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(Unità Naziunale – publié le 28 avril 2018 à 7h32Voilà plusieurs mois que l’actualité catalane occupe le devant de la scène européenne.

Avec le recul des sept mois passés depuis le referendum du 1er octobre 2017, on constate le crescendo répressif exercé par Madrid avec la complaisance des gouvernements européens. Depuis six mois, Jordi Sanchez, Jordi Cuixart, Oriol Junqueras et Joaquim Forn sont emprisonnés alors qu’ils n’ont commis d’autre délit que de défendre les droits démocratiques du peuple catalan.

Cinq autres ont été emprisonnés il y a deux mois, tandis qu’une dizaine de dirigeants de premier plan sont contraints à l’exil. Jusqu’où cela ira-t-il sans que nul ne réagisse ou presque ?

Pour la Corse la solidarité se met en place. A vrai dire, personne ne pensait vraiment que le sort des prisonniers politiques catalans puisse être porté à ce point. Les Catalans les premiers restent incrédules face à ce retour des fantômes du franquisme. Car leur incarcération est sine die. Dans un an, deux ans, et même bien davantage si nous ne réagissons pas fortement, ils seront encore derrière les barreaux, au nom d’une « raison d’Etat » qui met ainsi par terre toutes les libertés démocratiques.

Le Comité de Solidarité Corsica Catalunya a vu le jour, et il compte déjà de nombreux soutiens. Le 23 mai prochain à Bastia, se tiendra un premier meeting de solidarité en présence de responsables politiques catalans. Il est capital qu’il soit réussi. Car le seul levier qui peut faire bouger les choses est celui des opinions publiques européennes.
Ainsi en est-il de la traque aux exilés que les services spéciaux espagnols et les juges du parquet répressif madrilène épient de manière constante. On leur doit l’interpellation à son retour de Finlande de Carles Puigdemont par les policiers allemands, qui, bien évidemment, ont agi avec le feu vert d’Angela Merkel.

Mais l’opinion publique allemande et la presse ont alors réagi : peut-on dans une démocratie européenne, extrader un élu du suffrage universel catalan pour raisons politiques ? Qui plus est quand les charges sont fabriquées de toutes pièces comme celle de l’incrimination de « détournements de fonds » que l’enquête vient de démolir au grand dam de l’accusation du juge Llarena !

La justice allemande a fort heureusement relâché Carles Puigdemont, mais, en Catalogne même, la répression bat son plein et l’insupportable détention des dirigeants catalans continue sans sourciller. Il faut donc enclencher la grande chaîne de solidarité européenne qui seule pourra avoir raison, avec la détermination du peuple catalan, du régime autoritaire qui depuis Madrid menace les fondements démocratiques de l’Europe.

Au sein de l’Etat français c’est particulièrement important. Tout d’abord parce que c’est la seule frontière européenne de la Catalogne. Or Emmanuel Macron semble en mesure de faire bien pire qu’Angela Merkel pour rendre service à la droite espagnole la plus réactionnaire. Et il est à craindre que la justice hexagonale n’ait ni la même indépendance, ni la même conception de la liberté, que ses homologues belges ou allemands. Quant à la presse française, les summums d’énormités qu’elle publie sans sourciller à propos de la Catalogne est proprement sidérant. Il faut vraiment engager le combat auprès des opinions publiques au nom des valeurs les plus fondamentales, les droits de l’Homme, les libertés politiques, le droit pour chaque peuple de décider par lui-même de son propre avenir.
C’est ce que le Comité créé en Corse a commencé à faire, avec les défenseurs des droits de l’Homme et les démocrates. C’est le peuple catalan qui est aujourd’hui attaqué, mais en Corse nous ne pouvons que nous sentir concernés.

Visca Catalunya !

François Alfonsi