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« Au regard de notre propre histoire, mais aussi de la situation critique dans laquelle se trouve le Corse, nous sommes aujourd’hui pleinement satisfaits d’un vote qui donne enfin, à travers la feuille de route présentée par Pierre Ghionga, un véritable sens et une cohérence forte, sur le long terme, à la politique de la Langue Corse.

Nous regrettons bien sûr les propos dommageables d’arrière-garde de ceux qui ont voté contre et qui n’arrivent plus à surmonter leurs propres contradictions, à l’évidence idéologiques. Comment nous faire croire qu’ils approuvent une stratégie le matin, sans en approuver le cœur, le soir ? D’autant qu’ils ont été incapables, en dehors d’agiter de vieux hochets épilinguistiques sur la « peur du Corse », de préciser dans quel processus d’utilisation et d’avenir de la langue corse ils s’inscrivent. Jean Jacques Panunzi parle de « mauvais signal » quand 70% des élus de la Corse – y compris une élue de son groupe – votent une motion, qui de surcroit, est amendée par les élus de l’Alternance, de Corse Démocratie et du front de gauche. A l’évidence, toutes les sensibilités politiques de l’assemblée de Corse partagent une même vision d’une démocratie linguistique, qui n’a pas la langue française pour ennemie, mais seulement le monolinguisme d’État, imposé à une Corse qui veut poser aujourd’hui un autre modèle de citoyenneté culturelle.

Pour le groupe Femu a Corsica, la langue corse est, de fait aujourd’hui, une langue publique. Confinée à la sphère privée par les lois de la République jusqu’aux années 70, le corse est aujourd’hui une langue de médias publics, une langue de l’école publique, une langue de création artistique, une langue favorisant le développement de la Corse par une économie identitaire et une langue reconnue dans son usage et son utilisation politique par la CTC. Contrairement à la langue française en Corse, elle ne prétend pas à l’exclusivité mais à l’ouverture et au partage par un statut d’officialité reconnu, eu égard à tous ces usages publics qu’elle a acquis durant ces quelque quarante dernières années.

Lors du débat de cette session, Femu a Corsica a développé ses options connues depuis longtemps en démontrant, au-delà de la légitimité de notre conviction en la matière, de répondre à l’urgence d’une telle évolution statutaire pour la Langue. Oui, les élus de la Corse ont considéré très majoritairement que le Corse est aujourd’hui apte à évoluer vers un statut d’officialité. C’est un message d’espoir pour la jeunesse corse et surtout un signal fort que l’Etat doit prendre en compte rapidement sous peine de soutenir objectivement la mort programmée de notre langue.

Il nous incombe à présent de définir les contenus et les contours de ce statut, pour pouvoir nous attacher à mettre en place, par étapes régulièrement évaluées, une planification intelligente afin que tout citoyen vivant en Corse puisse avoir au moins l’accès à la compréhension et, à moyen terme, au plaisir d’une langue corse librement partagée par tous, sans distinction d’origine, symbole d’ouverture. »

Femu A Corsica

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