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Le débat d’orientation budgétaire constitue un moment essentiel de la vie d’une collectivité locale car il laisse entrevoir sa stratégie financière. Or, comme l’année dernière, une certaine récurrence vient appauvrir l’intérêt d’un tel moment. En effet, le constat financier est identique depuis des années : Des dépenses de fonctionnement qui chargent notre budget et nos capacités financières (sur l’exercice 2012 +2,3 %), une capacité d’autofinancement chancelante.

Pour apprécier la santé financière d’une ville deux indicateurs sont importants : l’épargne et l’encours de la dette.

Notre épargne brute est au rouge (-0,1 M€) L’épargne brute d’une commune est la part des recettes de fonctionnement qu’elle va pouvoir affecter à l’investissement. Elle est donc égale à la différence entre les recettes et les dépenses réelles de fonctionnement. L’épargne est donc un critère de bonne gestion financière d’une commune, un peu comme un ménage qui économise une partie de son revenu pour l’investir dans l’acquisition d’un logement. L’épargne ne peut être négative.

A cela s’ajoute dans l’analyse l’encours de la dette. L’encours de la dette est l’ensemble du capital qui reste à rembourser pour tous les emprunts que la commune a contractés. Si l’essentiel de l’épargne brute sert à rembourser le capital des emprunts ce qui est notre cas l’autofinancement des équipements sera faible. La commune devra alors compter principalement sur les subventions. Nous l’avons vu cette année encore il suffit d’un retard dans le versement des subventions pour que l’ensemble du projet soit remis en cause. C’est un problème d’ingénierie politique, c’est un problème de capacité à s’autofinancer. Les marges de manœuvres budgétaires sont tellement faibles que pèsent sur ses projets structurants l’épée de Damoclès, l’incertitude. La matière fiscale, c’est une vérité, s’accommode mal de l’incertitude.

Il y a bien des choses que nous aurions voulu voir dans ce DOB:

1- Comment maitriser les dépenses, organiser des plans d’économie qui suppose un bouleversement chez le politique dans la manière de concevoir son action. Vous l’abordez sans dire comment vous allez faire !!!!! Face au gel des dotations, comment mieux dépenser, pourquoi, pour qui ??? Quels objectifs au service de quelle vision du développement et sur quelle période. Quels sont les indicateurs de suivis mis en place afin d’assurer une veille sur les dépenses et les résultats de vos actions CORRECTIVES ?

2- le partenariat avec les autres acteurs publics : L’évolution du contexte socio-économique local pousse à communautariser les projets et donc les dépenses. Les relations financières avec les partenaires que sont l’Etat, le conseil général, la CTC, la CAPA, la chambre de commerce etc….Vos idées en matière de PARTENARIAT et de COFINANCEMENT. Face à la dispersion de l’intervention publique la recherche des partenariats, des cofinancements sur des sujets précis, la délégation de compétence permet à la collectivité concernée de se recentrer sur les objectifs primordiaux et d’éviter ainsi les saupoudrages qui rendent illisibles et inefficaces l’action publique.

Il est donc exact que les collectivités sont aussi frappées par la crise financière, le nier serait VAIN, cependant en faire le principal argument de vos difficultés c’est masquer la réalité ou du moins transposer une tendance générale nationale à votre propre gestion comme pour mieux en justifier les carences. Pour quelles raisons et il faut se poser la question l’état demande aux collectivités d’engager des efforts financiers. Car ces dernières ont usés et abusés de leur faculté à dépenser inconsidérément (CLIENTELLISME, ABSENCE D’ECONOMIE, SYSTEMATISATION DE L’EMPRUNT,). En dix ans, les dépenses du bloc communal (communes et communautés de communes) ont augmenté d’environ 1,5 milliard par an. C’est 500 euros de plus par ménage chaque année. La dépense publique atteint désormais, pour le bloc communal, environ 2 000 euros par Français et par an, soit plus d’un mois de revenus en moyenne. Les maires invoquent souvent le transfert de compétences de l’Etat pour se justifier, mais c’est une mauvaise excuse. Selon l’observatoire des finances locales du ministère des Finances, entre 2002 et 2011, les communes et les communautés d’agglomération ont augmenté leurs dépenses de près de 16 milliards d’euros Pourtant, l’Etat n’a transféré aucune nouvelle compétence aux communes susceptibles d’engendrer des coûts pendant cette période, contrairement à ce qu’il a fait pour les départements ou les régions. La diminution des dotations touchent plus les départements et les régions plutôt que les communes…votre document l’explique clairement (la dotation forfaitaire progresse, la dotation de solidarité urbaine stagne, la DGF ne diminuerait que de 0,05%).

Ce que je regrette par-dessus tout, c’est que vous faites de ce débat d’orientations budgétaires un document de propagande, un substrat du « Politik Bureau ». Nous y sommes habitués tant l’action quotidienne de la municipalité se résume à de l’affichage médiatique. Grattez le vernis de la gauche et il restera la dure réalité : l’appauvrissement de notre ville, le climat social délétère, des finances difficilement maitrisées. Le décalage de votre document avec la réalité est bien grand. Pour ce qui concerne les Ajacciens, vous parlez de lien social, d’aide aux ménages, d’épanouissement dans la cité, de qualité de vie alors que vous êtes l’équipe qui dans le cadre de la CAPA dont nous sommes dépendants avez augmenté la TOEM, le prix de l’eau et dans le cadre municipal les horodateurs etc….Vous avez crée de la pression fiscale sur les foyers en instaurant des dépenses profondément injustes. Vous ne pouvez séparer votre politique de gestion municipale à la CAPA et les effets INDESIRABLES sur Ajaccio. Les deux sont étroitement liées.

A ce constat, vous nous opposez éternellement l’action sociale de la municipalité, le fameux « Bon Vivre ensemble » dont vous êtes coutumier et qui clos tous débats. La question qui se pose à vous et pour laquelle nous apporterons bientôt une réponse est de savoir si depuis 12 ans Ajaccio est plus sociale qu’une ville d’envergure équivalente. Poser la question c’est déjà y répondre tant les mouvements de grèves et dans tous les domaines se multiplient, tant la paupérisation de certaines catégories de la population et de certains quartiers n’est plus à démontrer, tant les besoins élémentaires d’une strate entière de la population restent loin d’être assouvis…….c’est le cas de le dire votre DOB nous laisse perplexes.

UNION POUR AJACCIO / JF LAUDATO

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