Produit CORSU E RIBELLU

X

Jean-Charles Orsucci, maire de Bonifaziu, avait promis en 2008 de « rendre Cavallo aux Bonifaciens et stopper toute construction nouvelle sur cette île située au cœur de la réserve naturelle des Bouches de Bonifacio ».( Nice Matin Corse du 27 juillet 2013).

Il a tenu sa promesse. Le PLU de Bonifaziu, qui a été élaboré en large concertation avec toutes les forces vives, va être modifié, après le résultat de l’enquête publique en cours. Fait notable, il interdit notamment, toute construction nouvelle, garantie l’accessibilité totale au public, fera la part belle aux zones naturelles.

Il va de soi que nous nous réjouissons de cette amorce de réintégration de l’île volée dans le patrimoine national et aussi du respect des lois et règlements. Malheureusement il est des dommages irréversibles. Le peuple Corse doit retenir cette leçon où l’incurie politique locale, la spéculation et les appétits financiers, le laxisme total de l’Etat ont conduit au désastre.

Afin de remémorer le processus néfaste d’aliénation, nous reproduisons ci-dessous sous le titre « Cavallo: la terrible leçon » le blog que je lui avais consacré au mois de juillet 2008.

Faut-il rappeler que la Corse entière est sous la menace de la dépossession de sa terre, de la minorisation de son peuple chez lui, de l’acculturation? et que seule une démarche largement unitaire peut nous sauver du drame qui se joue.

Cavallo : la terrible leçon

Corse Matin, dans son édition insulaire du 2 Août 2008, a consacré, sous le titre sévère «Cavallo, l’île à la dérive», sous la plume de Pierre Claverie, un excellent article au constat de la situation actuelle de l’ilôt paradisiaque de 112 hectares, situé au nord des Iles Lavezzi.

L’historique a rappelé les folles nuits de la jet-set parisienne en 1967 : insouciance, champagne, personnalités clinquantes sur fond d’exotisme colonial. Les oiseaux migrateurs sont rituellement repartis. Puis, a commencé la période d’aliénation et de spéculation avec la société Codil en 1973 et une succession d’embrouilles telles qu’il est désormais impossible de reconstituer le fil de l’histoire, le nom des propriétaires, la date des transactions, les changements de sociétés. La mafia y a fait aussi escale mais apparemment sans s’y enraciner.

Heureusement que Cavallo a fait son retour dans la République Fançaise quand, il y a quelques années, dans une ambiance de Clochemerle, une cérémonie, avec deux gendarmes au garde à vous, a consacré le retour du lieu dans la « souveraineté nationale » !!!!!! En France, le ridicule ne tue pas.

Aujourd’hui, le spectacle est lamentable sur les 112 hectares de ce paradis, et Corse Matin d’énumérer :  » une centaine de villas de standings ….. le reste est à l’abandon …. des bungalows, des mini-villas en passe d’être terminés depuis plus de vingt ans ….la station d’épuration est aujourd’hui incapable d’effectuer correctement le traitement (des eaux usées)…..elle dysfonctionne constamment. En témoigne le petit étang au nord-est de l’île où des eaux usées sont déversées sans vergogne. » Il y a aussi une « vilaine marina ». De plus, les Corses ne sont pas accueillis chaleureusement. à Cavallo. Le constat est amer : Cavallo, défigurée n’est plus une terre corse.

Les Corses, s’ils sont dessillés, ont sous les yeux, le désastre achevé d’une portion de leur terre. La litanie de responsabilités est lassante : l’Etat dont la fidélité au droit est assénée en permanence comme son credo majeur, la petite ville de Bonifaziu et ses responsables successifs, les instances politiques corses (CTC et département de la Corse du Sud), la population de l’extrême sud, ont été incapables de poser correctement le problème dès le début du scandale et de le traiter. Les nationalistes eux-mêmes ont été défaillants même si certains d’entr’eux ont tenté en vain, par la violence, de s’opposer à la dérive. Et si d’autres l’ont dénoncé vertement. Aujourd’hui, nous avons nos yeux pour pleurer, encore qu’il soit possible d’imposer certains remèdes : traitement des déchets et des eaux usées, liberté totale d’accès à l’ile, et surtout mise à plat publique de l’ensemble du dossier.

Le peuple corse n’a pas le choix entre le tourisme affligeant dont Cavallo est l’exemple nauséabond et un tourisme prédateur dont certains thuriféraires se font les chantres. L’examen prochain du Plan d‘Aménagement et de Développement Durable de la Corse (PADDUC) mettra tous les Corses de l’île et de la diaspora devant leurs responsabilités ; de facto ils choisiront le destin de leur peuple.

Blog Edmond Simeoni

Juillet 2008

(…) 

Revue de Presse et suite de l’article  : 

sur Corse Matin, sur Alta Frequenza, sur RCFM, Sur Corsica, Sur le Journal de la Corse, Sur Paroles de Corse
Sur Alcudina, sur Corsica Infurmazione/Unità Naziunale, sur France 3 Corse, Sur Corse Net Info (CNI)

Corsica Infurmazione: l’information de la Corse, des Réseaux sociaux et des Blogs politiques [Plateforme Unità Naziunale]