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La coofficialité, la naissance du collectif contre les assassinats, le nationalisme… Autant de thèmes évoqués, dimanche soir, par le chanteur d’A Filetta, Jean-Claude Acquaviva, lors de l’émission Cuntrastu.

Cunstrastu a choisi un artiste pour achever le cycle annuel de l’émission. Jean-Claude Acquaviva, figure emblématique du groupe polyphonique corse A Filetta, était hier soir l’invité de Jean-Vitus Albertini (France 3 Corse), Roger Antech (Corse-Matin) et Patrick Vinciguerra (RCFM). Avec sa voix, grave et hiératique, le chanteur balanin a porté un son aigu sur l’actualité régionale.

D’emblée, le thème de la langue corse est arrivé sur le plateau télévisé. Bien entendu, Jean-Claude Acquaviva s’est réjoui que l’assemblée de Corse ait adopté une délibération sur la coofficialité.

« Personne n’a voté contre le rapport. C’est important sur le plan de la symbolique. Cela signifie qu’aujourd’hui il y a consensus sur un certain nombre de sujets », assure le chanteur.

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Forcément, les journalistes l’ont interrogé sur les propos de Manuel Valls qui reproche aux Corses de ne pas s’exprimer suffisamment face à ces phénomènes de violence. Y a-t-il un rapport ambigu des Corses face à la violence ? « Je pense que la violence est largement enracinée », assène-t-il, dénonçant cependant les propos de Manuel Valls.« La violence n’est pas ancrée dans la culture corse, mais il y a une circonstance historique qui a fait qu’une certaine violence s’est exprimée. Il y a en Corse une certaine défiance par rapport à la justice, car l’État n’a jamais navigué clairement dans ce pays. Les propos du ministre sont donc irresponsables parce qu’il fait abstraction de tout ça. Cependant, on ne peut pas éternellement s’auto-exonérer de nos responsabilités. Il faut un examen de conscience »,affirme-t-il, citant Dostoïevski. « On a engendré une génération de ce que j’appelle le « sò indè mè et t’amerdu ».Ça, c’est la jungle ». Au chapitre de l’ambiguïté, les journalistes l’ont titillé sur l’ambivalence du nouveau collectif qui préconise une société débarrassée de la loi de la jungle et du grand banditisme, mais qui, d’un autre côté, conteste les juridictions d’exception qui sont amenées à lutter contre ce type de dérive. « La Corse n’a pas besoin de justice particulière, elle a besoin d’une justice ordinaire.Mais peut-on se contenter d’une justice normale face à une situation anormale ? «Ça relève des compétences de l’État qui doit mettre en place une justice ordinaire, implacable, mais sans moyens spéciaux. La fin ne peut pas justifier les moyens », indique-t-il, réfutant l’idée que le collectif puisse être manipulé.

Jean-Claude Acquaviva reconnaît que le nationalisme a permis de porter un certain nombre de combats, mais qu’il a aussi commis un certain nombre d’erreurs. Il demande une clarification des uns et des autres sur le choix du projet politique.

Et que pense l’humaniste de la violence clandestine ? « On ne peut pas faire un constat d’échec… La clandestinité a été un mal nécessaire, mais je regrette que l’on ait recours à ce mal. La clandestinité est, par certains côtés, dangereuse, elle peut-être porteuse de dérive. Il vaut mieux l’éviter », plaide-t-il, posant le problème de l’engagement citoyen. « Est-ce qu’il fallait que ce soit la violence clandestine qui monte au créneau ? Je préfère le combat citoyen à visage découvert. Je préfère la violence civile ».

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by @Lazezu 

Revue de Presse et suite de l’article  : 

sur Corse Matin, sur Alta Frequenza, sur RCFM, Sur Corsica, Sur le Journal de la Corse,
Sur Alcudina, sur Corsica Infurmazione/Unità Naziunale
, s
ur France 3 Corse, Sur Corse Net Info (CNI)

Corsica Infurmazione: l’information de la Corse, des Réseaux sociaux et des Blogs politiques [Plateforme Unità Naziunale]

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