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Thierry Gonzalez, âgé aujourd’hui de 46 ans, a été libéré en conditionnelle ce mercredi matin après presque 7 ans de privation de liberté. Une libération qui était prévue à partir de 8h00 à la prison de Borgu. Il portera pendant quelques mois un bracelet électronique, mais sera près des siens.

Thierry en quelques dates

Pour une  tentative d’attentat sur une résidence hôtelière le 24 janvier 2005, à Calcatoggio (Tiuccia) revendiquée par le FLNC du 22 Octobre il avait été interpellé en décembre 2007, écroué en préventive jusqu’en 2009 dans une prison française, puis assigné en résidence surveillée à Tournan en Brie pendant une année avant de se réfugier dans une église en corse en juillet 2010, réincarcéré en octobre 2010, condamné à 7 ans de prison lors de son procès en mars 2011 (8 ans requis), rapproché en Corse en mai 2011 et libéré en mars 2014.

Son combat pour ses droits familiaux

GonzalezLiberuThierryFin juin 2010, la justice française lui refuse sa demande de rapprochement. Il choisit alors de se mettre hors la loi en rejoignant la Corse et Porto-Vecchio, la ville où résident le parrain et la marraine de ses enfants. Il se réfugie alors dans la chapelle Santa Croce.

Pour donner plus de poids à son action, ce père de famille de 42 ans  a entamé une grève de la faim. Une manière de protester contre la situation qu’il subit depuis 2007, date à laquelle il est arrêté pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».  (voir sa lettre ouverte dans l’encadré ci dessous)

« En un an, je n’ai vu qu’une seule fois ma famille. Mon procès a été reporté à fin 2011 et peut-être même encore plus tard. Je n’ai pas les moyens de faire venir mes trois enfants et je n’ai pas le droit de venir en Corse pour les voir »

Voyant que sa démarche n’aboutit pas, le 25 octobre de la même année (2010), il sonne à la porte de la gendarmerie et annonce « C’est le bagnard ». Quelques jours plus tard, devant le juge des libertés et de la détention, il coupe la parole à la représentante du parquet. «Vous allez demander que je retourne en prison. C’est ce que je demande aussi…»

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L’Esiliu Basta ! 29 juillet 2010

Je m’appelle Thierry Gonzalez, j’ai 42 ans et suis père de 3 enfants. J’ai été incarcéré 20 mois de fin juillet 2007 à juin 29009. Depuis plus d’un an je suis assigné à résidence dans la banlieue parisienne. Cette situation m’empêche de vois mes enfants domiciliés à Guagnu. De plus, le fait de résider si loin de Corse engendre des frais devenus insupportables pour ma famille et moi-même. Il y a 15 jours la Cour d’Appel de Paris m’a refusé mon rapprochement en Corse malgré la justification d’un emploi stable et d’un logement. Afin de montrer ma bonne volonté j’ai monté ce dossier sur Portivechju qui se situe à plus de 3 heures de route de mon village. Aujourd’hui, on m’explique que mon procès qui était prévu en mai dernier est reporté au mieux à fin 2011. Je ne peux plus vivre à Paris avec un modeste salaire, hébergé par un ami. Cette précarité est devenue insupportable. Ma famille, en particulier mes enfants, en souffre beaucoup. Aussi, j’ai décidé de rentrer en Corse et de me mettre sous la protection de l’église. J’entame également une grève de la faim. Mon acte est une action murement réfléchie face à cette injustice qui m’est faite.

« La cour d’appel de paris a refusé ma demande de rapprochement familial. Je rappelle que je suis actuellement assigné à résidence à Paris après 20 mois de détention pour faits de terrorisme. Je suis en attente de mon procès qui aura peut-être lieu fin 2011 ou en 2012. J’ai fait une demande de rapprochement familial début août 2010 qui m’a été refusée. Suite à ce refus, j’ai pris la décision de rentrer en Corse où j’ai entamé une grève de la faim à l’église de Portivechju. Cela m’a permis de bénéficier d’un mois de permission. J’ai refait une demande de rapprochement à la mi-août qui a été refusée également. Suite à ce refus, il est hors de question pour moi de retourner sur Paris pour y vivre en situation de précarité et loin de ma famille et surtout de mes enfants. Je n’ai pas d’autre solution que de rester en Corse et donc de me mettre hors-la-loi. Je n’ai pas l’intention de me soustraire à la justice. Je souhaite que la date du procès me soit signifiée assez rapidement. Je me rendrais alors au palais de justice dès le premier jour du procès. Le rapprochement des prisonniers politiques corses est un droit car il a été voté. L’État doit respecter ses lois. »

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Rapprochement à Borgu et de nouveau un combat pour ses droits

En mai 2011, il est l’un des premiers « rapprochés » à Borgo, après les discussions entre les élus de Corse et le garde des Sceaux, Michel Mercier. Peu de temps après son rapprochement à Borgu, le constat est amer, il va devoir de nouveau se battre pour ses droits, mais aussi ceux des détenus et de leurs familles.

Il fait partie des prisonniers politiques avec Carlu Santoni et d’autres qui dénoncent l’acharnement de la direction à l’intérieur de la prison contre les détenus qu’ils soient politiques ou pas, mais aussi contre leurs familles. Pour avoir revendiqué et témoigné dans la presse, Thierry sera la cible de la direction, et verra ses droits bafoués par la suite. Après un changement de direction, et des mois de revendications légitimes, la fin de peine s’annonce plus tranquille… Les permissions sont enfin acceptée et Thierry peut retrouver sa famille le temps d’un weekend.

Pendant toutes ces années de détentions, Thierry, comme d’autres a été soutenu inlassablement par l’Associu Sulidarità.

Il déclarait en novembre 2012 alors qu’il était la cible des brimades de l’administration pénitencière « Quoi qu’il arrive, le 16 janvier 2015, ils seront obligés de m’ouvrir la porte… » Finalement ce sera le 5 mars 2014 que Thierry retrouvera la liberté, sa famille et ses amis.

Libertà Per Thierry è Tutti i Patriotti

Anthony Simonpoli

(…)

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