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Un processus de paix se déroule actuellement au Pays basque, au sud (État espagnol) comme au nord (État français). Professeur de droit public à la faculté pluridisciplinaire de Bayonne, expert indépendant auprès de la commission « démocratie par le droit » du Conseil de l’Europe et d’autres organismes internationaux spécialisés dans les transitions démocratiques et les sorties de crise, Jean-Pierre Massias est venu en parler le jeudi 16 mai à Ajaccio, invité par le Syndicat des travailleurs corses (STC).

Au Pays basque, à San Sébastian au palais d’ Aiete, le 27 octobre 2011 s’est tenue une conférence où a été établie la feuille de route engageant le processus pour la paix : la déclaration d’ Aiete. L’objectif n’est pas seulement la fin de la violence mais aussi des causes de son émergence : arrêt des actions d’ ETA, règlement du problème des prisonniers, restitution des armes, abrogation des législations d’exception, retour des exilés. Aiete spécifie également que la fin de la violence inclut de « repenser le Pays basque, de repenser ses institutions » selon l’expression du professeur. Cette conviction naît de la simple prise de conscience collective que la situation d’autonomie actuelle n’a manifestement pas été la bonne réponse aux questions posées par la sortie du franquisme et la reconstruction de la démocratie. Aiete a eu un écho extraordinaire : dès le 20 octobre ETA annonçait la fin sans condition de ses actions.

C’est qu’Aiete n’est pas seulement un événement, si remarquable et remarqué soit-il mais c’est le résultat d’un processus politiquement construit bien avant 2011, issu du constat d’échec des tentatives précédentes et de la nécessité d’une recherche collective d’un nouveau mode de règlement du conflit. Aiete est ainsi l’aboutissement et le nouveau départ d’une démarche qui structure l’adhésion progressive des différents acteurs de la société basque, y compris ETA et le Collectif des prisonniers politiques.

Affaire des Basques eux-mêmes mais pas seulement, ce processus est internationalement soutenu et encadré. Un groupe de médiateurs, l’International Contact Group, s’est mis en place sous la direction du juriste irlandais Brian Currin, éminent spécialiste de la transformation des conflits et des processus de paix notamment en Afrique du Sud (Commission vérité et réconciliation) et en Irlande du Nord (Commission de révision des peines). Placé sous la haute autorité de Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, l’International Group travaille en relation avec une pléiade d’organismes, de fondations, de groupes internationaux, mais aussi avec des acteurs locaux, comme le réseau Lokarri, qui a pour objet d’impulser et de faciliter la participation citoyenne à la recherche de la paix, et la plate-forme Bake Bidea, qui regroupe des membres d’organisations démocratiques, associations de défense des droits de l’homme, syndicats, partis politiques, élus… afin d’intégrer progressivement dans le processus toutes les sphères de la société civile. Cette collaboration a abouti à une nouvelle étape importante, l’organisation le 15 décembre 2013 d’un Forum pour la paix en relation étroite avec la faculté pluridisciplinaire de Bayonne.

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by @Lazezu 

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