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Dans notre édition du 7 juillet, nous révélions qu’une équipe armée avait échappé aux gendarmes, au cours d’un contrôle de routine réalisé le surlendemain de l’assassinat de Charles-Philippe Paoli. Les enquêteurs les ont identifiés. Récit.

Défi. Après le meurtre de Charles-Philippe Paoli, le 27 juin, le FLNC est intervenu pour évoquer la « disparition tragique » de son militant.

Le FLNC avait raison. Parmi toutes les pistes, c’est celle du grand banditisme que les policiers en charge de l’enquête sur l’assassinat de Philippe Paoli, survenu le 27 juin, semblent privilégier. Et pour preuve. Alors que le dossier reste aux mains du parquet local, une enquête parallèle vient d’être ouverte par la juridiction inter régionale spécialisée de Marseille.

Rencontre. Si les enquêteurs préfèrent ne pas confirmer pour le moment le lien entre les deux événements, les éléments relevés dans cette affaire très sensible s’avèrent plus que troublants. Avec cette étrange et fortuite rencontre autour d’un banal contrôle routier, dont 24 Ore avait livré les éléments.  » C’est du très lourd « , nous avait confié une source policière.

Le 30 juin, tandis qu’ils patrouillent, les gendarment remarquent un mobile-home suspect sur un parking de San-Giuliano. A moins de 20 km du lieu où a été exécuté Philippe Paoli, deux jours plus tôt.

Petit couple. Immédiatement, les képis décident d’arrêter le véhicule. A son bord, deux hommes se présentant comme un couple d’homosexuels en vacances. Seul hic : leur accent corse et une allure qui ne colle pas… Les uniformes insistent alors pour vérifier les papiers des deux invididus. Il n’en faut pas plus pour que nos ‘faux vacanciers’ prennent la fuite en courant. Les forces de l’ordre se lancent à leur poursuite… qui tourne court.

Gros poissons. En effet, les deux « vacanciers » ont pensé à tout pour leur séjour dans l’île. Un des deux se retourne et pointe une arme à visée laser sur le torse d’un des poursuivants. Suffisant pour stopper là la chasse. Les deux suspects s’échappent.

De retour au camping-car, les gendarmes découvrent de faux papiers, de fausses plaques d’immatriculation et des armes de poing. Les investigations commencent. Et s’avèrent rapidement payantes. En réalité, il ne s’agissait pas d’un couple venu visiter l’île, mais de Jean-Luc Germani et de Stéphane Luciani. « Deux clients et franchement pas des rigolos », souffle un enquêteur de la police, à Bastia.

Cercles. Et pour cause : ces deux mêmes hommes sont impliqués dans une affaire qui a récemment défrayé la chronique de la presse nationale. Hors de l’île cette fois. En cavale depuis le 8 juin dernier, ils avaient réussi à passer entre les mailles des enquêteurs venus les interpeller dans le cadre d’une « reprise en mains » du cercle Wagram. Une opération qui avait entrainé l’interpellation de près de 29 personnes, un peu partout en France, épilogue d’une enquête rondement menée par les policiers du service central des courses et jeux (SCCJ). Germani et Luciani avaient été identifiés comme des visiteurs venus prendre possession du cercle Haussmann de façon musclée.

Flashback. Il faut remonter au mois de janvier dernier. Tandis qu’une employée tente d’appeler son patron pour le prévenir de l’arrivée de trois individus suspects, un homme prend la parole dans le bureau du directeur du cercle Wagram : « Les nouveaux patrons, c’est nous. Tu as un quart d’heure pour te barrer. » L’auteur de ces doux mots n’est autre que Germani. Les policiers, qui avaient placé sur écoutes la ligne du cercle dans le cadre d’une affaire de stupéfiants, n’en croient pas leurs oreilles.

« Tout ça ne laisse rien présager de bon, confie notre enquêteur. Si, de notre côté, on ne peut pas clairement dire qu’il y a un lien entre l’assassinat et le contrôle foiré de ces deux hommes appartenant au grand banditisme, certains auront déjà pu faire le rapprochement. Ça risque d’être très chaud. » Evidemment, on pense aux clandestins. Qui, lors de la récente conférence du FLNC, ont prévenu : « Ceux qui ont accompli cet acte n’ont pas mesuré sa portée, ni ses conséquences. »

21/07/2011 24 Ore n°310
Par Jean-Frédéric Gallo
Photo : Pierrot Murati

http://24ore.club-corsica.com/sur-la-piste-du-grand-banditisme_110108.html

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