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Hier matin sur Bastia (17 octobre 2013) a eu lieu une conférence de presse de l’intersyndicale « CGT UNSA SOLIDAIRES CFDT CFTC » pour dénoncer la restructuration au sein du dispositif de surveillance maritime des cotes méditerranéennes.

En 2005 Paul Giacobbi (encadré 2 ci dessous) avait en tant que Député représentant la Corse à l’Assemblée Nationale Française rappeler l’importance de disposer d’un service de patrouille opérationnel pour la surveillance des côtes.

Déjà en 2011 l’intersyndicale était montée au créneau pour éviter «une situation catastrophique pour la surveillance des côtes…»  (voir cadre 1).

En 2012 les personnels de la vedette des garde côtes de Bastia avaient interpellés les candidats aux élections législative concernant la baisse dramatique des effectifs…

En 2013 les problèmes perdurent, la Corse doit se doter d’une gestion autonome.

Voici le texte de la conférence de presse :

Petit rappel nécessaire pour comprendre les enjeux et les dangers :

La corse possède 6 réserves naturelles répartie un peu partout autour des 1047 kms de côte.

La semaine dernière, la DRGC (Direction Régionale des Garde-Côtes) de Méditerranée a annoncé son plan de restructuration concernant le dispositif de surveillance maritime des côtes méditerranéennes. Comme on pouvait s’y attendre l’addition est salée pour l’ensemble des vedettes de la douane et très lourde de conséquences pour la protection et la surveillance des côtes de la Corse.

Ce plan de restructuration prévoit la construction d’un patrouilleur de 52 m, le plus gros navire que la douane n’ait jamais construit, financé à 80% par l’Europe ( Agence FRONTEX). Il sera basé à Toulon.

Il existe déjà deux patrouilleurs. Un a Brest, le second à Boulogne. Mais ils sont surtout…à quai. Budget serré, fin de mois difficile pour nos vaisseaux amiraux, restriction de gazole, c’est la panne sèche.

Nous avons 5 ans de recul, et le témoignage de nos collègues des façades Manche/ mer du Nord et Atlantique, et la certitude que l’implantation d’un patrouilleur dévore les budgets et les personnels des unités survivantes. Et cela, malgré tout, n’empêche pas la panne sèche.

L’administration reste d’ailleurs très évasive sur son coût de fonctionnement, et il faut bien le dire sur son fonctionnement tout court.

Il ne faut donc pas être grand clerc pour faire l’addition si les choses devaient en rester là: un vieux rafiot Bastiais et un budget aspiré par le futur fer de lance de la douane, c’est la chronique d’une mort annoncée.

Rappelons-nous qu’en 2005, sans le soutien et l’intervention des élus et du monde associatif insulaire, la vedette garde-côtes de Bastia n’aurait pas survécu à la première vague de suppression de l’époque. Nous avons appris la semaine dernière que la deuxième lame serait fatale pour nos collègues de Porto Vecchio, leur unité étant supprimée. Il n’y aura plus de vedette garde-côtes à l’entrée des bouches de Bonifacio d’ici 1 an.

Comment se fera la surveillance des côtes de la Corse à partir de 2015:

Elle sera ainsi dotée d’une unité garde côtes basée à Ajaccio, qui mettra au mieux près de 5 heures de navigation pour se rendre dans le nord de la façade orientale et 3h30 pour le sud. Sur la façade orientale il ne demeura quasiment plus d’administration sur l’eau. Gendarmerie maritime absente (basée à Ajaccio), affaires maritimes en voie de disparition (élément nautique de faible rayon d’action et limité par la faiblesse de ses équipements).

Notre inquiétude porte sur le fait que le moyen dont est doté notre unité (Bastia), est en fin de potentiel qui atteindra sans aucun doute ses limites d’ici 3 ans.

Bien que la Direction générale argue du fait que celui-ci à été récemment motorisé. Il n’en reste pas moins, qu’il ne s’agit pas d’un changement de moteur mais seulement d’une remise à neuf de moteurs ayant plus de 25 ans effectif, et dont la conception a près de 40 ans. Ces derniers, bien que renouvelés en mai dernier, ont déjà montré des signes de faiblesse et des pannes à répétitions dont la dernière semble grave.

De plus ce type de moteur n’est plus fabriqué par le constructeur GM, ainsi les délais de livraison des pièces peuvent varier de quelques jours à plusieurs semaines. (raison pour laquelle la DG a choisi de motoriser les vedettes de 28m avec des moteurs caterpillar de nouvelle génération).

A terme ( 3ans ) le choix sera simple : soit la brigade sera vouée à fermer, soit elle sera dotée d’un moyen, certes plus récent, mais surtout beaucoup plus limité pour nos types de missions. On en sera au même stade que les affaires maritimes actuellement.

Le nouveau Patrouilleur sur les côtes de Corse Mythe ou réalité ?

Concernant la venue programmée du patrouilleur : ce dernier devra effectivement effectuer des missions sur la corse. La probabilité que ce dernier soit présent au bon moment, au bon endroit est plus qu’utopique. De plus son potentiel sera exploité en priorité sur les missions frontex et narcops dont la zone d’exploitation se situe dans le sud Espagne.

Comment accepter qu’en période de restriction budgétaire (fonctionnement, gazole) un moyen de 52 mètres très consommateur de gazole fasse un aller-retour Continent Corse pour surveiller une fois par mois les côtes de la Corse. Le coût de fonctionnement ne peut-il pas être dédié à une vedette supplémentaire en point d’appui sur la côte orientale ?

Nous demandons :

• Deux vedettes de 28 mètres points d’appui :Une vedette côte Ouest et une vedette côte Est

• 20 agents par vedette.

• 4 missions de 72 heures par vedette

L’intersyndicale

[box type= »shadow » align= »aligncenter » ]Le mardi 25 janvier 2011

A l’appel de l’intersyndicale CGT, CFDT, Solidaires, CFTC, et Unsa, une trentaine de personnels était venue envoyer un message fort à leur administration, responsable selon eux « d’une situation catastrophique pour la surveillance des côtes… » En ligne de mire, le directeur général des gardes côtes de Méditerranée et le ministre de tutelle. Le préfet maritime et le secrétaire de la mer ont également été interpellés par les syndicalistes. Sans succès. En clair, les douaniers craignent que la Marine « phagocyte leurs moyens », le tout avec la bénédiction de leur administration. Avant d’être reçu par le président de l’assemblée de Corse, Alain Ronze, au nom de l’intersyndicale sonne la charge : « On méprise une fois de plus le travail des 45 garde-côtes insulaires qui doivent surveiller 1 000 km. On est hors la loi, certains cumulent 2 000 heures d’avance ou ont à récupérer 1 000 heures de repos hebdomadaire. » Au menu de ces coupes budgétaires, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, et les trois vedettes insulaires (Libecciu, Muntese, Marinu) en fin de vie. La solution envisagée par l’administration ? « Assurer la surveillance par une vedette de la Marine venant de Marseille », s’indigne-t-on dans l’assistance. Mépris. Le mot collera à un discours qui est aussi le signe d’un problème structurel. Alain Ronze reviendra, amer, sur « deux ans des propositions concrètes, de réunions de travail qui n’ont servi à rien. » Sans parler de la motion votée à l’unanimité, et du soutien de l’assemblée de Corse. « Je vous appelle tous à tenir bon contre l’administration on va mettre un grand coup en leur montrant qui on est et on ne laissera pas faire », tonne Alain Ronze. Évoquant une « déclaration de guerre. » Lui-même a déjà affûté une arme qui pèse comme un ultimatum : sa démission de chef d’unité de Bastia. « Elle sera suivie par d’autres démissions à la pelle », assure-t-on dans les rangs. La douane maritime deviendrait alors un bateau ivre. Et le bruit se fait entendre également du côté des terrestres, ces 145 fonctionnaires qui prennent à terre le relais de leurs collègues. « Nous sommes complémentaires, donc solidaires », assurent-ils. La mission des garde-côtes ? « Cet été, nous avons effectué 200 contrôles », détaille Alain Ronze. « Les douaniers ont collecté en Méditerranée 17 millions de droits et taxes, en Corse, on a dépassé le million », complète Jean-Pierre Ducousso.

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M. Paul Giacobbi (Question publiée au JO le 08/02/2005) appelle l’attention de M. le ministre de l’économie, des finances et de l’industrie sur la nécessité pour la Corse de disposer d’un service de patrouille opérationnel pour la surveillance des côtes. En effet, le ministère de l’économie, des finances et de l’industrie envisage de mettre un terme à l’activité du service maritime des douanes à Bastia qui exerce les missions de surveillance d’une partie des côtes insulaires. Dans quelques semaines, la vedette actuellement amarrée dans le vieux port sera réformée et les bâtiments basés à Ajaccio et à Porto-Vecchio seront chargés de la couverture de l’ensemble de l’espace côtier corse. Ces dispositions sont de nature à favoriser le développement des commerces illégaux et clandestins. Elles contreviennent aux objectifs affichés par le Gouvernement qui visent à enrayer cette forme de délinquance, et à renforcer la prévention des pollutions marines. De surcroît et dans le cas d’espèce, quinze fonctionnaires seront, selon toute vraisemblance, mutés en France continentale dans les prochaines semaines. Cette décision est d’autant plus surprenante que, le 22 décembre 2003, en réponse à une de ses questions écrites, il confirmait la pérennité du dispositif des douanes en Corse. Si cet engagement était remis en cause, les côtes insulaires ne seraient plus surveillées que par deux bâtiments, soit une vedette tout les 500 kilomètres. La zone côtière continentale de la Méditerranée dispose, elle, d’un bateau tous les 70 kilomètres. Aussi, il souhaiterait connaître rapidement les intentions du Gouvernement dans ce domaine.
Réponse du ministre publiée au JO le 29/03/2005
Depuis plusieurs années, la direction générale des douanes et droits indirects est engagée dans un processus de modernisation dont le but est de renforcer l’efficacité de ses services, tant pour améliorer la qualité du service rendu à l’usager que pour développer la lutte contre la grande fraude. Cette démarche s’effectue progressivement et touche de nombreux services parmi lesquels figurent ceux de la surveillance maritime. Le dispositif douanier de surveillance maritime, mis en place il y a environ trente ans, doit être adapté aux nouveaux enjeux maritimes et au renforcement de la coordination de l’action de l’État en mer. Il met en oeuvre des moyens vieillissants et hétérogènes qui ne pourront tous être remplacés. En effet, comme préconisé au niveau interministériel, les moyens d’intervention maritime de l’État en fin de vie n’ont plus vocation à être renouvelés nombre pour nombre et les redondances dans leurs implantations doivent être évitées. Cette situation exigeait une réflexion d’ensemble sur l’avenir de la douane en mer. Elle a été entreprise en 2004, en concertation avec les représentants des personnels marins, aériens de la douane et de leur encadrement. Un projet de réorganisation de la surveillance maritime douanière a ainsi été élaboré dans le respect des principes interministériels. L’objectif est la mise en place progressive d’ici deux à trois ans d’un dispositif plus resserré et homogène assurant plus de présence et de contrôles en mer. À capacité opérationnelle globale maintenue, il s’agit de donner à la douane les moyens d’affirmer son rôle maritime en améliorant son efficacité tant sur le plan douanier que dans le cadre de l’action de l’État en mer. La modernisation du dispositif douanier de surveillance maritime devra être accompagnée d’une adaptation des structures et d’une redéfinition des méthodes de travail, notamment par une valorisation des bonnes pratiques. Dans ce contexte, la réflexion d’ensemble englobera également la brigade garde-côtes de Bastia en prenant bien sûr en compte la spécificité de sa situation et la nécessité de la couverture de l’espace côtier corse. Une concertation ouverte et approfondie avec les représentants des personnels, les agents et l’encadrement est engagée pour analyser, en détail, l’ensemble de la problématique maritime douanière ainsi que les évolutions souhaitables sur la façade méditerranéenne, notamment en Corse. Cette concertation se poursuivra ensuite au niveau national.
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by @Lazezu 

Revue de Presse et suite de l’article  : 

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