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J’ai toujours considéré que la politique, dans une démocratie, pouvait se résumer pour l’essentiel à la volonté de concilier le souhaitable avec le possible. C’est cette question qui est aujourd’hui au cœur des difficultés qui se manifestent entre les élus de l’assemblée de Corse et le gouvernement, sur la question particulièrement sensible de la langue Corse dont ils réclament la parité avec la langue français sur le territoire insulaire.

Je ne me suis jamais fait d’illusion sur l’aboutissement de cette revendication: question très sensible pour nous autres corses, la question de la langue est tout aussi sensible pour la communauté nationale : il n’est pas étonnant que chez nous elle ait été portée très longtemps par la seule famille nationaliste, car c’est effectivement, en Corse, pour cette famille en tout cas, une “question nationale centrale”.

Mais il ne faut pas s’étonner que de la même façon, dans une France en difficulté, mise à mal économiquement, déchirée par la question du communautarisme, aux prises avec la montée de l’extrême droite ce soit aussi une question sensible, touchant au cœur de la question nationale.

Manuel VALLS est donc dans son rôle quand il rappelle  ”qu’il n’était pas concevable que le français étant la langue officielle de la république selon la constitution , il y ait une autre langue officielle sur une fraction de son territoire”.

Je suis plus optimiste pour la suite, c’est à dire pour le sort qui pourrait être réservé à la prochaine délibération de l’assemblée de Corse, qui sera examinée dans quelques semaines, et ou les élus seront appelés à se prononcer sur une réforme des institutions territoriales.

Bien sûr, comme l’on précisé les juristes appelés en consultation, il faudra procéder à une révision de la constitution pour que l’assemblée de Corse obtienne satisfaction. Cependant, si l’on excepte la question du “statut de résident” tel qu’il est posé à ce jour, car il constitue d’une certaine façon un brûlot au même titre que la co-oficialité, il n’y a rien qui puisse s’opposer à une nouvelle évolution de nos institutions.

Manuel VALLS, comme on pouvait s’y attendre, a renvoyé la balle à l’assemblée et déclaré, comme l’avait fait François HOLLANDE à Ajaccio pendant la campagne, qu’il attendrait les propositions de la commission CHAUBON pour se prononcer.

Il faudra donc, le moment venu, ouvrir la concertation entre l’assemblée de Corse et le gouvernement: je ne doute pas qu’elles seront serrées, pas plus que je ne doute qu’elles se produiront.

Au cas ou le souhaitable des élus corses et le possible des instances gouvernementales auraient trouvé le chemin de la conciliation, il restera un obstacle de taille: trouver au congrès, c’est à dire la réunion de l’assemblée nationale et du sénat, la majorité des 3/5.

Je ne pense pas que le gouvernement puisse, seul, y arriver compte tenu de l’attitude de l’opposition nationale et du front de gauche. Les élus corses peuvent l’y aider, en prenant la peine d’aller à la rencontre  des groupes parlementaires des deux assemblées, comme je l’ai suggéré avec les amis du Club “La Gauche Autonomiste”..

VINCENT CARLOTTI

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by @Lazezu 

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