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Les prochaines échéances régionales et cantonales sont déjà là. Bastia est bien devenu le tremplin d’une « gauche moderne » en mal de pouvoir à la remorque de Gilles Siméoni. Emmanuelle Degentili le reconnait implicitement dans une interview au CM du 19 avril ou elle explique comment elle a bénéficié du soutien de Manuel Valls, encore ministre de l’intérieur, pour faire « sauter les carcans partisans ».

Après quoi elle ajoute, avec modestie, « là où je suis la gauche est présente ». Grande victoire du PS deux socialistes siègent au Conseil municipal de Bastia un dans l’opposition l’autre dans la majorité avec l’écharpe de premier adjoint dérobée au PC. Belle prise nous dit-elle, conforme à la démocratie, puisque 55 % des bastiais ont validé la démarche contre « un système »… dont elle fut cependant un des rouages. Mais combien sont-ils à avoir entériné sa trahison de la gauche avec l’UMP ? A ses yeux, « seule une petite poignée de socialistes ne l’a pas suivie ».

Accueillie à bras ouverts par la direction nationale du PS dont elle n’a jamais été exclue, l’esprit de conquête ne lui fait pas défaut, elle attend de Paul Giacobbi « qu’il réunisse les différentes composantes de sa majorité » et ensuite elle verra avec ses amis de la « gauche moderne » Jean Charles Orsucci, Hyacinthe Mattei, Ange Pierre Vivoni et Jean Louis Luciani la stratégie qu’ils adopteront pour les régionales et les cantonales.

En ce sens, au-delà du vocabulaire trompeur, il y a le contenu politique. Dans CM du 18 avril Edmond Simeoni le dévoile. Pour « le père du nationalisme corse » la confusion idéologique est une constante. La vieille lune des « clivages politiques dépassés » ressurgit dans son propos pour s’ouvrir la possibilité d’alliances à géométrie variable et « faire émerger une Corse nouvelle ».

Le schéma est celui de Bastia dit-il. « Tous les scrutins ont leurs spécificités, mais la démarche de fond, c’est celle-là. Il est important que sur une élection présidentielle, et même à l’occasion des législatives, chacun puisse garder sa liberté. En revanche, il faut chercher des convergences très fortes sur des plateformes locales. Les prochaines territoriales vont se dérouler avant tout à partir de l’examen du mandat qui s’achève, du bilan de la commission des affaires législatives et réglementaires, des municipales qui viennent d’avoir lieu, et de toutes les convergences qui ont été dégagées ».

La chute de « la citadelle bastiaise » n’annonce pas, dans ce cadre, « une ère nouvelle » mais plutôt l’acceptation de l’austérité, abritée par des pratiques archaïques, mollement contestatrices du libéralisme. Or, cette question reste fondamentale et indissociable de la question sociale qui implique de reconstruire la gauche pour faire une politique de gauche. C’est un enjeu majeur des prochaines élections européennes du 25 mai. Une seul vote permettra d’exprimer cette volonté celui du Front de gauche.

Michel Stefani

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MICHEL STEFANI

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