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Très intéressant l’interview de Georges Mela dans « Paroles de Corse » de juin 2013. Et riche d’enseignements. Celui qui ose prétendre qu’une « élection ne se gagne pas sur des positions idéologiques » mais « sur des actes concrets qui touchent le quotidien de nos concitoyens » détaille pourtant clairement l’actuelle politique communale et ses orientations. Et qui inscrivent la ville de Portivecchju dans une logique de développement que je ne pourrai faire mienne…

PREMIER ENSEIGNEMENT …

La première – et rapide – instruction de cette interview spécifie les rôles et places de M. Mela et de M. de Rocca Serra. Le premier bien sûr à Portivecchju et le second à Paris à l’Assemblée Nationale française. Une prétendue complémentarité qui dissimule mal l’obligation faite à Camille de Rocca – Serra d’abandonner le choix – historique – de la mairie…

… ET BILAN CONTRASTE !

Plus importantes sont les précisions données par Monsieur le maire en matière de bilan et de perspectives. M. Mela évoque particulièrement les nouvelles crèches, l’établissement hospitalier pour personnes âgées et dépendantes, l’extension et les rénovations des groupes scolaires, les équipements sportifs du complexe de Prunellu (courts de tennis), la rénovation du stade Claude Papi, l’extension du Cosec, la création d’une piste BMX, et bien sur les logements sociaux dont une cinquantaine aurait été livré en 2012.  Il projette pour la mandature à venir de s’atteler au cadre de vie des porto – vecchiais qui passerait par une priorité donné au logement, «  une assiette foncière de cinq hectares a récemment été acquise sur la commune pour un montant de 2,6 millions d’euros, sur laquelle est d’ores et déjà programmé la construction d’un nouveau quartier », la mise à disposition d’un port de plaisance « moderne, respectueux des normes environnementales, qui créera plus de trois cent cinquante emplois induits » et la sempiternelle piscine qui peut être verra le jour par l’éventuelle mutualisation des coûts dans le cadre nouveau des compétences échues à l’intercommunalité. Quant au soutien à l’emploi, cela passera par le secteur du bâtiment puisque priorité sera donnée à la construction urbanistique.

De facto, il m’est aisé de constater sous cet apparent pragmatisme dont se targue le premier magistrat de la ville, que la réalité des faits et la situation actuelle de la commune mettent en relief une stratégie de développement axé sur un tout– tourisme. Que cette stratégie participe à la déstructuration de notre communauté porto-vecchiaise au même titre qu’elle accentue un processus de dépossession foncière et un délitement sociétal. Et qu’elle n’est surtout pas remise en cause : la question de l’extension du port de plaisance et sa projection en matière de gestion sont là pour le rappeler…

LES OUBLIS DE M. MELA …

Il est consternant d’observer que le « cadre de vie » si cher à M. Mela ne fait nullement référence à tous ces hameaux qui sont la richesse humaine et historique de Portivecchju mais aussi les « laissés pour compte » de ce développement énoncé ci-dessus. L’état actuel de certains d’entre eux-quand il ne reflète pas la désertification -met en évidence le poids-concret- de la spoliation terrienne et de la colonisation de peuplement (exemple hameau de Murateddu) voire de la transposition en banlieue périphérique…  Il y a peu « Portivecchju Altrimenti » ne s’y est pas trompée lorsqu’elle a mis en exergue – avec quelques habitants – le contexte actuel de a Tirnità di Portivecchju…

Il est tout aussi affligeant de percevoir que pour M. Mela le développement économique – du moins le soutien à l’emploi – passe par le bâtiment … Tout Porto vecchiais aura inévitablement remarqué l’incontestable influence de l’immobilier sur la commune avec parfois bien des constructions qui échappent à l’équilibre environnemental existant… Ce choix d’extension urbanistique qui certes peut faire de Portivecchju, la troisième ville de Corse, se complète avec ce choix-planifié- d’un tout- tourisme aux conséquences avilissantes. Il n’est pas un mot  dans cette interview pour d’autres secteurs économiques qui pourtant peuvent bénéficier d’un contexte exceptionnel sur la commune. Il n’est pas un mot pour l’élevage, l’agriculture, la pêche, l’énergie et tout ce qui peut être exploitation directe de ressources naturelles. Pas un mot pour ce qui constitue les industries de pointes ou même les industries de transformations (bois). Pas un mot pour les potentialités productives (grande superficie agricole de la commune) et les incitations au soutien et à l’installation d’éleveurs et d’agriculteurs.

Portivecchju échappe ainsi à une logique – stable – de politique économique axée sur la recherche permanente d’un équilibre social, d’un aménagement équilibré du territoire et d’une complémentarité des secteurs économiques. Et la communauté porto – vecchiaise est soumise à l’imposition d’un schéma économique qui l’exproprie de sa – naturelle – position d’actrice de son territoire…

UNE LANGUE FOLKLORISEE ?

Enfin, quand on connait le choix-grandement majoritaire- de la Collectivité Territoriale de Corse sur la co-officialité de la langue corse, le bilinguisme défendu par M. Mela – au nom de son refus de rendre obligatoire son enseignement – apparait comme timorée. En opposant contrainte, apprentissage et enseignement, on feint d’ignorer l’histoire d’une langue déniée au profit d’une langue infligée… M. le maire a certes raison de défendre son choix communal d’une charte de la langue corse surtout qu’il affirme  – comme nous – que la langue corse est le ciment de notre communauté mais le corse ne saurait être rabaissé à un hypothétique usage. Comme aujourd’hui, dans le cadre – intéressant –  de « a simana di a lingua corsa » où notre langue est un spectacle sur la place principale, pour tous ces touristes qui accostent notre ville, ballotés par les premiers jours de l’été et le départ du tour de France…

Notre langue est un atout en matière sociale, culturelle et économique. Elle peut être tout autant un vecteur d’emplois et de richesses. Elle doit pour cela retrouver sa place originelle au sein de notre société et de notre communauté.

M. Mela peut certes – faussement – s’en défendre mais c’est bel et bien sur le terrain du choix – idéologique – du développement qu’il se positionne. Et auquel  ici je m’oppose. M. Mela inscrit la commune selon un axe libéral d’une économie résidentielle (tout-tourisme) qui ne dit pas son nom. Je défends pour ma part – avec U RIACQUISTU DI PORTIVECCHJU – une stratégie progressiste  de développement durable et solidaire, axée sur notre identité et notre environnement. Avec cet inébranlable axiome : A TARRA HE DI U POPULU, E NESSUN CI PO PRATENDA !!!

Ulivieru SAULI

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by @Lazezu 

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