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Chez les indépendantistes, en matière d’agit prop, on est plutôt calé. Mais cette fois l’opération de Sisco a été préparée dans le plus grand secret. Un joli coup pour Jean-Guy Talamoni et les siens, avant les Journées de Corte.

24 Ore : A l’évidence, vous avez marqué un point avec le référendum de dimanche dernier… Au fait, pourquoi Sisco ?
On voulait un endroit où on fait des scores normaux. Si on avait chois Rogliano, par exemple, on aurait dit « évidemment, c’est une grosse commune pour eux »… Sisco, c’est intéressant pour plusieurs points : une commune pas spécialement touchée par la spéculation immobilière… Ce n’est pas Porto-Vecchio. En même temps, il y a quand même le littoral. C’est une commune moyenne.

24 Ore : Vous aviez tenu la presse à l’écart ? Pourquoi ?
On n’a pas fait de conférence de presse avant pour éviter la polémique. Sinon, ça aurait pu effrayer certains électeurs. C’est un choix. Du coup, tout est resté au niveau local, pendant la préparation, pour éviter de se retrouver avec un communiqué de Zucarrelli ou que la préfecture ne s’en mêle. On voulait que ça se passe de la façon la plus sereine possible.

24 Ore : Il n’y a pas vraiment eu de réactions des partis « traditionnels ». Vous les sentez gêné ?
Le fait politique est là. Ca a plus de valeur qu’un sondage d’opinion : là, c’est un vote. Un vote clair sur une question claire. Je ne vois pas ce qu’on peut dire pour contester le vote.

24 Ore : C’est l’opération parfaite, alors ?
Ecoutez, ceux qui sont très hostiles à la citoyenneté ne disent rien. Pas une réaction de Zuccarelli, ou de la partie hostile de la droite. Pour l’instant, c’est silence radio. Franchement, je ne vois pas quelqu’un prendre l’initiave de contester ce référendum. Et je ne vois pas quelle peut être l’argumentation. Ca n’a pas de valeur juridique ? Oui, ça on le sait très bien. Après, même le référendum de 2003 n’avait pas de valeur juridique. N’empêche que les leçons, négatives, ont été tirées. Pourtant, Sarkozy n’était juridiquement pas obligé d’en tenir compte.

24 Ore : Le référendum comme moyen d’exister… Ce n’est pas vraiment dans la tradition française, non ?
C’est vrai que ça ne se fait pas beaucoup en France, alors que ça se pratique beaucoup en Suisse, par exemple. Nous pensons qu’il faudrait introduire une part de démocratie directe. Par rapport à la Corse, il y aurait des tas de questions qui pourraient être ainsi tranchées de cette façon. Au niveau du droit de l’urbanisme, des PLU… Lorsqu’il y a vraiment des questions qui se posent.

24 Ore : Peut-être. Reste que la consultation permanente n’est pas vraiment un modèle…
Attention : il ne s’agit pas de renoncer à la démocratie indirecte et de faire des référendums à tout bout de champ. Mais ça permettrait de régler des difficultés, que ce soit à l’échelle de l’ensemble de la Corse ou plus localement, au niveau d’une commune. Là, on a montré que ça marchait. Même sans les pouvoirs publics, on a un taux de participation supérieur à celui du dernier référendum du 24 janvier 2010, sur la collectivité unique en Guyane et Martinique. Alors, imaginez avec les moyens de la puissance publique !

 

[Source 24ore]  » Le fait politique est là «

 

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