Produit CORSU E RIBELLU

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Si l’on en croit les dévots de la libre concurrence et les intégristes du libre échange, la démondialisation le serait sans le moindre doute.

Les qualificatifs employés à l’égard de ceux qui la prônent vont de l’insulte, dans la bouche d’Alain MINC, l’idéologue du CAC 40, à la caricature, dans celle de Pascal LAMY, patron de l’OMC l’organisation mondiale du commerce gardien vigilant de libre échangisme.

Il faut dire que le thème de la démondialisation introduit dans la campagne des primaires citoyennes du PS par Arnaud MONTEBOURG débarque en force dans un contexte politique particulièrement agité, singulièrement en Europe.

La crise grecque, les inquiétudes qui se manifestent en Espagne, en Italie, au Portugal et en Irlande, les ravages des délocalisations, la désindustrialisation qui s’accélère dans notre pays invitent les français et les européens à s’interroger sur les effets de “la mondialisation heureuse” que ses chantres promettaient.

Le prix Nobel français Maurice ALLAIS a théorisé le concept d’économie de marchés, au pluriel, pour signifier que la notion de “marché mondial” au singulier chère aux libéraux était une abstraction qui ne tient pas compte des réalités très différenciées qui existent aux plans des structures de coût, de production et de formation de prix des produits d’une région à l’autre du monde.

La mondialisation, ainsi ramenée à la réalité géopolitique au delà de ses manifestations économiques et sociales, est avant tout de nature philosophique et politique.

Les tenants de la démondialisation considèrent que le moment est venu pour les politiques de reprendre des mains des financiers le contrôle du processus de création monétaire, de manière à permettre que l’homme puisse retrouver son statut de citoyen au détriment de celui de consommateur auquel il est en définitive réduit aujourd’hui .

Ils considèrent qu’il est urgent de procéder à une remise en cause profonde du fonctionnement des échanges dans le monde:

■En réintroduisant une régulation du le système financier mondial, dont la dérégulation neo-libérale a consacré l’irresponsabilité et dont la cupidité à provoqué la crise de 2008.

■En relocalisant chaque fois que cela est souhaitable la production sur le territoire pour mettre fin à une circulation abusive des marchandises qui font parfois des milliers de kilomètres avant d’être consommés, alors qu’elles pourraient avantageusement être produites sur place.

■En investissant dans une ré-industrialisation ”verte” et en mettant en oeuvre un protectionnisme raisonné à l’échelon européen.

Nous aurions tort de considérer que ces querelles ne concernent pas la Corse, car elles nous impactent au premier chef.

Appliquées à notre Île ces concepts pèseraient entre autres:

■Sur la politique en matière de transports de marchandises afin de ré-orienter l’enveloppe de continuité territorial pour ne ps pénaliser les productions locales comme aujourd’hui.

■Sur la diversification de notre économie afin qu’elle ne dépende plus autant du tourisme et que la place qui nous est affectée dans le dispositif mondialiste soit celui de bronze cul de l’Europe ou de réserve pour lotissements de touristes friqués.

Par Vincent Carlotti

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