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Monsieur Copé et Madame Alliot-Marie exigent la démission voire le limogeage de Christiane Taubira en citant les grands principes de la République.

Comme l’avait dit Sir Robert Peel qui citait George Canning pour justifier son revirement à l’encontre de l’agriculture britannique : « le thème, l’orateur, la citation, quelle heureuse combinaison… ».

Car enfin, Christiane Taubira n’est pas accusée d’avoir détourné des fonds de la caisse de son parti, pas plus qu’elle ne peut se voir reprocher une collusion d’intérêts avec une dictature étrangère, tandis qu’elle est au fond critiquée pour ne pas avoir interdit aux juges de procéder à l’écoute de Nicolas Sarkozy, ce qui eût été contraire à la loi et aux principes d’indépendance de la justice.

Mais au-delà de ces enfumages qui se dissiperont au premier vent, il reste une vraie question, voire un vrai scandale dans cette affaire.

Comment est-il possible que l’on en soit venu à écouter judiciairement les conversations téléphoniques entre un avocat et son client. Je ne doute pas que la décision des juges ait été en partie justifiée dans le cadre d’une autre affaire tandis qu’il est clair que la Chancellerie n’avait pas le droit de contester cette décision.

Mais comment les juges ont-ils pu en arriver à cette situation qui méconnaît un principe universel et fondamental du procès équitable : le secret des échanges entre un avocat et son client.

Dans ce pays qui défend comme un principe sacré le secret des sources de la presse, comment est-il possible que l’on ait oublié que le secret professionnel des avocats est bien plus essentiel à la démocratie ?

En réalité, la confusion est telle en France que l’on en vient à considérer les droits de la défense comme secondaires et le pouvoir médiatique comme supérieur à l’autorité judiciaire.

La justice elle-même s’est soumise à la presse qu’elle utilise trop souvent comme un moyen de prendre à témoin l’opinion publique, violant allègrement un autre principe, celui du secret de l’instruction, sans lequel il ne saurait y avoir de présomption d’innocence.

Comme dirait un certain Cicéron, avocat de son état d’ailleurs : « Ô tempora, ô mores ! ».

Blog Paul Giacobbi

Article publié le 13 mars 2014, à lire ci dessous

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PAUL GIACOBBI

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