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Pourquoi je suis candidat aux élections municipales à Carbuccia (Vallée de la Gravona) mon village (307 électeurs)…

Y ayant vécu en permanence avec toute ma famille jusqu’aux années 80, tant que mes deux parents étaient vivants, puis quasiment de façon permanente après la mort de ma mère en 1987 jusqu’au décès de mon père en 1996, mon histoire personnelle est intimement liée à mon village, les années passées que j’y ai passé depuis ma naissance m’ayant façonné et ayant contribué à faire de moi ce que je suis devenu.

C’est entre-autres raisons pourquoi j’y suis depuis toujours domicilié même si résidant à Ajaccio. C’est aussi pourquoi dans mes ouvrages, je le cite souvent, les terminant toujours en y faisant référence. C’est aussi pourquoi après la tentative d’assassinat que j’avais subie en juillet 1994, je m’y suis mis à l’abri durant l’été 1994 puis souvent par la suite durant les affrontements internes au mouvement nationaliste des années 90. Je m’y rends d’ailleurs toujours au moins une fois par semaine et j’y passe le mois d’août tous les ans, partageant mes vacances entre Carbuccia et le village de mon épouse, Auddè (Alta-Rocca).

L’histoire de Carbuccia épouse celle du nationalisme corse

Carbuccia est marqué par l’histoire du nationalisme. C’est ainsi qu’à la fin des  années 70 y existait une forte opposition au nationalisme, d’abord à l’époque de l’ancien maire qui était  RPR où une cellule de Francia (barbouzes proches du SAC) y était très active, alors que moi-même j’étais au maquis, puis durant les années 80 toujours avec le même maire RPR, puis son successeur, l’actuel maire, étiqueté à l’extrême gauche durant sa jeunesse étudiante à Aix puis converti au centrisme de droite avec José Rossi.

Parallèlement à mes activités militantes au plan nationaliste dans toute l’île, j’ai toujours eu une certaine activité militante au village avec un certain nombre de jeunes au sein du mouvement nationaliste unique dans les années 80,  lesquels  se retrouvèrent à mes côtés à l’ANC, dès sa création en 1989. Durant les années 80, tous ensemble, nous impulsâmes une démarche publique en vue de contrer une municipalité carbucciaise, très opposée au nationalisme, de la droite à la gauche et très active lors des mobilisations de la Corse Française et Républicaine (CFR). C’est ainsi que nous nous présentâmes aux premières élections municipales en 1982 et que nous allions être toujours présents sur une liste d’opposition durant les mandatures suivantes, jusqu’en 2002 où nous présentâmes comme tête de liste Pierre François Bellini. Durant ces années-là, nos rapports étaient surtout antagonistes avec le maire actuel qui n’avait aucune relation politique avec moi, élu à la collectivité de Corse (1984-1998). Cela ne m’empêcha pas cependant d’œuvrer activement à la réouverture de l’école de Carbuccia, qui avait fermé durant les années 80, ainsi que celles de Péri et de Vero  (manifestations, barrages, occupations et prises de position à l’Assemblée de Corse). De la même façon, je pris une part active à la mobilisation pour la création d’un collège à Suaricchju que nous ne réussîmes qu’à imposer à Baléone. Parallèlement, nous créâmes la Fiera di a Gravona, au pont d’Ucciani, qui connut un certain succès malgré les oppositions et les difficultés jusqu’aux années 90. C’est ainsi aussi que je participais activement à la création du Comité de Développement de la Gravona, malgré que ce type de structure ait été habituellement du domaine des élus, majoritairement traditionnels alors, le mouvement nationaliste n’ayant guère d’élus dans la Gravons durant ces années-là.  Je défendis aussi la route reliant Carbuccia à Péri qui allait enfin être goudronnée…

Entretemps après les dures années 80-90 (Affaire Erignac..) puis les affrontements entre nationalistes, la réconciliation du Fiumorbu permettait un certain retour à la sérénité qui allait avoir aussi des répercussions à Carbuccia. C’est ainsi qu’avec les militants de l’ANC, nous décidâmes pour le bien et la sérénité du village d’opérer un certain rapprochement avec le maire. Trois militants ANC entrèrent ainsi officiellement au Conseil municipal en 2002, Pierre François Bellini qui avait conduit notre liste à l’élection précédente laissant sa place à son frère, Laurent. Pour sa part, Paul Antoine Susini, sans concertation avec nous et ayant pris ses distances avec l’ANC décidait bien avant cette décision de présenter sa propre liste, signifiant sa rupture avec notre démarche. Il devait même par la suite se retrouver assesseur de José Rossi, centriste de droite, puis soutien de Jean-Luc Chiappini (Président du Parc Naturel Régional, ancien élu radical de gauche à l’Assemblée de Corses, opposé aux nationalistes dans les années 80), alors que nous poursuivions notre démarche au sein de l’ANC, après la réconciliation du Fiumorbu.

En 2003, alors que se déroulaient des discussions au sein du mouvement nationaliste pour les élections territoriales, Pierre François Bellini et son frère Laurent décidèrent de quitter l’ANC pour rejoindre A Chjama Naziunale qui venait de se créer avec Jean Biancucci, futur maire  de Cuttoli.

Nos relations politiques cessèrent alors avec Pierre François Bellini comme avec Paul Antoine Susini quelques années auparavant.

Aux élections de 2008, Pierre François Bellini décidait de rentrer au Conseil Municipal à la place de Laurent, son frère. Avec le maire, dans une démarche de rassemblement, il proposa alors d’inclure aussi Paul Antoine Susini qui rentrera au Conseil. Avec la maladie du maire, la situation interne au Conseil puis au village va se dégrader.

Pierre François Bellini décidant de prendre la suite pour 2014, avec l’assentiment du maire et du 1er adjoint (Front de Gauche) Paul Antoine Susini étant marginalisé du fait de la divagation entre-autres griefs de ses animaux dans le village, quatre conseillers municipaux sortants dont deux anciens militants de l’ANC, décidèrent de faire appel à moi tout en tentant de concilier leur démarche avec celle de Pierre François Bellini, allant même jusqu’ à proposer un mandat tournant entre lui et moi. Ces démarches étaient menées alors que pour ma part, je répétais à l’envie que je n’étais guère chaud à l’idée d’être présent aux élections de Carbuccia, cela me demandant beaucoup de réflexion, d’autant qu’un tel engagement nécessitait beaucoup d’investissement et une présence quasi permanente au village, car il ne s’agit pas d’être élu pour le titre de maire mais pour réaliser des choses et développer la commune en concrétisant des projets.

J’étais en outre investi depuis plusieurs mois dans une démarche au sein de l’ensemble du mouvement nationaliste sur Aiacciu où je défendais la thèse d’une liste d’union  contre vents et marées. Pressé par mes amis du village, je leur répondais toujours «cela dépend de la démarche à Aiacciu ». L’union à Aiacciu s’est finalement réalisée début septembre. Avec le jeu de la représentativité des mouvements au sein de cette liste et l’impératif de la parité, je sus dès novembre que je ne pouvais aucunement être présent sur la liste à Aiacciu dans les dix premiers de la liste, au même titre que d’autres militants connus d’Aiacciu, Corsica Libera n’ayant droit qu’à un candidat homme dans les douze premiers. Et je me voyais mal, pour une place, entrer en conflit avec mon ami Paul Leonetti  dont je soutiens la candidature. Militant de base de Corsica Libera, je continuai malgré tout à soutenir la démarche nationaliste à Aiacciu.

Corsica Libera

Après les élections de Mars 2008, où mon ami Jacky Rossi du Syndicat des Travailleurs Corses, m‘avait convaincu d’être sur sa liste aux municipales à Aiacciu, J’avais pris l’initiative de réunir les composantes du mouvement nationaliste, hors autonomistes regroupés au sein de Femu a Corsica. Après plusieurs réunions, cette initiative devait déboucher sur la création de Corsica Libera dont je devins l’un des porte-paroles, ayant insisté sur la prise en compte des sensibilités au sein  de ce nouveau mouvement, l’ANC devenant l’une de ces sensibilités. Paul Antoine Susini adhérait au nouveau mouvement dans le sillage du Rinnovu, autre sensibilité avec Corsica Nazione et les amis de Paul Quastana (ancien élu de Corsica Nazione)

En 2012, lors de la crise entraînant le départ du Rinnovu, après avoir tenté de concilier les deux tendances, ayant refusé au titre de ma sensibilité de faire partie de la liste présentée par la tendance majoritaire, je ne fus donc pas réélu à l’Exécutif. Depuis 2012, je suis néanmoins resté à Corsica Libera, participant à toutes ses manifestations et aux réunions de la section Aiacciu, même si souvent je me suis retrouvé en décalage, voire critique, tant sur certaines prises de position de forme que de fond.

Je rappelle notamment que je refuse de me définir en tant qu’indépendantiste, jugeant ce qualificatif trop simpliste voire réducteur au regard de la revendication nationaliste corse, étant plutôt souverainiste de gauche, privilégiant toujours, (au-delà des revendications communes à l’ensemble des mouvements nationalistes sur la langue, la culture, les droits nationaux du peuple corse sur sa terre.) le contenant sur le contenu institutionnel par la recherche d’une plus grande justice sociale, une meilleure répartition des richesses, la défense des services publics et de l’intérêt collectif par le refus de l’ultra-libéralisme, de la mainmise des trusts internationaux de la finance et de tout monopole économique fusse-t-il corse. Ces positions plus sociales expliquent mon engagement de toujours au sein du Syndicat des travailleurs Corses dont j’ai été l’initiateur en 1984. De la même façon, j’ai toujours affirmé que se prétendre nationaliste impliquait plus de devoirs que de droits et que l’action politique en tant que militant ne consistait nullement à prendre la place des autres pour faire la même chose ou parfois pire, l’exemplarité et la morale en politique devant guider nos actes de nationalistes au service du bien commun et de l’intérêt collectif.

Ma décision

Mon éventuelle candidature dans le contingent Corsica Libera sur Aiacciu ne pouvait se concrétiser.  C’est ainsi qu’après avoir pris une part active, et avoir animé les multiples réunions entre nationalistes à Aiacciu, j’avais désormais peu d’excuses à faire valoir pour ne pas être candidat à Carbuccia.

Malgré cela ce n’était toujours pas évident pour moi, et ce n’est qu’à la fin de janvier qu’après moult réflexion, j’ai accepté de conduire la liste « Carbuccia pà Tutti » aux élections de mars 2014, malgré qu’entretemps ma décision tardive avait conduit certains de mes amis à renoncer à s’inscrire sur les listes électorales du village alors que d’autres, par affinité familiale ou personnelle, avaient fini par s’engager sur chacune des deux autres listes.

Une élection de village n’est pas chose facile, d’autant que dans des communautés de quelques dizaines d’âmes, les petits intérêts, les rancunes, les querelles et les inimitiés personnelles, familiales ou de simple voisinage prévalent sur les débats d’idées ou les engagements plus politiques, mais j’espère que l’amour du lieu où j’ai passé toute mon enfance et mon adolescence, après de celui de toute l’île, me permettra de transcender cette situation et de ne pas me laisser entraîner dans certains travers inhérents à ce genre d’élections. Aussi, même si je ne suis pas certain d’être victorieux dans ce défi, car la tâche est difficile et alors que je sais que la lutte sera âpre, je tacherai, comme tout au long de mon engagement depuis les années 70, d’être toujours en accord avec mes valeurs, en mettant l’intérêt général au-dessus de petits intérêts mesquins partisans. Je veillerai notamment à toujours avoir à cœur de faire concilier morale et honnêteté avec action politique et en agissant de façon désintéressée, car, si nous sommes élus,  au-delà de Carbuccia, toute l’île nous jugera au vu de notre démarche, de notre action et de nos réalisations.

Je suis dès lors engagé dans ce challenge, et, têtu comme je l’ai toujours été lorsque je décide quelque chose, j’irai jusqu’au bout en espérant que mon engagement sera couronné de  succès pour le bien de Carbuccia et de ses habitants. 

 Poggioli Pierre 

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CorsicaInfurmazione.org by @Lazezu 

Revue de Presse et suite de l’article  : 

Blog Pierre Poggioli

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