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Antone Mattei était « Alisgiaincu », né à Novale dans les années 50, il est décédé hier à l’age de 63 ans. C’était un militant du FLNC (version 76),  d’un engagement militant dans les années 70 tout comme son frère, Dumenicu, il avait rejoint les rangs du Front (dans le commando dit de l’annunziata, quartier de Bastia).

Il a participé à de nombreuses actions du FLNC  dont celles retentissantes contre le relais hertzien militaire de « Fort Lacroix » (26 au 27 mars 1977) et celle du relais du Pignu. Pour son appartenance au FLNC il fut condamné lors de son procès à 8 ans de réclusion criminelle par la Cours de sureté de l’Etat (procès historique des 21). Pour cette acte Antone Mattei et six autres membres du FLNC sont poursuivis pour « Trahison » parce qu’ils se sont attaqués à des objectifs militaires.

Après les premières arrestations de militants du FLNC fin des années 70, le premier procès eu lieu en 1979 et donna lieu à la première tribune politique pour le Front. C’est à ce moment là précisément que le FLNC est apparu comme une organisation politique ancrée dans le peuple Corse.

Dans la salle d’audience, deux rangs de gardes mobiles, les familles des patriotes en procès, les journalistes et les curieux. Dans un silence total, les portes s’ouvrent et les premiers patriotes entrent dans la salle, Antone Mattei lève sa main libre, ferme le poing et clame d’une voix grave « Evviva a nazione ». A l’énoncé du verdict, les militants du FLNC dans le box, sortent des « Bandere Testa Mora », se lèvent, et entament SUNATE HE LU CORNU.

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OPÉRATION FORT LACROIX (source Mémoire d’un franc tireur, indépendantiste corse, Pantaleon Alessandri)

Dans la nuit du 25 au 26 mars 1977, Francis Lorenzi, Paul Anziani, Baty Darnaud, Antoine, Dominique Mattei et Pantaléon Alessandri faisaient parti du commando du FLNC qui allaient dans la nuit plastiquer le relais hertzien de FORT LACROIX, installé au-dessus de Bastia dans un bâtiment datant de 14-18.

Cette fois, c’était directement l’État français que le FLNC visait. Les lieux avaient été surveillés pendant des jours et des nuits. Le commando du FLNC avaient foncés vers le corps de garde pour prendre sans peine les trois militaires. « FLNC, tout va sauter, y a-t-il quelqu’un d’autre que vous dans le bâtiment ? – On a un homme en bas, bafouilla l’un d’eux. Il dort, il s’est foulé la cheville dans la journée et n’est pas rentré chez lui. » L’imprévu était de taille ! le FLNC n’avait compté que trois hommes de garde, la nuit, au fort. Le FLNC a effectivement trouvé le quatrième garde, profondément endormi et bien décidé à le rester. « Debout, FLNC, réveille-toi, tout va sauter. – Ça va, les gars, je suis crevé, laissez-moi dormir. » Se retournant contre le mur, il s’était déjà rendormi ! « FLNC, t’as pas compris ! On n’est pas tes copains. – C’est ça ! Fous-moi la paix. J’ai pas envie de rigoler, je veux dormir. » Je fus obligé de le saisir par l’épaule et de le tirer face à nous tandis que l’un d’entre nous cassait son arme, lui montrait le barillet plein, la refermait et la lui collait sur la tempe. « T’as compris ? »

Une fois les quatre militaires ligotés sous des arbres suffisamment éloignés de l’explosion, le commando a alors activé les charges et il est repartis en empruntant la 4L de l’armée. Le corps de garde, gravement endommagé, dut être rasé, et le pylône du relais, bien qu’encore debout, avait vacillé sur sa base et était hors service. Une partie de la surveillance en Méditerranée n’était plus assurée.

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LE RELAIS DU PIGNU (même source)

Avec ses cent dix mètres de haut, le Pigno, planté au-dessus de Bastia, était et est encore le relais TV qui alimente la Haute-Corse. Dans la nuit du 12 au 13 août 1977, quarante kilos d’explosifs furent acheminés pour cette action qui se voulait encore plus spectaculaire et plus efficace que celle de Fort Lacroix.  La leçon de Fort Lacroix n’avait pas été oubliée par le FLNC, et ils ont pris soin de poser une charge de dix kilos d’explosifs dans la salle technique, en plus de celle placée sous le pylône.

« Il y eut soudain du remue-ménage au rez-de-chaussée, où un militant était resté en surveillance. Une porte s’ouvrit sur un homme. Nous étions face à face, tous deux armés. Il était solide, il n’avait pas peur, il me prenait juste pour un cambrioleur et était prêt à me tirer dans les jambes.
« FLNC, tout est cerné, pas d’histoire, on n’a rien contre vous, décharge ton arme, ai-je hurlé en devinant que son fusil était chargé à la chevrotine.
– Ah ! Si c’est le FLNC, alors…, et les deux canons de son fusil s’abaissèrent.
– Va dans ta chambre, habille-toi et prends tes affaires. »

yvesstellaflnccuncoltampapnc_02Une fois le gardien et sa famille mis à l’abris, le relais est plastiqué, la détonation s’entendra très loin, la revendication du FLNC se fera plus tard lors d’une conférence de presse historique.

À San Martinu di Lota, sous le cimetière, en plein maquis, ils étaient trois sous des cagoules de fortune, Autour d’eux, un périmètre de sécurité extrêmement soigné avec des militants bloquant tous les sentiers et toutes les voies d’accès. Sur la table de la conférence trônait le fameux Petit Livre vert du FLNC. Le Petit Livre vert présenté cette nuit-là fut l’occasion de la première photo d’une conférence clandestine du FLNC. L’attentat du Pigno s’est soldé par trois milliards de dégâts et la Haute-Corse fut privée de télévision pendant plusieurs mois.

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Antone Mattei, Era un omu di prima trinca è u so ricordu firmarà sempre in noi

(…)

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