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Les urnes n’ont pas encore tranché que déjà sonne le glas pour la dynastie Zuccarelli. C’est pour le moins l’annonce que font les deux sondages parus à quelques jours d’intervalle. Les deux résultats sont sans appel pour les champions tricolores de la majorité sortante. Le bastion de la France une et indivisible s’effondrerait, pour peu que l’on accrédite, bien entendu, les résultats des instituts de sondage.

La famille Zuccarelli et ses fidèles alliés de la Fédération du Parti communiste français de Haute -Corse seraient mis à mal par Femu a Corsica, plus précisément par Gilles Simeoni. Celui ci, déclaré vainqueur par « un échantillon sociologiquement représentatif », l’emporterait dans tous les cas de figure. Aidé en cela par la fermeté de François Tatti, ex compagnon du clan Zuccarelli, allié à une fraction du Parti socialiste et au mouvement, Europe Écologie Les Verts, tous deux composantes de la majorité présidentielle de François Hollande. François Tatti ex membre du Parti des Radicaux de Gauche, qui, se refuse à céder aux appels de ses anciens amis, lesquels ont tenté de le convaincre afin de créer une nouvelle majorité. Mais M. Tatti ne veut plus d’un système dont le plus grand défaut est qu’il sacralise les héritiers d’une famille, génération après génération. Au détriment des plans de carrière de ceux qui font semblant de découvrir, un beau jour, que le clan a des logiques anti-démocratiques. Les plus grandes déceptions viennent par trop souvent de la famille.

Quitter le giron des Zuccarelli est une chose. Faire peau neuve devient alors d’une impérieuse nécessité. M. Tatti s’est donc prononcé pour la co-officialité et les « évolutions » institutionnelles, en y rajoutant une dose mesurée de contenu écologique. Ce faisant pensait-il uniquement à la mairie de Bastia ? En très bon connaisseur de la cartographie électorale de sa ville, pouvait-il escompter un succès face à deux grosses écuries ? Le personnage n’est pas un doux rêveur. Ce politicien éclairé n’aurait-il pas d’autres desseins ? Deux fers au feu en quelque sorte. L’un sur le long terme qui consisterait à dégager la voie pour les municipales de 2020. L’autre sur le moyen terme qui viserait à occuper des responsabilités majeures au sein d’une majorité de « progrès », fondée sur de nouvelles alliances.

Si, par hypothèse, cette stratégie se confirmait, cela signifierait que se préciseraient les contours d’une troisième voie. Laquelle se matérialiserait par un axe allant de Femu a Corsica, le mouvement Corse Social Démocrate de Simon Renucci, de Jean- Charles Orsucci l’actuel maire de Bunifaziu et de quelques personnalités dites « progressistes ». François Giacobbi ne serait pas absent du décor. Difficile de dire comment à cette heure, tant le personnage, politicien chevronné, campe sur une réserve prudente motivée par l’attente des résultats des municipales.

Que serait cette troisième voie ? Le dessein n’est pas nouveau. Depuis quelques années déjà, les sphères gouvernementales, toutes obédiences confondues, sont à la recherche d’une solution politique pour la Corse. Dans cette perspective, l’idée d’une autonomie qui ne dirait pas son nom, pas dans une première phase au moins, fait son chemin. Cette stratégie censée garantir les intérêts de l’État français, tout en satisfaisant les revendications modérées d’une fraction du monde nationaliste, présuppose que deux conditions soient réunies. La première implique l’institutionnalisation du nationalisme. Le corollaire étant la marginalisation de l’aile dite radicale. La seconde consiste à l’affaiblissement des partisans du statu quo. Zuccarelli et Rocca Serra incarnant cette frange dont le destin était jusqu’alors étroitement lié à celui de la République.

Tout porte à croire que le processus est engagé. Il suffit pour cela d’observer attentivement certaines des manœuvres électorales et plus encore les derniers votes de l’assemblée. La droite elle-même étant traversée par une ligne de démarcation entre les corsistes et  les « républicains ». Les divergences notables entre le député de la Corse-du -Sud et le secrétaire départemental de l’UMP en attestent.

L’exercice est délicat, car au sein du parti socialiste et du gouvernement, l’unanimité n’existe pas. Entre les visions du ministre de l’intérieur et celle du ministre de la justice, il y a sur nombre de sujets et en particulier sur la Corse des positions encore antagonistes.

Vraisemblablement, les bons offices des loges, sont sollicités. La médiation se poursuit, elle aussi soumise aux aléas des prochaines municipales.

Mais les sondages, arme redoutable, sont là qui participent au conditionnement des esprits.

L’absence de soutien effectif à Zuccarelli de la part des « ténors » de l’actuelle majorité présidentielle en dit plus long que tout autre argument. Sans omettre les profondes fractures au sein du Parti communiste français, occasionnées par la véritable frontière entre deux mondes que symbolise le Col de Vizzavona.

L’ingrate République qui sacrifie les meilleurs de ses enfants sur l’autel de la Troisième Voie est aussi infidèle que le sont ceux qui jettent le droit à l’autodétermination aux orties. Sans parler d’une voie corse au socialisme dont certains pensent qu’elle est définitivement obsolète.

La perspective d’une majorité, dite de progrès, qui satisferait partiellement à quelques revendications démocratiques ne relève pas de l’impossible. Il suffit de prendre en compte un phénomène générationnel. Le nationalisme sous sa forme autonomiste rencontre un écho auprès d’une importante partie des jeunes. Des chefs d’entreprise, les professions libérales, le monde du commerce, sont également en disposition de soutenir ce processus. Pour ces strates sociales il s’agit d’un soutien principalement occasionné par une défense et une promotion de leurs intérêts.

L’autonomie n’effraie donc plus la majorité des Corses. S’il est adopté, le statut de résident, peut rassurer ceux qui venus d’ailleurs ont investi dans l’immobilier et dans le champ du commerce.

L’adoption de la co-officialité rencontre un écho important et en particulier auprès des acteurs culturels et de ceux de l’enseignement. Cette conjonction d’intérêts divers ouvre la voie à une nouvelle donne.

Atomisés par la taille des entreprises, divisés entre secteur public et secteur privé, en partie dépendants du phénomène claniste, par trop souvent clivés par le racisme et la xénophobie, ses composantes immigrées hors communauté européenne privées du droit de vote, les travailleurs sont désunis. Cette fragmentation se traduit par des éclatements politiques qui tronquent et diluent les intérêts de classe. Sans expression indépendante, sans parti ou mouvement réellement représentatif de leurs intérêts de classe, les salariés et les chômeurs sont en dehors des processus en cours.

Le contenu d’une Autonomie probable ne répondra en rien, sauf intervention décisive de leur part, à la prise en compte des conditions de travail et de vie de celles et ceux qui échangent leur force de travail contre des salaires mal rémunérés. Sans oublier la généralisation de la précarité qui est devenue la règle dans les secteurs de l’agro-alimentaire et de l’industrie du tourisme. Précarité qui, ne l’oublions pas, affecte désormais le secteur public.

Le changement vital pour la majorité réelle du peuple corse, c’est à dire les salariés, les retraités, les femmes et les jeunes n’aura de consistance qu’à deux conditions au moins. L’irruption massive sur le terrain des luttes et l’émergence d’une force politique indépendante, unitaire et posant comme exigence l’émancipation du monde du travail dans une Corse maîtresse de tous ses droits.

C’est à cette tâche immense, que nous, patriotes de Gauche, nous sommes attelés. Avec toutes celles et ceux qui sont en train de prendre conscience des enjeux, nous pouvons, nous nous devons de relever les défis.

DI MANCA OGHJE PUI CÀ MAI

Article publié le 1er Mars 2014, à lire ci dessous

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