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« Au terme de cette campagne pour les élections municipales, nous serons confrontés à une nouvelle donne politique. Quel que soit le résultat final obtenu par les listes nationalistes, dès lundi, ce sera un nouveau départ, pour une nouvelle étape. Deux cas de figure sont envisageables à cette heure : celui du « carton plein », et celui qui nous fait rester de peu « à la porte ». Mais un objectif sera de toute façon atteint, qui positionne définitivement Femu a Corsica comme une véritable alternative au système claniste.

L’hypothèse d’un échec politique n’est plus de mise. Il faudra juste faire attention à l’atterrissage « gueule de bois » de ceux que la dynamique de campagne aura trop fait rêver. Si la victoire n’est pas totale, c’est à dire si les résultats du premier tour ne permettent pas d’atteindre l’objectif espéré de la conquête des deux grandes villes dans lesquelles nos chances sont réelles, Bastia et Portivechju, il faudra garder la tête froide. Car, quel que soit le résultat, nous aurons basculé dans une nouvelle époque.

En effet, un cycle s’achève. Il avait commencé à Bastia et Portivechju, en 2008, pour les précédentes élections municipales. Les élections européennes un an plus tard avaient donné le premier signal d’un potentiel nationaliste se hissant au dessus des 30%. En mars 2010, le score nationaliste cumulé de 36% au second tour a marqué les esprits. Confirmation a été faite l’année suivante -victoire de Jean Christophe Angelini sur Camille de Rocca Serra aux cantonales de Portivechju-, puis aux élections législatives de 2012 avec deux candidats en situation de challengers redoutés d’un second tour inédit en Corse, car jamais les nationalistes n’avaient été jusqu’ici en mesure de jouer le second tour lors de l’élection législative.

Et maintenant survient le « saut qualitatif », celui qui nous fait rivaliser avec les systèmes clanistes ancestraux, et peut-être les renverser.  Ces municipales ont d’ores et déjà qualifié le mouvement nationaliste comme prétendant apte à devenir la première force politique en Corse. À n’en pas douter, nous sommes en train de franchir un grand pas, et, dans sept semaines, le 25 mai prochain, les élections européennes seront l’occasion de « transformer l’essai », en sortant en tête en Corse, pour marquer symboliquement le statut désormais acquis de première force politique insulaire.

Quelle sera ensuite la perspective d’avenir pour les forces nationalistes ? Quelle stratégie promouvoir et quelle méthode pour la définir ? L’objectif est de mettre en place un rapport de forces décisif avec l’Etat français pour sortir enfin du statu quo qui paralyse les avancées institutionnelles, politiques, sociales, économiques et culturelles dont la Corse a besoin. En fait, comment atteindre, dans un délai aussi court que possible, l’autonomie politique de la Corse ?

Pour cela, le rapport de forces devra aller crescendo, engager progressivement une large majorité du peuple corse, et s’installer de façon durable dans le paysage politique de la Corse. Avec un premier défi : les élections régionales de mars 2015.

Avons-nous les outils de cette nouvelle étape du combat nationaliste ? Femu a Corsica est une dynamique de rassemblement qui doit se conforter définitivement. Car le premier piège à éviter serait celui de l’émiettement. Elle doit aller plus loin et se structurer définitivement sur le terrain, en se dotant des moyens organisationnels et financiers qui donneront à chaque énergie collective, dans chaque région de l’île, un cadre d’action plus efficace, et mieux formalisé.

En fait tout renvoie à notre capacité de gérer l’avantage que ces municipales nous permettent de prendre. Sur la lancée, nous courons le risque d’un mouvement qui se met « en roue libre » alors qu’il a tant de défis à surmonter. Moins de deux mois avant les européennes, moins d’un an avant les territoriales, il n’y a pas de temps à perdre.

Dès lundi, ce sera un nouveau combat. »

François ALFONSI

Article publié le 20 mars 2014

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