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Le candidat nationaliste de Corsica libera aux municipales de mars 2014 dévoile à corse Matin une partie de son programme : extension du port actuel, navettes et parkings gratuits, police de proximité…

Corse-Matin : En quelques mots, où en êtes vous de votre démarche pour les municipales de Bastia ?

Eric Simoni : Notre liste s’intitulera « Un’alba nova per Bastia »; outre l’investiture de Corsica Libera, qui nous situe clairement sur le plan politique, elle sera très ouverte sur la société bastiaise et représentative de l’ensemble de la population et de ses aspirations.

CM. On connait vos positions sur la langue corse, on vous a déjà entendu sur la question sociale qui vous tient à coeur, sur celle du logement également. Mais concernant les problèmes de circulation, par exemple, avez-vous des propositions?

ES. Il faut désenclaver la ville, et pas seulement d’ailleurs la sortie du port. On circule très mal à Bastia même en dehors de la saison estivale. On perd des heures dans les embouteillages, et se garer devient parfois un véritable parcours du combattant. Il faut un plan cohérent qui permette une piétonisation progressive du centre-ville, mais en anticipant par la création de grands parkings périphériques gratuits, avec des systèmes de navettes incessantes, et en jouant sur une parfaite complémentarité entre le ferroviaire et le routier. Nous avons des projets précis concernant le couplage gare ferroviaire – gare routière, la desserte efficace et permanente de l’urbain et du sub urbain, où le chemin de fer pourrait jouer pratiquement le même rôle que le métro de certaines villes. En même temps, des possibilités existent pour permettre, par exemple, de prendre en charge les spectateurs de Furiani, afin d’éviter les problèmes de sécurité liés aux encombrements de la quatre voies aux abords du stade; cela présenterait le double avantage d’éviter, d’une part, à de nombreux supporters de se déplacer en voiture, et, d’autre part, d’animer la ville, ses restaurants et ses divers établissements, les soirs de matchs.

CM. A l’approche des élections, de nombreux candidats se sont exprimés sur les problèmes de sécurité à Bastia. Quelle est votre position sur cette question?

ES. Il ne faut pas que frénésie médiatique et fièvre pré électorale conduisent à la démagogie et à la surenchère dans ce domaine. Mettre des caméras de surveillance à chaque coin de rue, au lieu de sécuriser les endroits qui ont vraiment besoin de l’être, surarmer les policiers municipaux du jour au lendemain, sans redéfinir leurs missions, ne nous parait ni pertinent, ni efficace. Cela correspond à une escalade qui coïncide, en fin de compte, avec une espèce de résignation, d’acceptation, du mal que l’on est censé combattre. Aucun quartier de Bastia ne doit devenir un « quartier à problèmes ». Ce genre d’étiquetage sonne comme une malédiction qui interdit définitivement tout traitement de fond. Nous ne pouvons l’accepter.

CM. Comment concevez-vous alors le rôle des forces de l’ordre?

ES. Il faut redéfinir le rôle de la police municipale, qui a autre chose à faire, de bien plus utile et valorisant, que de dresser des contraventions à longueur de journées aux gens qui travaillent. Elle doit au contraire inscrire son action au quotidien dans la prévention et le soutien à la population de la ville, notamment aux sujets les plus exposés. Elle doit intervenir quand des problèmes surgissent, quel que soit le lieu, et ne jamais « laisser pourrir » certaines situations. Mais pour cela, il lui faut des instructions et des missions claires, ce qui est souvent loin d’être le cas.

CM. Quelles sont, selon vous, les priorités dans ce domaine?

ES. En fait, en termes d’insécurité, l’apparition de certaines formes de délinquance, pratiquement inconnues jusqu’ici chez nous, et dont les premières victimes sont les personnes les plus vulnérables, est un des signes les plus inquiétants actuellement. Cela est le plus souvent lié au trafic et à l’usage des stupéfiants, et au délitement du lien social. Le trafic de drogue est un crime contre la Corse et son peuple; il doit être considéré et traité en tant que tel au niveau national corse. Pour ce qui concerne notre ville, il est urgent de récuser les modèles d’urbanisation qui ont échoué ailleurs et dont plus personne ne veut nulle part, au lieu de continuer à s’en inspirer, ce qui nous conduit

inéluctablement à la catastrophe. Il faut refuser, par exemple, de faire de la Carbonite et du sud de la ville une zone qui sera pire que les « banlieues à risques » des grandes villes françaises. Sans quoi, lorsqu’on y enverra la police municipale, pour le coup, il faudra vraiment penser à l’équiper lourdement. Ce sont des engrenages dont on ne sort plus.

Aujourd’hui, il est urgent de réfléchir vite et bien. Nous sommes à l’heure de choix décisifs pour notre avenir et celui de nos enfants.

CM. On vous sait clairement opposé au projet du port de la Carbonite, contrairement à la plupart des autres candidats. Pourquoi une position si tranchée?

ES. Le port de la Carbonite, en l’état actuel, est un projet inutile et dangereux que l’on a voulu imposer coûte que coûte, en mentant aux Bastiais depuis le début: on a menti, en particulier, en faisant croire à l’impossibilité de procéder à l’extension de tout autre site portuaire, mensonge repris par le très officiel rapport du CNPN du 20/12/2012, qui sert de cheval de Troie pour l’obtention d’une scandaleuse dérogation permettant le massacre d’un environnement magnifique, et la destruction de 70 hectares d’herbiers de posidonies. Or, leur valeur n’est pas qu’écologique, elle est avant tout économique: selon des économistes internationalement reconnus, les herbiers de posidonie ont une valeur 10 fois supérieure à celle des forêts tropicales, et 100 fois supérieure à celle d’une prairie terrestre. Quand on sait que ces herbiers couvrent moins de 1% des fonds méditerranéens, on se rend compte de la richesse à laquelle on porte atteinte. C’est un peu comme si, dans un pays qui regorge de mines de diamants, on en sacrifiait une oudeux pour construire une route; ou comme si les islandais, subitement frappés de folie collective, se mettaient à détruire leurs geysers.

CM. Mais le ministère de l’environnement a fini par donner son aval à ce projet; que dites-vous de ça?

ES. Lorsque la Corse demande des mesures spécifiques pour notre langue, pour ne pas être dépossédés de notre patrimoine, pour mettre en place un statut fiscal permettant de donner de l’oxygène à la vraie économie, on nous oppose des obstacles « insurmontables ». Mais lorsqu’il s’agit de massacrer notre environnement, et de prendre des orientations incompatibles avec toute notion de développement durable, tout devient possible: l’Etat français, sous l’influence de certains lobbies sûrement pas désintéressés, ouvre toutes les portes et donne toutes les autorisations. C’est très inquiétant. D’autant, que cela s’oppose à la directive cadre sur l’eau, texte majeur qui structure la politique de l’eau dans les Etats membres de l’Union Européenne. Nous mettre ainsi au ban de l’Europe aura des conséquences économiques qu’on ne peut mesurer aujourd’hui.

CM. Mais y-a-t-il vraiment d’autres solutions?

ES. Nous démontrerons qu’une alternative existe, permettant d’accueillir toutes sortes de navires, tout en drainant le flux des croisiéristes vers la ville, qui doit bénéficier de cette manne touristique. Ce projet, que l’on a sciemment écarté du débat truqué de 2007, pourrait être financé par des fonds publics, ce qui permettrait de ne pas être tributaires pendant les 50 prochaines années d’un grand consortium comme Véolia, Vinci ou Buygues. Dans le cas contraire, la situation que nous avons connue jusqu’ici, où la Corse a trop souvent été l’otage d’intérêts qui lui étaient extérieurs, risque de n’être qu’une douce plaisanterie à côté de ce qu’on nous prépare. Pour ces raisons, et bien d’autres, qui ont des répercussions directes sur l’avenir de Bastia et de la Corse, nous portons un projet alternatif, qui allie développement portuaire et plaisance maîtrisée au service de l’économie bastiaise.

interview accordée au corsematin le 23 octobre

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by @Lazezu 

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