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(Unità Naziunale – publié le 28 avril 2018 à 17h58) Le Collectif Patriotti, composé essentiellement d’anciens prisonniers politiques corses, tenait cet après-midi sur Aiacciu sa conférence de presse de présentation. 

Le Collectif Patriotti porte les revendications suivantes :

  1. le retrait du FIJAIT pour les patriotes Corses
  2. l’effacement des amendes des patriotes condamnés.

Revue de Presse

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U Riacquistu di PortivechjuCore In Fronte, Aiutu Paisanu, A Mossa Paisana et A Cunsulta di a Ghjuventù Corsa Jean-Christophe Angelini et Andatura Corsa Par i Dritti Umani saluent la naissance du collectif Patriottu.


Voici le texte de la conférence de presse :

Nous sommes d’anciens prisonniers politiques corses.

Nous avons lourdement payé le prix de notre engagement. Nous continuons encore aujourd’hui, dans notre vie quotidienne, familiale, sociale et professionnelle à en subir les conséquences.

La répression française ne se limite pas à l’incarcération et à la déportation, elle continue son oeuvre, afin de s’assurer de notre neutralisation intellectuelle et notre exclusion des champs sociétaux, alors que nous avons purgé nos années de prison.

-Ainsi nombre d’entre nous sont désormais inscrit au FIJAIT (fichier judiciaire automatisé des infractions terroristes).

Ce fichage a pour effet de restreindre les déplacements, en nous obligeant à signaler tout départ à l’étranger, mais aussi nous oblige à nous signaler en gendarmerie ou commissariat tous les 3 mois, et ceci pour une durée de 20 ans. Il s’agit de fait, d’une liberté conditionnelle perpétuelle.

Le fait de ne pas se soumettre à ce fichage entraîne de nouvelles sanctions.

Ces restrictions de libertés sont d’autant plus inacceptables, que ce fichier a été créé suite aux attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan.

Il visait les islamistes radicaux condamnés, et avait pour but de les empêcher notamment de rejoindre des zones sensibles comme la Syrie, une fois leurs peines de prison effectuées.

Les tenants de la dérive sécuritaire et répressive de l’Etat français, ont profité du contexte dramatique des attentats islamistes pour nous inclure dans ce schéma.

Politiquement, philosophiquement et moralement nous contestons solennellement ce fichage et ces qualificatifs.

Nous ne sommes pas, et nous n’avons jamais été, des terroristes, et nous réfutons fermement l’amalgame malsain avec les islamistes radicaux et leurs actes.

Deuxième effet pervers et perpétuel de cette répression:

la réclamation d’amendes exorbitantes, qui ont été prononcées au tribunal civil, contre ceux d’entre nous, qui ont été condamnés pénalement pour des destructions de biens, le plus souvent appartenant à L’Etat. Ces amendes varient, entre plusieurs dizaines de milliers d’euros, et plusieurs centaines de milliers d’euros. Le montant total réclamé dépasse les 10 millions d’euros pour l’ensemble des patriotes condamnés.

Ces amendes sont impossibles à rembourser. Elles sont systématiquement réclamées à la sortie de prison.

Elles vont à l’encontre du principe de réinsertion sociale et professionnelle, elles constituent un casse tête insoluble et une énorme pression à la sortie de prison. Elles rendent impossible la transmission des héritages familiaux qui seraient automatiquement saisis par l’Etat français.

Elles constituent un moyen de pression et de torture psychologique dans certains cas.
Des relances par les services fiscaux avec des mises en demeure de payer sous 30 jours, ont été reçues parfois 10 ans après les condamnations et 15 ans après les faits. Cette condamnation perpétuelle poursuit l’ancien prisonnier dans tous les aspects de sa vie, bien qu’il soit censé avoir payé sa dette à la société par de longues années d’incarcération.
Elles sont un moyen de constriction et de pressions psychologiques, inacceptables pour nous.

D’autres contraintes liberticides accompagnent la vie d’un ancien prisonnier politique:

-la suspension des droits civiques, empêchant les militants politiques que nous sommes de voter ou briguer des mandats électifs et participer à une consultation démocratique. Nous ne sommes ainsi plus des citoyens mais simplement réduits à notre ancienne situation pénale.

L’interdiction de de détention et d’utilisation d’armes de chasse, alors que la chasse est une pratique culturelle et sociale, écologiquement régulatrice.

PATRIOTTI

Issues de toutes les tendances du mouvement national, nous avons décidé de créer le collectif PATRIOTTI, qui regroupe les anciens prisonniers politiques corses.

Nous sommes dès aujourd’hui une cinquantaine et estimons que la situation répressive commande l’unité nationale.

Les restrictions des libertés se généralisent et ne concernent pas que les anciens prisonniers politiques. On assiste à une dérive sécuritaire de certaines démocraties occidentales, dont la France qui profitent du contexte international dramatique, pour restreindre les libertés et minorer les voix qu’elles considèrent divergentes, comme celle de la lutte d’émancipation du peuple Corse.

Au-delà, ce sont les libertés individuelles qui sont de plus en plus bafouées.
Nous inscrivons notre démarche dans la défense des libertés individuelles et collectives du peuple Corse.

Tout le monde est concerné au delà des les anciens prisonniers politiques.
Nos libertés sont les libertés de tous, la liberté ne se divise pas….
Nous appelons toutes les forces patriotiques et toutes les forces vives progressistes à nous soutenir.

Nos objectifs sont simples

1 le retrait du FIJAIT pour les patriotes Corses
2 l’effacement des amendes des patriotes condamnés.

Quatre d’entre nous: Stephane Tomasini, Marc Clement, Felix Benedetti, Jean Marc Dominici. ont dors et déjà refusé, de se soumettre su FIJAIT, ils font l’objet de poursuites judiciaires en cours. A travers leurs cas, nous mènerons des actions en justice sur le non respect du principe de non rétroactivité de la loi pénale en France. Le FIJAIT qu’il leur est appliqué, n’existait pas au moment de la commission des faits reprochés.

Nous utiliserons toutes les voies de recours juridiques notamment la
question préalable de constitutionnalité et pour chaque cas nous saisirons aussi individuellement la commission européenne des droits de l’homme.
Pour les amendes nous sollicitons l’ensemble du peuple Corse pour soutenir cette demande d’effacement.

En attendant, il est pour nous impensable que les patriotes qui ont payés le plus durement l’engagement pour l’émancipation, en assument seuls la charge.
Nous sommes persuadés, que les élus répondront à notre appel, car nous n’avons pas été poursuivis pour des faits personnels, mais pour une cause commune…

Sur le FiJAIT, comme sur les amendes,

Nous mènerons des actions de sensibilisation, une pétition est lancée ce jour, nos actions iront crescendo et se durciront si nous ne sommes pas entendus.

L’issue des pseudos discussions entre la représentation élue de la Corse et le gouvernement français, avec une petite reforme qui s’appliquera dans toute la France sans spécificité, montre une chose:

Les rapports de la tutelle française n’ont malheureusement pas beaucoup changé avec la petite colonie de Corse, et ceci malgré la volonté d’émancipation affichée par le peuple Corse, qui s’est exprimé majoritairement et démocratiquement.

Nous non plus nous n’avons pas changé! malgré les années de prison, notre engagement au service de notre terre reste inébranlable.

Nous saluons nos frères emprisonnés.

Charles Santoni qui condamné à 28 ans en a effectué 22 et est toujours détenu. La durée de sa détention est exceptionnelle.

Nous dénonçons la vindicte d’Etat, assumée officiellement par le président Macron, pour les prisonniers politiques détenus hors de Corse : Alain Ferandi, Pierre Alessandri,Yvan Colonna .
Ils ne pourront rester définitivement détenus. Pour des faits similaires d’autres condamnés d’AD (action direct) ou d’Iparetark ont été libérés après 19 ans de prison.

Tant qu’il restera un seul prisonnier politique corse, le règlement politique de la question Corse ne pourra être soldé.

Libertà per tutti i Patriotti.

Nous saluons enfin le sacrifice et la mémoire de tous nos frères qui ont donné leur vie pour un idéal de liberté.

Forti seremu se uniti semi.

Nous appelons tous les anciens prisonniers à rejoindre notre démarche.

Voici les anciens prisonniers premiers signataires du collectif PATRIOTTI :
(Liste évolutive )

  1. Albertini Jean-Luc ;
  2. Alessandrini Julien ;
  3. Antolini Jean-Philippe ;
  4. Antonelli Jean-Pierre ;
  5. Artily Michel ;
  6. Adami Antoine ;
  7. Ballester Baptiste ;
  8. Battestini Nanou ;
  9. Benedetti Felix ;
  10. Beretti Eric ;
  11. Bernard Frédéric ;
  12. Biancardini Jean-Marie ;
  13. Bozieglav Guy ;
  14. Casanova Jean ;
  15. Casimiri Dumè ;
  16. Clément Marc ;
  17. Colleoni Marc-Antoine ;
  18. Colombani Jean-Pierre ;
  19. Confaix Pierre ;
  20. Corda André ;
  21. Dominici Jean-Marc ;
  22. Ettori Michel ;
  23. Fieschi Jacques ;
  24. Filippi Jacques ;
  25. Filippi Ours Jean ;
  26. Franzoni Raphaël ;
  27. Frediani Jean-Noël ;
  28. Giamarchi Jules ;
  29. Giannesini Coco ;
  30. Giraud Gérard ;
  31. Iacuzzo Nicolas ;
  32. Istria Baptiste ;
  33. Istria Gérard ;
  34. Istria Paul ;
  35. Leca Stéphane ;
  36. Loviconi Yves ;
  37. Marchini Antoine ;
  38. Marcellesi Felix ;
  39. Maestroni Jean ;
  40. Marras Eric ;
  41. Martinetti Didier ;
  42. Mondoloni Jean-Luc ;
  43. Murati Patrice ;
  44. Nasica Joseph ;
  45. Ottavi Jean-Luc ;
  46. Padovani Michel ;
  47. Paoli Tony ;
  48. Peraldi Antoine ;
  49. Peraldi Joseph ;
  50. Peraldi Laurent ;
  51. Perrot Jean-Paul ;
  52. Pittiloni Jean-Marie ;
  53. Poli Joseph ;
  54. Quilichini François ;
  55. Rogliano Roch ;
  56. Ruggeri Alain ;
  57. Sauli Olivier ;
  58. Santelli Hervé ;
  59. Tesi Patrick ;
  60. Tomasini Stéphane ;
  61. Versini Joseph.