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(article hebdomadaire #FilRougeDeLaRédaction)

(9 septembre 2013) La vie clandestine se développe sous l’Occupation, et culmine pendant l’été de 1943. La solidarité de la population la rend possible, surtout en milieu urbain, pour permettre réunions secrètes et hébergement des radios.

Agents de renseignement et résistants de l’intérieur sont tenus à une grande mobilité et endurent de pénibles conditions de vie. La topographie de l’île et sa végétation (forêts et maquis) leur permettent de se soustraire souvent aux recherches des carabiniers et de l’OVRA, malgré une densité d’Occupation qui n’a d’équivalent nulle part.

Pendant les 10 mois qui vont de novembre 1942 à septembre 1943, la répression exercée par l’occupant contraint à la clandestinité résistants de l’intérieur et agents de la Résistance extérieure en mission en Corse.

Sans qu’il y ait eu formation de maquis comparables à ceux du continent, car il s’agit ici d’une période antérieure, les lieux de refuge ont été simplement, grâce à la solidarité de la population, des villages et des hameaux, et, dans quelques cas, des bergeries et des grottes peu accessibles à l’occupant dans une région montagneuse, riche d’une végétation dense. La vie clandestine était rude, le ravitaillement incertain. Certains, comme Fred Scamaroni, ont connu la clandestinité en milieu urbain, avec des risques plus grands qu’en milieu rural.

39 45 guerre storia uneLes principaux responsables de la Résistance ont presque tous connu la clandestinité : Arthur Giovoni, professeur muté à Rodez sur ordre de Vichy, revient en Corse en clandestin dès octobre 1942. Paul Giacobbi, surveillé depuis 1940, interné à la demande de l’occupant à Prunelli di Fium’Orbu en 1943, s’en échappe pour éviter la déportation en juin, et est caché à Chisa, puis dans des grottes ou des bergeries en montagne jusqu’en septembre.

Les réunions des responsables du Front national se font dans des zones-refuges comme la grotte de Porri à proximité de la demeure familiale de François Vittori. En mars 1943, les Chemises noires qui ont cerné la zone, ne parviennent pourtant pas à temps sur ce lieu de réunion. Les agents envoyés en Corse sont traqués par l’OVRA qui les traite en espions. Tous sont voués à la clandestinité et ceux qui les hébergent courent les plus grands risques : leurs radios sont particulièrement recherchés. Les premiers venus d’Alger sont les hommes de la mission Pearl Harbour qui sont cachés à leur arrivée à Marignana en décembre 1942 par les frères Nesa. L’un d’eux, le radio Pierre Griffi, sera exécuté par les Italiens le 18 août 1943, après avoir réussi à communiquer jusqu’au bout avec Alger à partir de ses caches successives à Corte puis Ajaccio. Les frères Nesa avaient été condamnés à mort par contumace le 27 juillet.

Fred Scamaroni, envoyé en mission par de Gaulle, chef de la mission FFL arrivée en janvier 1943, est hébergé à Ajaccio par Joseph Vignocchi que le tribunal militaire italien condamne à 30 ans de réclusion le 12 juillet, quatre mois après le suicide de Fred Scamaroni dans sa cellule de la citadelle d’Ajaccio. La nécessité de cacher les matériels de reproduction des tracts et journaux clandestins ou les armes envoyées par Alger est l’un des facteurs essentiels de la vie clandestine.

Le relief accidenté de la Corse et ses indentations côtières favorisent les actions clandestines mais soumettent à de dures épreuves les hommes chargés des transports. Certains monuments à la mémoire de la résistance évoquent l’effort d’endurance demandé à tant de résistants dont les noms n’ont pas été retenus pour la plupart.

Hélène Chaubin, « La vie clandestine », extrait du cd-rom La résistance en Corse, AERI, 2003.

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Dossier Storia Corsa sur Corsica Infurmazione

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