X

Rien n’a vraiment changé. Le chapiteau s’est un peu modernisé, mais les soirées se finissent toujours par des chants corses. Sur une place entourée par des bâtiments de l’université de Corte, les stands des différentes délégations affichent haut leurs couleurs. Des Basques, des Kanaks, des Irlandais… Ils viennent presque en habitués et connaissent tout le monde.

Pourtant, la vie politique de l’île, elle, change. Lors des dernières sessions de l’Assemblée de Corse, on a parlé de la langue, du foncier ou d’une citoyenneté locale. Des thèmes chers aux indépendantistes débattus en séance publique ? Voilà qui était impensable il y a encore dix ans.

« Nous pensons que si nos idées sont reprises, c’est qu’elles correspondent à ce dont les Corses ont besoin, affirme François Sargentini, l’un des cadres du mouvement indépendantiste Corsica Libera et militant historique. C’est bien la preuve que des discussions sont possibles. »

POLITIQUE

Dorénavant, les indépendantistes ont l’oreille des partis politiques traditionnels, notamment à gauche, sur certains thèmes qui ont le vent en poupe : promotion de la langue corse, création d’un « statut de résident » basé sur la fiscalité et non pas sur la justification de dix ans de vie sur l’île, etc.

Les indépendantistes de Corsica Libera ne considèrent pourtant pas cela comme de vraies avancées. Gérard Dykstra, membre de l’exécutif du parti, voit là une « tentation de faire du nationalisme sans les nationalistes ». Et au passage, « d’édulcorer un peu » leurs idées.

Le conseil exécutif, sorte de mini-gouvernement régional, semble assumer cette dépolitisation des propositions faites par la frange la plus dure de la famille nationaliste.

Pierre Ghionga (PS), porteur de la motion sur la co-officialisation de la langue corse, affirmait la semaine dernière avant la séance que ce qui « sera entrepris ne le sera pas au détriment du français ». L’utilisation du corse « doit être appréciée comme un facteur d’intégration. Pas de rejet ou de repli », ajoute le conseiller.

POUVOIR RÉGIONAL

Curieusement, ce sont des voix progressistes qui se font les plus critiques envers l’orientation que prend la politique de Paul Giacobbi à la tête de la région. Du côté républicain de la gauche apparaissent les craintes de discriminations à l’encontre de ceux qui ne parleraient pas le corse ou bien qui ne pourraient pas acquérir un bien immobilier.

Du nationalisme dénaturé, des revendications vidées de leur contenu, c’est en quelque sorte ce que veulent éviter les cadres du mouvement Corsica Libera, Jean-Guy Talamoni en tête. Le chef de file indépendantiste ne voit « qu’une seule garantie pour que les idées (de son parti) soient mises en œuvre correctement : c’est que nous prenions le pouvoir » lors des élections régionales de 2014.

C’est aussi et surtout à cela que vont servir ces Journées de Corte. À fixer un cap : celui de ne plus rien laisser aux autres.

 

JACQUES CASONI, à Bastia

 

Photos, vidéos et articles sur corsicalibera.org

Dossier Unità Naziunale sur Corsica Infurmazione

Faites passer l’information autours de vous en cliquant sur :

 

à suivre sur  l'application android Unità Naziunale ou bien sur ce lien mobile (Apple, tablettes...)