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(Unità Naziunale – publié le 8 mai à 07h35) De nombreuses avancées ont été opérées dans ce pays en vue d’un arrêt de toute expression violente du conflit, mais celles-ci l’ont été à la fois de manière unilatérale et à sens unique.

Iparretarrak cessa d’abord ses activités, et aujourd’hui ETA rend à son tour publique sa dissolution. À l’heure actuelle, seules les violences émanant des structures des États demeurent. Nous déplorons le fait qu’aucune solution concertée n’ait pu naître entre toutes les parties prenantes du conflit. Toutefois, il est encore temps de trouver puis de concrétiser des accords à même de résoudre définitivement l’ensemble des conséquences de ce dernier. Laisser la situation s’enkyster serait, à l’inverse, irresponsable.

Au long de ces longues décennies de conflit le Pays Basque a connu d’indicibles souffrances, de toute part. Il nous semble indispensable de les prendre toutes en considération, afin de tenter de les apaiser et de favoriser la réconciliation. L’ensemble des victimes du conflit méritent vérité et considération. Les événements ne peuvent être traités de manière univoque. Réfléchir aux causes, aux développements et aux conséquences des expressions violentes du conflit nous paraît nécessaire si nous voulons réconcilier la société basque.

L’opportunité nous est offerte d’avancer concrètement dans la résolution des conséquences du conflit. À la suite de la journée du désarmement le 8 avril 2017, s’était ouvert un espace de dialogue entre les représentants du gouvernement français et ceux de la société du Pays Basque nord, et les premiers rapprochements de prisonniers s’étaient opérés. Bien que modestes, ces premiers pas du gouvernement français sont à applaudir. Néanmoins de l’avis d’EHBAI, au lendemain de la dissolution d’ETA, bien au-delà de mesures de rapprochement c’est bien la voie vers un retour à domicile de tous les prisonniers et réfugiés politiques basques qui doit désormais s’ouvrir.

Le conflit n’apparut pas avec la naissance d’Iparretarrak et d’ETA, de même ne s’achève-t-il pas avec leur dissolution. Il germa d’une violente situation d’oppression vécue par le Pays Basque. Ainsi que le disait de Gaulle, « la France fut faite à coups d’épée ». Et depuis le bombardement de Gernika, aucune génération ne vécut au Pays Basque sans connaître le conflit.

Afin de ne pas en voir de résurgence à l’avenir, le conflit basque doit absolument être résolu dans ses fondements, en éteignant définitivement les braises qui y fument encore. En ce sens, la dissolution d’ETA offre de nouvelles opportunités de construction d’une issue démocratique définitive au conflit politique et à la violence que subit le Pays Basque.

Notre choix est celui de la démocratie. Entre loi et démocratie, c’est au respect de la parole du peuple que nous donnons la priorité. Nous revendiquons le vivre-ensemble démocratique, par lequel toutes les options politiques, y compris celle de l’indépendance, puissent être librement envisagées.

Le nouveau panorama qui se présente au Pays Basque nous réjouit. Une nouvelle fenêtre s’est ouverte sur l’espoir. C’est le moment d’agir de manière responsable. EHBAI mettra toutes ses forces à contribution pour que cette occasion ne soit pas manquée, et pour que se construise une paix juste et durable au Pays Basque. Nous le devons aux nouvelles générations.

EH BAI