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Quelle sera la suite du projet européen ? Une génération l’a fondé au début des années 50 pour s’extraire du traumatisme de la guerre. La génération suivante l’a approfondi pour construire un cadre de vie résolument nouveau à partir des années 80. La crise économique survenue au tournant des années 2010 appelle un nouveau souffle. Il faudra compter sur la jeunesse pour cela.

Les jalons de cinquante années d’histoire de l’Europe sont là, qui témoignent du chemin parcouru. La fin des dictatures en Espagne, en Grèce et au Portugal, puis la chute du mur de Berlin ont prouvé la force démocratique du projet européen. Les peuples ont largement bénéficié de ce souffle dans les années 80, grâce notamment à la mise en place des fonds européens qui ont assuré la mise à niveau des économies post-dictatures au sud, puis à l’est désormais, des pays baltiques à la Tchéquie en passant par la Pologne, où un spectaculaire phénomène de rattrapage est en cours après un demi-siècle de totalitarisme communiste.

Parmi les peuples du premier cercle, il est difficile d’imaginer quelle serait notre vie aujourd’hui s’il fallait rétablir les contrôles d’identité aux frontières espagnole, belge, italienne ou allemande, par la remise en cause des accords de Schengen, et passer à chaque fois par les bureaux de change pour changer de monnaie. Qui voudrait réellement faire un tel chemin inverse, en supprimant l’euro et en rétablissant des frontières-barrages parmi ceux qui aujourd’hui se réfugient dans un vote anti-Europe ? Sans doute une faible partie d’entre eux, mais il n’empêche qu’ils sont de plus en plus nombreux à céder au vote protestataire et que l’Europe est en panne.

La panne politique est particulièrement forte. On peine à citer le nom d’une figure politique capable de renouveler le discours et le projet européens, alors que, il y a vingt-cinq ans, de nombreux noms faisaient consensus, à commencer par le président de la Commission Jacques Delors par rapport auquel José Manuel Barroso et Herman Von Rompuy font bien pâle figure.

Pourtant, la structure institutionnelle mise en place est puissante. Et elle ne se limite pas aux sommets des chefs d’Etat ou au Parlement Européen. Ainsi, ce lundi 21 octobre, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a confirmé en appel la condamnation de l’Espagne pour sa politique pénale à l’encontre des prisonniers politiques basques. C’est une victoire capitale pour relancer le processus de paix au Pays Basque et pour obliger l’Etat espagnol aux concessions politiques nécessaires. Mesurons ce que cet arrêt représente pour le peuple basque, et à quel point il va contribuer à empêcher de replonger dans un conflit violent. Et constatons à nouveau, à travers cet exemple, à quel point il est important de relancer l’Europe pour les générations futures.

Un indicateur inquiétant de la panne économique européenne est le taux de chômage qui frappe la jeunesse. Un sur quatre en France, un jeune sur deux, et même davantage, dans les pays les plus touchés par la crise, on imagine mal à quel point cette statistique est porteuse d’inquiétude pour l’avenir. Le risque est grand que ceux que la société ne sait pas accueillir finissent un jour par la rejeter.

Pourtant, c’est dans la jeunesse que l’on trouvera la base sociale apte à renouveler le projet européen. D’abord, parce qu’elle n’a aucune nostalgie à cultiver, et surtout pas celle du franc, français ou belge, du mark, de la peseta ou de la lire. Et ensuite parce que, née dans un espace européen en pleine ouverture, elle en est culturellement imprégnée, à travers une multitude d’échanges, notamment ceux pratiqués dans les universités dans le cadre des programmes européens Erasmus.

Il faut donc miser sur la jeunesse. L’Alliance Libre Européenne a son organisation de jeunesse, ALE-Jeunesse, EFA-Youth, présidée par Roccu Garoby-Colonna. Elle est en plein renouveau. PNC-Ghjuventù accueillait EFA-Youth à Corti la semaine dernière pour une réunion durant laquelle chacun a pu apprécier la qualité des responsables venus de toute l’Europe. Ces jeunes sont la clé de l’avenir pour nos partis politiques, car la jeunesse est aujourd’hui l’enjeu principal partout en Europe.

François ALFONSI

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by @Lazezu 

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