Produit CORSU E RIBELLU

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(Unità Naziunale – Publié le 13 avril 2018 à 13h23) Après plus de trois mois d’échanges, l’Etat a rendu une copie bien sèche, bien en retrait des enjeux, bien en-deçà des statuts et réformes qui se sont succédés de 1982 à 2002.

Après la clameur démocratique, venue du plus profond du Peuple Corse, ayant manifesté une aspiration très largement majoritaire à une autonomie pleine et entière, l’état a répondu par un article indigent de quelques lignes, que Jospin, Rocard ou Joxe n’auraient osé rédiger, et encore moins proposer.

« Les lois et règlements peuvent comporter des règles adaptées aux spécificités liées à son insularité ainsi qu’à ses caractéristiques géographiques, économiques et sociales ».

Deux lignes qui confirment, voire accentuent le mépris, le déni démocratique, l’arrogance technocratique affichés par Emmanuel Macron lors de ses discours d’Aiacciu et Furiani des 6 et 7 février derniers.

Oubliées les références solennelles au Peuple Corse de la période Mitterand, effacées les considérations historiques, culturelles, linguistiques ayant fondé depuis cinq décennies des mobilisations massives et en retour, des engagements forts de la part de l’Etat.

En lieu et place d’une ambition partagée, celle du règlement pacifique d’un conflit bi-séculaire, M. Macron répond par un texte rétrograde, qui nous ramène aux pires heures des relations entre la Corse et Paris : « L’Assemblée de Corse ne pourra proposer des expérimentations que si elle y est préalablement habilitée par la loi et le règlement »… Fermez le ban…è tira ti l’usciu !

Le préfet, le parlement et le « Monarque Président » seront donc seuls habilités à accorder aux institutions corses, aux conseillers exécutifs, aux élus le droit de réfléchir, débattre et proposer d’éventuelles adaptations législatives et réglementaires.

Et pour bien faire comprendre aux Corses qu’ils n’auront qu’un droit, celui de courber l’échine,

« il ne pourra y avoir de décision locale lorsque sont en cause les conditions essentielles d’exercice d’une liberté publique ou d’un droit constitutionnellement garanti ».

Cela consiste à dire en clair que les Corses ne pourront se prononcer ni sur la question de leur langue, ni sur le statut de résident, ni sur la fiscalité adaptée, ni sur la question de l’autonomie, etc.

Cinquante années de lutte, de sacrifices, de drames pour que Monsieur Macron n’offre comme seuls choix aux Corses que la soumission docile ou la disparition violente.
Cinquante années de « Riacquistu », de maturation démocratique, de foisonnement culturel, pour se voir opposer un retour à une « Francisata » ultra jacobine et ultralibérale et l’acceptation clairement assumée de la vengeance d’état.

Aux initiatives capitales qui se sont développées dans notre pays, dans le sens de l’effacement définitif de la violence politique, répondent coups de menton, rodomontades et rigidités technocratiques de la part de l’état et de ses représentants, tant à Paris qu’ici même.

Ce sont là des attitudes que nous, nationalistes corses, ne pouvons tolérer.

Ce sont là des réponses politiques d’un autre âge que nous, Corses, ne pouvons accepter.

Nous les assimilons à une gifle magistrale à notre Peuple, à son aspiration profonde à l’émancipation démocratique.

Cet article 72-5, tel qu’il nous est aujourd’hui jeté à la figure nous fait dire clairement que nous nous trouvons, encore et toujours, devant une page désespérément blanche.

Alors que nous avions la possibilité de fermer le chapitre d’un livre reprenant 50 années de conflit, l’état, et lui seul, a voulu s’arc-bouter dans un rapport de force suranné.

Pour toutes ces raisons, nous continuerons donc à emprunter le chemin qui est le nôtre depuis tant d’années, celui de la lutte démocratique, du combat d’idées, de la confrontation des projets au seul service des intérêts de notre Peuple et de son émancipation, sur le chemin de l’autodétermination.

A strada hè sempri longa mà u stintu ci arradicheghja.

U PARTITU DI A NAZIONE CORSA