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Affaibli par de nombreuses scissions, par une guerre fratricide qui, à partir de 1995, a provoqué la mort d’une quinzaine de militants, le nationalisme corse reste, trente-six ans après sa naissance, traversé par deux grands courants : l’indépendantisme, qu’incarne Corsica Libera de Jean-Guy Talamoni, organisateur des Journées de Corte, et l’autonomisme, représenté par l’alliance Femu a Corsica de Jean-Christophe Angelini et de Gilles Simeoni, dont le père, Edmond, reste l’une des figures tutélaires des nationalistes.

Ces deux tendances confondues, les forces nationalistes représentent près de 30 % des électeurs corses. Lors des élections territoriales de 2010, ils ont totalisé 27,76 % des voix, dont 18,40 % en faveur des autonomistes et 9,36 % pour les indépendantistes. Avec 15 élus (11 autonomistes et 4 indépendantistes), ils restent au centre de la vie politique insulaire. Les divergences entre ces deux grands courants portent, notamment, sur la violence. Dénoncée par les seconds, elle reste une forme de lutte que les premiers refusent de condamner.

Même si le Front de libération nationale de la Corse (FLNC), fondé il y a trente-six ans, organisation clandestine chargée des campagnes d’attentats, n’a plus rien à voir avec ce qu’il a été au plus fort des années 1980 – ses troupes ont fondu et une soixantaine de ses membres sont incarcérés -, quelques équipes sont encore capables de monter des opérations violentes. Mais, ces dernières années, le nombre des attentats a baissé et les établissements publics semblent épargnés par les poseurs de bombes qui préfèrent s’en prendre aux résidences secondaires de particuliers.

Affluence réduite

La dernière conférence de presse tenue par des militants armés, visage dissimulé sous des cagoules, date de début juillet. Elle a été organisée après le meurtre de Charles-Philippe Paoli, membre de l’exécutif de Corsica Libera et proche de Charles Pieri que la police soupçonne d’avoir été l’un des principaux chefs du FLNC en Haute-Corse. Pour le reste, il ne subsiste plus grand-chose du nationalisme flamboyant.

Des revendications originelles, comme celles portant sur l’apprentissage et la pratique de la langue corse, sont aujourd’hui, pour partie, satisfaites. Désormais, le champ d’action des nationalistes se déroule essentiellement sur le terrain politique, plus particulièrement au sein de l’Assemblée de la collectivité territoriale.

Les Journées de Corte qui furent, dans les années 1980 et 1990, un grand rassemblement politique de l’été, connaissent depuis ces dernières années une affluence de plus en plus réduite. Elles ne rassemblent que les indépendantistes et sont boudées par les responsables autonomistes.

Beaucoup de combattants ont été victimes de règlements de compte. Quelques-uns des chefs les plus charismatiques sont tombés sous les balles de tueurs qui n’ont pas été identifiés. Parmi eux, les deux figures emblématiques du FLNC-canal-historique, Jean-Michel Rossi, assassiné à la terrasse d’un café de L’Ile-Rousse (Haute Corse) en août 2000, et son compagnon et ami François Santoni, tué un an plus tard, le 17 août 2001, à la sortie d’un mariage à Monacia-d’Aullène (Corse-du- Sud).

Y. B.

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