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Les élus de la Corse à l’Assemblée nationale, membres de l’opposition au gouvernement, ont cru devoir signer l’appel de leurs collègues en soutien d’Henri Guaino, lui-même député UMP.

De quoi s’agit-il, et qui est gravissime ? M. Guaino, ancien conseiller littéraire de Nicolas Sarkozy, ce qui fut sans nul doute une tâche ardue, a traité le juge d’instruction, Jean-Michel Gentil, de tous les noms au prétexte que, dans le cadre strict de ses fonctions, il a mis en examen l’ancien président de la République.

Ce qui : 1° ne prouve pas sa culpabilité dans le dossier Bettencourt ; 2° constitue un acte de procédure que la justice elle-même peut réduire à rien en actant un non-lieu ou, en cas de renvoi devant un tribunal, en rendant un jugement de relaxe. Dans les deux occurrences, le juge d’instruction ne serait en aucune façon désavoué. C’est le jeu tout à fait normal de l’institution d’ailleurs prévue pour fonctionner ainsi. Sur nombre de dossiers, il peut y avoir des interprétations divergentes, ce qui pendant des siècles a profité aux plus puissants.

Pis, M. Guaino, lui-même visé par la plainte pour outrage d’un syndicat de magistrats, modéré parmi les modérés, a dit qu’il ne comptait pas se rendre à la moindre convocation de la police pour être entendu. En termes non choisis, qu’il n’en avait rien à foutre de la force républicaine. C’est ce qui s’appelle sans doute donner l’exemple.

Nos trois députés de la Corse, MM. Rocca Serra, Gandolfi-Scheit et Marcangeli, tout comme la centaine de députés d’opposition, l’ont aussi suivi sur ce terrain glissant. Tous demandent à en être poursuivis au même titre que M. Guaino dont ils se disent complètement solidaires.

L’Assemblée nationale serait alors décapitée et cette attitude, de grande hostilité, provoque d’ores et déjà une confrontation brutale entre deux des pouvoirs de base de la République et met cette dernière à mal quelle qu’en soit désormais l’issue.

M. Guaino se récrie et indique qu’il est certain de l’innocence de son ancien patron. Remarquons que c’est le même argument qui est employé par tous les proches d’un mis en examen, même quand on poursuit les plus grands malfrats.

Il dit aussi, dans une analyse alambiquée, qu’il agit au nom de la souveraineté du peuple. Un peuple qui au demeurant a donné son imprimatur au corpus de lois qui permet au juge Gentil de mettre Nicolas Sarkozy en examen.

Des considérations qui apparemment échappent à M. Guaino tout occupé qu’il est à salir l’honneur d’un juge qui aurait bafoué, prétend-il, la justice et la France elle-même. Et sa référence à l’affaire Dreyfus est tout simplement grotesque.

Avec tout ça, on voudrait qu’il y ait une justice en Corse dans une confusion telle des genres et des messages.

Joseph-Guy Poletti

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by @Lazezu 

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