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Laisser faire ou laisser dire des choses hideuses envers les autres, c’est se condamner à les subir un jour soi-même. Les injures qui ont été proférées de manière répétitive, que des familles indignes ont même inculqué à des enfants pour qu’ils les scandent sans les comprendre, à l’encontre de Christiane Taubira n’ont pas eu d’équivalent dans la bassesse et l’abjection depuis le nazisme.

Il y a en effet des degrés, des degrés descendants, dans l’abjection raciste.

C’est se situer déjà bien bas que de dire de l’autre parce qu’il est différent par la couleur de la peau, la religion ou la culture, qu’il serait sale, stupide, laid ou maudit.

Mais l’assimiler à l’animal, lui dénier la qualité humaine, le comparer à un singe, c’est un degré encore inférieur qui est la marque de l’hitlérisme.

Que dans un pays comme le nôtre, lui-même tombé si bas, soient proférées de telles injures sans que la presse n’en fasse la une de l’actualité ne m’étonne pas : avons-nous encore une presse ?

Qu’elle laisse le Parlement indifférent, à l’exception d’une question d’actualité, ne me surprend pas plus : avons-nous encore un Parlement ?

Qu’elle laisse muet le président de la République, hors le huis-clos du conseil, des ministres me choque plus encore. Car enfin, c’est une ministre d’Etat, Garde des Sceaux, c’est-à-dire de la loi que l’on traite ainsi !

Comment ne pas se souvenir du poème de Martin Niemöller à cette occasion ?

J’en rappellerai quelques strophes :

« Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste…

Quand ils sont venus chercher les juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas juif…

Et quand ils sont venus me chercher, il ne restait personne pour dire quelque chose. »

La République a donc perdu la face en ces tristes circonstances.

Il lui reste encore un visage, celui de la tristesse et de la réprobation d’une femme digne, une réprobation qui a l’élégance de souligner qu’injurier un ministre de cette manière n’est pas grave en soi puisque le ministre sait se défendre mais est bien plus grave pour tous les autres, les faibles qui sont eux sans défense.

Ce visage, ce sourire triste de la République, c’est celui de Christiane Taubira.

La France en est donc là : muette et lâche. Comme si en 2013, elle était à nouveau comme en 1940, résignée à subir l’abomination après avoir renoncé à lui résister.

Blog Paul Giacobbi

(…)

by @Lazezu 

Revue de Presse et suite de l’article  : 

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