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Après une première dégradation de sa note par deux agences de notation différentes en 2012, la France vient d’être dégradée une seconde fois ces derniers jours.

1 – La situation française

Ces agences n’ont vu venir ni la crise, ni les subprimes. Elles semblent compenser ce manque de lucidité aujourd’hui en se focalisant sur les dettes des états qui ne sont pourtant pas récentes. Par exemple, la France avait une dette de 20 € pour 100 € de richesses produites en 1974. Elle a aujourd’hui une dette de 95 €, toujours pour 100 € de richesses produites.

Elles ramènent cependant à la réalité : la dette de la France est trop lourde au regard des richesses produites. Elle provient de l’accumulation des déficits (dépenses supérieures aux recettes sur un exercice) depuis les années 1980.

Durant les années écoulées, la France empruntait pour investir. Désormais, une grande part de cet emprunt finance le fonctionnement de l’Etat. Cette réalité est également incontournable et d’ailleurs en 2012, le pays a dépensé 80 milliards d’€ de plus que les recettes dont il disposait.

2 – Les orientations économiques

Les politiques fondées sur le déficit public ont été abandonnées par les présidents Sarkozy et Hollande et font place à la maîtrise des déficits et à l’austérité.

Après la Grèce, le Portugal, l’Espagne et l’Italie, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France se sont engagées dans des plans de réduction des dépenses publiques et/ou de hausses d’impôts.

Certains pensent que ces mesures provoqueront une récession durable. D’autres estiment que cela conduira à une baisse généralisée des prix. Mais tous s’accordent à penser qu’il y aura une hausse du chômage, donc un appauvrissement général.

3 – Les différences d’appréciation

Le G20, l’OCDE, l’UE, les banques centrales, le FMI recommandent, à des degrés divers, la maîtrise des déficits publics.

Mais des économistes demandent des politiques plus douces, avec une maîtrise du déficit moins abrupte.

La difficulté est cependant de convaincre ceux qui financent les déficits que tous les pays qui doivent les maîtriser s’y attèleront, car jusqu’à présent, ils ont vécu avec des dépenses supérieures aux recettes. Ils étaient « accros » au déficit, disent certains.

4 – La morale de l’histoire

On voit donc que le changement des habitudes est difficile à assumer, alors que chacun sait depuis longtemps que cette situation ne pouvait durer.

5 – La réalité de la Corse

Il en est de même pour la Corse qui ne parvient pas à changer de direction, en raison d’habitudes bien ancrées avec :

a- Le maintien de dépenses de fonctionnement trop élevées en comparaison des dépenses d’investissement, alors que ces dernières assurent plus de 70 % de l’investissement public, celui qui prépare la Corse de demain.

b- L’absence de décisions pour changer le rapport fonctionnement-investissement, car l’opinion publique est persuadée que l’emploi durable se trouve dans les administrations et leurs satellites sans se demander comment seront assurées leurs recettes.

c- La difficulté d’agir sur le taux de pauvreté qui est le plus élevé du pays (20% de la population).

d- Le culte de la richesse rapidement acquise.

Les Corses dans leur ensemble connaissent cette situation.

Individuellement, ils espèrent passer au travers des mailles du filet de la crise. Mais il y a en Corse 16 700 demandeurs d’emploi au 30 septembre 2013…

6 – Et PORTIVECHJU ?

Sur la zone d’emploi de PORTIVECHJU, les demandeurs d’emploi sont au nombre de 1420 en septembre 2013. Ils étaient déjà 1 100 en septembre 2012 et 980 en septembre 2011. (Source : http://travail-emploi.gouv.fr/etudes-recherches-statistiques)

Cette variation représente une augmentation de 45 % en deux ans, sans que cela émeuve les autres responsables politiques locaux !!! Malheureusement, il n’y a pas que la plage et le soleil chez nous…

Et pourtant la réalité va rattraper tout le monde. Je l’affirme haut et clair. Il nous faut, tous ensemble, changer ces manières archaïques de faire de la politique et rompre avec les quatre tropismes énoncés plus haut.

Plus tôt nous le ferons et mieux cela vaudra pour notre île et PORTIVECHJU.

Jean-Christophe ANGELINI

(…)

by @Lazezu 

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