralisation doit être organisée aussi à l’échelon insulaire et les besoins de proximité de la population doivent être satisfaits.

La situation corse se complique sans arrêt si on considère la crise que traverse la SNCM, la situation économique préoccupante, le mutisme de l’Etat sur les nécessaires et urgentes réformes dans l’île. Le peuple doit en prendre conscience et s’organiser pour imposer les solutions conformes à ses intérêts collectifs.

Blog Edmond Simeoni

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