Produit CORSU E RIBELLU

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Sous la Grecque antique, la cité désignait sous le terme de « polis », une communauté de citoyens libres et autonomes. Cette notion de « polis » peut être ainsi comprise comme une entité politique structurée tout comme un site qui relie indivisiblement une ville à son territoire et à son écosystème.

Olivier SauliLe golfe de la Cité du sel, sa situation actuelle et les projets le concernant mettent en évidence une politique irrationnelle de prétendu développement ou la gabegie semble tenir lieu de ligne directrice … L’annonce des futurs dragages et déroctages confirme cette gabegie. Organisés semble-t-il dans le cadre du Grand Départ du tour de France cycliste 2013, ils matérialisent le choix d’une logique économique irrationnelle qui se traduit par une non maîtrise de l’aménagement tant portuaire, écologique qu’urbanistique.

Ils confirment surtout que ce choix tourne résolument le dos à une orientation économique régulée prenant en considération la structuration naturelle du golfe, l’exploitation rationnelle de ses potentialités et sa projection d’une évolution maitrisée. Ce choix est celui d’une municipalité qui depuis des années fait sienne l’option – stratégique – de l’économie résidentielle qui insère la commune dans un schéma de « désanctuarisation »…

Le golfe et son pourtour côtier mais aussi la ville dans son ensemble avec ses hameaux et ses territoires ont subi un développement qui a gravement altéré notre tissu et lien social. Je fais ainsi mienne l’analyse de Vannina Bernard – Leoni (Directrice de « a Fundazione di l’Università ») qui explique fort bien dans « Paroles de Corse » d’octobre 2012 l’atomisation du tissu et du lien social : « En Corse, on est sensible au beau et aux questions environnementales. A l’évidence les plus durs mouvements de protestation politique, de l’Argentella à la bétonnisation en passant par les « Boues Rouges » ont une origine écologique.

Mais depuis quelques décennies, les menaces sont plus diffuses, et les corses, inquiets, découvrent que la détérioration du patrimoine naturel n’est pas le seul risque. L’étalement urbain, avec son chapelet de lotissements et de centres commerciaux, est un danger plus insidieux, et sans doute plus grave. Car au-delà de la défiguration qu’il peut engendrer, le mitage périurbain produit aussi l’atomisation du lien social, et quand les transformations de l’urbanisme conduisent à de telles transformations culturelles, c’est tout un art de vivre ensemble qui en prend un coup. »

La justesse de cette analyse sied – plus ou moins – à l’état de notre corps sociétal porto – vecchiais. Ce canevas explique l’aménagement brouillé du golfe où se mélange port de commerce (à rentabilité économique limitée) et port de plaisance saturée. L’ensemble dans un environnement côtier riche en Zones Naturelles d’Intérêts Ecologique Faunistique et Floristique (Z.N.I.E.F.F. du Lavunieddu, de Georges Ville – La Sauvagie, et du Stabiacciu), mais détérioré par une dépossession foncière et immobilière autant inesthétique que déstructurant (Marina di Fiori, Piccuvaghja, route de Palumbaghja). Attaché à une perception territoriale du développement de la Corse, eu égard à ses frontières naturellement délimitées, j’ai toujours prôné une approche globale de son essor économique. La complémentarité naturelle de ses régions me paraissant un des éléments essentiels de cet essor.

C’est pour cela que J’ai été opposé à l’extension d’un port de commerce autant onéreux qu’à terme inutile. J’ai plutôt défendu cette vision économique qui privilégie la plaisance et le secteur de pêche, à partir du moment où cette vision intègre les réalités humaines, communales et environnementales de notre cité et du golfe. L’intérêt général nous invite à considérer la situation du golfe de Portivecchju selon un schéma global de la Corse et de son économie. A l’instar de Dumenicu Bucchini qui dans le livre « Exceptions corses » n°1 affirme : « Les choix d’aménagement de l’espace ne peuvent être séparés du modèle que nous souhaitons pour la Corse et dont le Plan d’Aménagement et de Développement Durable pour la Corse (Padduc) sera le cadre de référence. » Qui plus est – dans le cadre du système en place – le ministre français délégué chargé de la décentralisation, Madame Anne Marie Escoffier a expliqué il y a peu une possible évolution de l’intercommunalité soutenant que cette dernière est un « instrument privilégié pour offrir aux populations des services publics de qualité, devrait franchir une nouvelle étape avec le projet de loi sur la décentralisation ». En ajoutant que, dans le cadre des compétences obligatoires des structures et de leur renforcement « Il sera notamment proposé au Parlement de confier dorénavant à l’intercommunalité l’établissement du plan local d’urbanisme ». Ce qui laisse supposer que l’on pourrait repenser un schéma de cohérence territoriale particulièrement en matière de développement industriel et portuaire. En cohésion aussi avec les repères maritimes, géographiques et paysagers. On ne peut décemment penser l’évolution de notre cité selon le prisme déformant des logiques de chapelles jalousées auxquelles n’échappent guère un grand nombre de municipalités dont la nôtre… Ces logiques – qui nourrissent des desseins particuliers et affairistes – s’opposent à l’intérêt général et au bien communal. Elles participent à l’étiolement de notre communauté et de ses valeurs.

C’est sans surprise que je découvre que la municipalité sortante – aidée en cela par la dite étude de la Direction de l’Environnement – défend le principe des dragages et des déroctages. Bien sur les rejets sont « sans risque de pollution, et sans impact sur le milieu marin »… Cela s’inscrit benoitement dans leur choix stratégique de prétendu développement pour la commune… A qui peut – on décemment faire croire que creuser 10 hectares jusqu’à une profondeur de 8.50 mètres avec une extraction de 220 000 tonnes de sédiments marins immergés à la sortie du golfe et à trois kilomètres des côtes est sans effets ? Certains exploitants touristiques concernés par ces rejets apprécieront la considération qu’on leur accorde… Par contre je m’interroge sur la position du conseiller général de notre canton. J’ai pu constater (Corse – Matin du 2.01.2013) que ce dernier défendait le principe des opérations de dragage : « Elles devraient permettre l’accueil de nouveaux navires et par extension de milliers de personnes, dans le cadre notamment du Tour de France ». Il n’est pas censé ignorer que ces opérations de dragages en engendreront – inévitablement – d’autres. Avec le coût que cela suppose (on évoque un coût de 9 millions d’euros pour celles de 2013). Avec à terme, le risque – avéré – d’influer irrémédiablement sur l’équilibre naturel du golfe. Est – ce ainsi que l’on contribue à favoriser un tourisme identitaire ?

Je reste pour ma part attaché au principe de promouvoir une vision du développement économique et social qui – aux antipodes de nourrir ces appétits factionnels – s’appuie surtout sur la volonté de promouvoir en la matière, un projet complémentaire d’aménagement portuaire de plaisance, d’activité touristique et de pêche, d’aménagement urbain et côtier, l’ensemble selon les réalités naturelles du golfe. Cela en totale adéquation avec l’identité historique de Portivecchju, historiquement affermie et affirmée. Portée par nos familles, partagée et épousée par toutes celles et ceux qui veulent s’intégrer à notre communauté, et dans le respect de son territoire.

Avec U RIACQUISTU DI PORTIVECCHJU c’est cette philosophie que j’entends défendre.
Ulivieru SAULI

Suite et source de l’article 

Corsica Infurmazione: l’information de la Corse, des Réseaux sociaux et des Blogs politiques [Plateforme Unità Naziunale]

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