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L’Assemblée de Corse a vécu en fin de semaine dernière un débat suivi d’un vote qualifié d’“historique” par les observateurs locaux. La délibération finale votée à l’écrasante majorité des conseillers (46 sur 51) propose qu’un article soit ajouté dans la Constitution française qui, en mentionnant la Corse, permettrait des évolutions conséquentes pour la collectivité territoriale. Un débat qui a été suivi de près au Pays Basque par les partisans d’une collectivité spécifique.

Ainsi, selon Nikolas Blain de la plate-forme Batera, celle-ci a suivi “avec grand intérêt les débats en Corse” et attend “avec impatience la réponse du gouvernement”. Une réponse qu’elle espère “politique”. Car pour Batera qui cite Pierre Chaubon, le rapporteur du rapport à l’origine du débat, il ne faut pas que la délibération de l’Assemblée de Corse termine dans “un tiroir. […] Encore moins à la poubelle comme ce à quoi le Pays Basque a eu droit après le vote du Conseil des élus. Pour Batera, une réponse politique là-bas ne peut que renforcer sa détermination à obtenir une collectivité territoriale au Pays Basque”. Collectivité pour laquelle elle appelle à manifester le 30 novembre à Mauléon.

Pour la coalition abertzale EH Bai, l’exemple corse met en évidence que “lorsque les élus locaux agissent en cohésion, il y a plus de chances pour que les revendications des territoires trouvent un écho favorable”. EH Bai se félicite que cette proposition de réforme soit “à l’initiative des élus locaux” et “notamment le groupe de gauche qui a travaillé le dossier directement avec Matignon”. Pour les abertzale, le gouvernement français doit “expliquer pourquoi face à la demande du Pays Basque il ne répond que par le mépris”. D’autant, selon EH Bai, dans le contexte actuel dans lequel le “Pays Basque est engagé dans un processus de paix, il serait irresponsable que la France ne fasse pas un geste fort dans le chemin de la reconnaissance institutionnelle du Pays Basque Nord”.

Le vote historique de l’Assemblée de Corse

Jean-Guy Talamoni, président du groupe Corsica Libera à l’Assemblée de Corse, se dit “très satisfait” du vote de vendredi par son caractère massif et parce que les “pour” se retrouvent dans tous les groupes représentés. La délibération qui a été adoptée demande la “création d’un article 72-5” dans la Constitution française. Article qui, en mentionnant expressément la Collectivité de Corse, donnerait à celle-ci des prérogatives importantes. “En matière de co-officialité de la langue, que l’Assemblée a récemment votée, en matière de restriction à l’achat du foncier et de l’immobilier, en matière de fiscalité du patrimoine, en matière d’architecture institutionnelle et sur la possibilité pour la Collectivité d’établir des normes propres”, égrène le responsable nationaliste. Reste maintenant à voir quelle sera la réponse du gouvernement car maintenant va s’engager une négociation avec Paris. Avec peut-être dès jeudi une première esquisse de réponse lors de la visite de François Hollande sur l’île. Pour l’élu corse, “une réaction de mépris serait un déni de démocratie”. Il reconnaît que la “partie va être difficile car pour changer la Constitution, il faut réunir le Congrès et obtenir la majorité des deux tiers”. Mais il espère que les élus insulaires de la gauche et de la droite française arriveront à convaincre les parlementaires de leurs familles respectives.

Giuliano CAVATERRA

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by @Lazezu 

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