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Que peut-on dire de ce qui s’est passé durant la semaine écoulée à la Cour d’Assises spécialement composée devant laquelle comparaissaient dix de nos amis, dix camarades Résistants Basques. ?

On peut commencer par l’attitude des presos. Désormais, ils/ elles ne se contentent plus de refuser de répondre aux questions, souvent provocatrices, du Président ou de l’Avocat Général, ils/elles les ignorent.

A plusieurs reprises la défense s’est indignée de voir non satisfaites les demandes d’ordre pratique que les prévenus avaient faites dès le début du procès :

-A Fleury, les presos sont toujours réveillés extrêmement tôt (cinq heures) pour un retour très tardif à la MA avec des heures d’attente.

-Le menottage dans le dos continue. En particulier pour Mikel Karrera qui a pourtant présenté un certificat établi par le médecin de la M.

-On peut rappeler aussi le maintien du refus de laisser passer aux presos les sandwichs préparés à leur intention par leurs familles. Alors qu’il est connu que la nourriture proposée au Palais est infecte.

-Quant aux possibilités de contact entre prévenu et proche, il n’y a plus d’autorisations de données, et c’est seulement en fin de journée qu’il arrive que les gardes ne s’opposent pas à une accolade acrobatique par-dessus la barrière.

Autrement dit, tout ce qui avait été obtenu dans les précédents procès depuis des mois, et alors que cela n’a jamais gêné qui que ce soit ni entraîné le moindre incident est , dans ce procès, refusé.

Le Président s’en lave les mains, allant jusqu’à dire qu’il a fait tout ce qu’il pouvait, ce qui est faux, au moins pour les contacts entre proche et preso.

L’Avocat Général Jean-François Ricard , quant à lui, ne se donne même plus la peine de s’exprimer, alors que ses prédécesseurs avaient ,sur ce sujet en tout cas, obtenu des résultats auprès de l’administration pénitentiaire.

Alors que la Défense insiste sur la fatigue accumulée depuis le début du procès, sur le fait que deux des accusés, Mikel Karrera et Garikoitz Aspiazu ont un deuxième procès qui les attend en avril, ce qu’on constate c’est que de façon concrète tout est fait pour étirer au maximum les audiences : défilés d’experts invraisemblables, absence d’organisation ( durée des témoignages et des interrogatoires surdimensionnés, pauses à rallonges, etc..), horaires d’ouvertures d’audiences non respectés (plus d’une demi-heure de retard parfois), etc..Tout cela se traduisant par une fatigue supplémentaire pour les accusés. La fatigue des accusés ? Silence…on continue comme si de rien n’était.

Plus grave encore: le refus obstiné d’admettre que la torture puisse même simplement exister dans le Royaume d’Espagne. Ce n’est pas le premier procès où cela se produit, cela s’est produit dès le début de ce procès, mais vendredi dernier, l’individu Ricard avait visiblement décidé de frapper un grand coup, longuement mûri.

Pour répondre par avance à la Défense qui pose toujours, et d’ailleurs à juste titre si on s’en réfère aux faits, la question : « pourquoi les militants d’ETA font des aveux lors de leur arrestations en Espagne et pas en France ? », l’individu faisant office d’Avocat général, produit une liste d’interpellés basques ayant accepté de répondre à des enquêteurs français.

Une liste très courte, sans aucune mesure comparable à celle qui pourrait être faite de l’autre côté de la ligne de démarcation. Une liste qui comprend essentiellement des noms de personnes ayant simplement collaboré avec l’organisation, voire même simplement fermé les yeux, avec pratiquement aucun nom de militants ayant reconnu leur appartenance à ETA. Et de conclure , refrain connu, que les dénonciations de torture ou mauvais traitements, ne correspondent à aucune réalité mais sont une application d’une consigne d’ETA .

Mais cet individu ne s’en arrête pas là et, comble de la perversité, du dégueulasse pour parler clairement, fait état d’un texte attribué à un des prévenus, où celui-ci se réjouirait du bon tour fait par Igor Portu et Mattin Sarasola pour faire croire qu’ils avaient été torturés. En fait , une lecture, une interprétation personnelle d’un texte en basque, pour lui faire dire ce qu’il ne dit pas.

Pour nous qui avons gravé dans nos têtes de façon indélébile les photos du visage d’Unai Romano avant et après ses « interrogatoires », ou celles du dos d’Iratxe Sorzabal, cette volonté de nier, jusqu’à la simple possibilité de la torture en Espagne, et la façon de le faire, sont proprement écœurantes. A vomir.

Le pire du pire a sans doute été lorsque lundi l’Avocat général a osé se présenter en pourfendeur de la torture, cette horreur absolue, abominable. La torture en général bien sûr. La torture quand on ne la pratique pas sans doute.

A titre personnel, je voudrais rajouter que j’admire le sang -froid et la dignité de nos dix camarades face à de tels propos. Car eux ne sont pas là en simples observateurs, simples témoins. Ce sont eux qui subissent, ce sont eux qui souffrent…au nom du Peuple français!

Michel Combes pour Txalaparta

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