« La #Corse face au courant communiste »

A chaque moment crucial de l’histoire de notre lutte, le courant communiste, représenté surtout par la CGT, se met en travers avec des arguments vicieux et arides.     

La langue corse

Pendant longtemps, le courant communiste était hostile à nos revendications sur la langue corse, en reprenant des arguments éculés : « pas de repli identitaire », « le corse s’apprend en famille », « la langue corse ne doit pas être la chasse gardée des nationalistes ». « il y a plusieurs variétés de langue corse, on ne se comprend pas entre nous ». Il était sur la ligne républicaine jacobine, comme une partie de la droite ou des « radicaux ».

Ces dernières années, changement de climat. La langue corse est de plus en plus menacée, tous les spécialistes indiquent que pour sauver une langue minorée, il faut l’officialiser. Et tous presque tous les pays du monde font ça. L’opinion corse s’accroche à sa langue et chacun se rend aux arguments que nous avançions, il y a des décennies, quand la corsophonie était plus vivace.

Les communistes corses (Front de gauche) qui comptent dans leurs représentants de parfaits corsophones (Dominique Buchini, Paul antoine Luciani) se sont donc convertis à la cooficialité. Argument: du moment que le français reste officiel, on est d’accord ! Ils devraient voter le projet de cooficialité présenté à l’Assemblée de Corse, et ils regrettent la trahison de Hollande sur la signature de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. C’est la position officielle, même si des responsables communistes du nord sont plus reservés (Michel Stefani).

C’est au sein des instances (et non des adhérants) de la CGT et de la FSU, noyau dur du courant communiste, que le travail de sape commence.

Premier argument contre le statut prévu par Giongha: on ne veut pas que le personnel éducatif soit transféré à la CTC, c’est un risque de clientélisme. Ce point est retiré du projet. Un argument spécieux en moins.

Deuxième argument: le corse obigatoire, c’est une discrimination face au français. Le même argument que françois TATI qui cherche cet électorat « communisant » pour les élections municipales bastiaises. Alors là, on rigole, le corse va discrimer le français, alors qu’il y a 200 ans que c’est l’inverse ! L’obliagtion d’une compétence minimale en langue corse pour un fonctionnaire exerçant en Corse est assimiliée à une discrimination. Alors qu’on va le former et qu’on ne l’oblige pas à postuler pour la Corse ! On rève !

Troisième argument : il y a des problèmes plus importants que la langue corse ; comme le chomage, le logement , la cherté de la vie. Et alors ? L’un n’empèche pas l’autre. Il faut à la fois améliorer ces grâves problèmes, en effet urgents, et sauvegarder la langue corse. Ou alors , il faut assumer , il faut qu’ils arrètent de dire qu’ils sont pour la sauvegarde du corse. Qu’ils disent qu’ils se fichent de la disparition du corse et que le plus important pour un humain c’est son entité socio-économique; paradoxalement c’est une vision parfaitement « mercantile » des choses, qui ignore tout aspect identitaire. Et encore que le capitalisme soit tout à fait apte à admettre les identités, du moment que cela ne heurte pas le portefeuille !

Ainsi au Conseil économique social et culturel, la CGT et la FSU n’ont pas approuvé le projet de cooficialité. Un petit crachat sur la tombe de nos ancètres, et sur les berceaux d’aujourd’hui.

La question sociale

Sur « la question sociale », le courant communiste estime avoir, par définition, sa longueur d’avance et veut la garder. Le 1er MAI, c’est sa grande heure de visibilité, et les conflits dans la fonction publique, ce sont ses grands combats.

Mais le fait que le STC , syndicat « de classe » issu de la lutte de libération nationale soit devenu la première force syndicale de l’île, en particulier dans le privé, leur reste en travers de la gorge.

Alors, au bout d’un moment certains délirent. Ainsi de Jean Pierre Battestini, agent d’ambiance syndical chez les travailleurs protégés, reponsable de la CGT-Finances. Obsédé par son idée, noble au départ, de justice sociale et fiscale, il conteste toute volonté de transfert de la fiscalité sur les successions en Corse. Après tout c’est son droit, les Corses ayant de petites successions qui devront vendre pour payer leurs droits apprécieront. Pire, il déclare dans une récente conférence de presse (photo), parlant de la CGT : »on est les seuls à poser la question sociale ». Ce qui est faux bien-sùr. Et puis, comment la poser ? Besançenot ne la pose pas de la même façon que Mario Prodi ou Lula.

Pour ne pas aller chercher très loin (de ce site) Rinnovu naziunali a affirmé des options sociales claires dans ce sens (cf motion d’orientaion du 10 mars).

Même si on se situe dans une perspective très « lutte des classes », en Corse, des nuances sont à apporter. La taille des entreprises et leur faible capitalisation ne permet pas toujours de s’en prendre systématiquement à un patron diabolisé  » suceur de sang de ses salariés ». Les secteurs vecteurs d’une forte tradition « ouvrièriste » (à la Marseillaise) se sont effondrés ou restructurés: les dokers, les marins. Le propriétaire de résidence secondaire, riche européen, qui s’enrichit de sa plus-value, qui encaisse ses loyers estivaux et les réinvestit ailleurs est un autre genre d’adversaire.

Le courant communiste corse se complait donc trop souvent dans la fonction publique administrante, habituée au « toujours plus » plutôt qu’au « toujours mieux ». Il capte une bonne partie de l’électorat français chez les fonctionnaires, ravis de trouver un repère. Pourtant ce syndicat, poussé par une partie de sa base ne peut rester insensible à un thème comme la corsisation des emplois. Avec la crise, cette rente syndicale s’étiole.

Ce courant pose avec d’autres des questions fondamentales pour les Corses : un service public utile socialement, l’emploi, les droits des travailleurs, la précarité, la cherté de la vie, l’éducation, le logement, la santé…Il faut lui reconnaitre ce mérite.

Mais ses visières « républicaines françaises » l’empèchent d’avoir une vision large de la société corse et du monde.

Oui, du monde, car ce courant, oubliant « l’internationalisme des origines » semble récalcitrant à toute confrontation hors des frontières « hexagonnales ». A part quelques Palestiens que l’on se doit de soutenir, ils ne ramènent en visite ici que des français. Ainsi de Cémentine AUTIN qui lors d’une visite à Aiacciu d’un groupe du Front de Gauche s’est empressée de se déclarer hostile à un statut pour la langue Corse car il faut « éviter toute tentation de repli identitaire  » (sic)

E TORNA VIGNALE CHI GHJE UN BELLU PAESE…

source

Revue de Presse et suite de l’article  : 

sur le JDC, Sur Alcudina, sur Corsica Infurmazione/Unità Naziunale, sur France 3 Corse, Sur Corse Net Info, sur Corse Matin, sur Alta Frequenza, sur RCFM, Sur ACP

Corsica Infurmazione: l’information de la Corse, des Réseaux sociaux et des Blogs politiques [Plateforme Unità Naziunale]

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