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#Corse @JeanGuyTalamoni « Stu paese da fà, l’avemu da custruì ancu puru senza l’accunsentu di Parigi, di i so prefetti » – Pierre-Jean Luciani tourne le dos au Président de l’Assemblée

(Unità Naziunale – Publié le 28 mars à 12h20) Pendant les discours en langue Corse des élus du mouvement national, dont celui de Romain Colonna, et Jean-Guy Talamoni, Pierre-Jean Luciani a eu une position de rupture avec la majorité en sortant de la salle dans un premier temps, puis en tournant le dos dans un deuxième.

Voici le discours du Président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni


Chers collègues,

Au seuil de mon propos, je voudrais avoir une pensée pour Emmanuelle Antoni, agent de notre Collectivité, partie dans la fleur de l’âge, au début du mois, au terme d’une longue maladie. Emmanuelle Antoni était la fille de Martin Casanova, ancien agent du Secrétariat Général. Nous pensons à ses parents, à sa soeur, à son époux et à tous les siens.

Nous avons appris avec beaucoup de tristesse la disparition de Christian Luciani, également agent de la Collectivité. Il travaillait au Lycée de Balagne. Nous pensons à tous ceux que ce deuil affecte.

Vendredi dernier, le terrorisme islamiste a fait à nouveau quatre victimes à Carcassonne et Trèbes. Le même jour, à Paris, Mireille Knoll, une femme de 85 ans, juive, était assassinée dans sa maison, en raison de sa religion. Pour toutes les victimes du terrorisme islamiste et de l’antisémitisme, je vous demande d’observer une minute de silence.

Depuis plusieurs mois, nous discutons avec le gouvernement parisien pour tenter de faire avancer les affaires de la Corse et des Corses. La révision de la Constitution n’était pas seulement un dossier technique. Le but était pour nous d’obtenir les moyens juridiques nécessaires pour régler un certain nombre de problèmes, très concrets, comme par exemple la fin des arrêtés Miot et ses conséquences. C’est la raison pour laquelle nous avons travaillé sans relâche pour convaincre les responsables politiques que nous avions face à nous de prendre en compte les délibérations de notre assemblée. Aujourd’hui nous sommes contraints de constater que, de l’autre côté de la table, il n’y a eu aucune bonne volonté, aucun respect du fait démocratique, aucune honnêteté intellectuelle.

Malheureusement, nous ne parlions ni avec les enfants de Mendès France, ni avec ceux de Michel Rocard. Nous avions devant nous l’autre côté de la France éternelle : celui du mépris et de l’arrogance. Il y a plusieurs dizaines d’années, Ho Chi Minh déclarait: « Par amour de la paix, nous avons fait des concessions.

Mais plus nous en faisons, plus les colonialistes français en profitent pour empiéter sur nos droits. » Aujourd’hui, ce côté de la politique française n’a pas changé. Quand vous êtes à Paris, dans ces palais, que vous voyez de l’autre côté de la table un ministre entouré par des préfets qui n’ont manifestement aucune sympathie pour la Corse et ses représentants, vous vous dites qu’il sera très difficile de progresser dans les discussions.

Le Président de la République a reconnu lui-même qu’il était cerné par les « faucons » de préfectorale. Cette préfectorale, gardienne du temple branlant du jacobinisme. Gardienne également de ce qu’il reste de l’empire colonial… Malgré tout, nous avons cherché à discuter.

En vain. Ces derniers jours, nous savions que l’article constitutionnel écrit à Paris ne serait pas à la hauteur des demandes et des besoins de la Corse.

Mais les représentants du gouvernement ne voulaient pas le reconnaître. Il a fallu insister pour leur faire dire ce que nous savions déjà. Ils ont fini par l’avouer :

  • – Non, ils ne mettront pas en oeuvre le transfert de la fiscalité du patrimoine demandé, à l’unanimité, depuis des années, par l’Assemblée de Corse.
  • – Non, ils ne nous donneront pas les moyens juridiques de défendre la terre corse contre la spéculation.
  • – Non, la langue corse ne sera pas reconnue comme une compétence professionnelle, comme l’avait annoncé Emmanuel Macron à Bastia.
  • – Non, il ne sera pas question d’autonomie de la Corse dans la Constitution, malgré, ici encore, le discours présidentiel de l’Alb’Oru.

Nous ajouterons que, pendant ces discussions, aucun geste significatif n’a été fait pour les prisonniers et que les juges continuent de convoquer des militants nationalistes dans de vieux dossiers, sans lien avec la réalité actuelle.

A travers ce comportement, qu’aura réussi à démonter Paris ?

  • – En premier lieu, qu’il n’y a pas de démocratie pour les Corses. Les nationalistes se souviendront qu’ils ont obtenu bien d’avantage pendant le conflit lorsqu’ils étaient minoritaires (3 statuts particuliers, réouverture de l’Université, mesures pour l’enseignement de la langue…) qu’aujourd’hui, dans un climat de paix et en ayant obtenu une majorité absolue de 57% des votes !
  • – En second lieu, que le système juridique français ne permet pas de prendre en compte les intérêts des Corses. Comme le déclarait en 1974 Libert Bou, représentant du gouvernement de l’époque : « même 200 000 Corses autonomistes ne pourraient faire modifier la Constitution ». Depuis quelques jours, chacun aura compris que, de ce point de vue, les choses n’ont pas changé de l’autre côté de la mer.

Alors, que faire à présent ?

  • – Pour commencer, prendre conscience de notre force, celle que nous ont donnée les Corses et la démocratie. Le peuple corse a toujours donné des preuves de sa capacité de mobilisation et je suis convaincu qu’il ne restera pas inerte face à cette situation.
  • – Ensuite, répondre à tous les Libert Bou d’aujourd’hui, que la Constitution ne peut faire changer la volonté politique du peuple corse.
  • – Enfin, décider que ce « pays à construire », nous allons le bâtir même sans l’accord de Paris, de ses préfets et de ses textes juridiques.

Bien entendu, notre nouvelle Collectivité devra être un outil majeur au profit de cette construction. Elle doit être au coeur de l’action. Elle doit se mettre au service du peuple, au service de ceux qui veulent construire ce pays, qu’ils soient maires, militants culturels, associatifs… Tous ceux qui sont sur le terrain, acteurs publics ou privés. Notre volonté est de soutenir ceux qui se battent pour sauver la langue, ceux qui luttent pour protéger la terre, ceux qui portent un projet de développement économique…

Outre ses ressources naturelles, la Corse est surtout riche de son capital humain. Il nous appartient, en notre qualité d’élus de la Corse, d’être toujours plus près de ces forces vives, celles qui font vivre nos villages, qui s’engagent pour les autres, celles qui portent des projets modernes et innovants.

Si nous tirons tous ensemble, nous rendrons notre langue officielle avec nos moyens et notre volonté politique.
Si nous tirons tous ensemble, nous défendrons notre terre et, comme l’a dit récemment le Président de la SAFER, “nous ne laisserons pas faire”, que ce soit à Linguizzetta ou ailleurs.
Si nous tirons tous ensemble, nous développerons notre économie sur la base des orientations décidées ici par notre Assemblée.

Quant aux relations avec Paris, nous aurons à les modifier, afin d’imposer, demain, des discussions sur un plan d’égale dignité.

Pour cela, il faut mettre en oeuvre de nouveaux rapports de force politiques avec le soutien et la mobilisation de l’ensemble des Corses. Je veux dire pour terminer qu’il ne faut pas être déçu, même si une occasion politique a été manquée. Je veux dire ma confiance en notre capacité collective à affronter cette situation et à préparer l’avenir.

Je vous remercie. À ringrazià vi.


Care culleghe, cari culleghi,

Nanzu di principià, vogliu avè una pensata per Emmanuelle Antoni, agente di a nostra cullettività, chì ci hà lasciati à u fiore di l’età, à u principiu di u mese, dopu à una longa malatia. Emmanuelle Antoni era a figliola di Martin Casanova, anzianu agente di u secretariatu generale. Pensemu forte à i so parenti, à a so surella, à u so maritu è à tutti i soi.

Avemu amparatu l’altr’eri cù assai tristezza a morte di Christian Luciani, anc’ellu agente di a cullettività. Christian Luciani travagliava à u liceu di Balagna. Pensemu dinù à tutti quelli afflitti da stu dolu.

Venneri scorsu, l’islamismu terruristu hà fattu torna quattru vittime in Trèbes. Listessu ghjornu, in Parigi, Mireille Knoll, una donna di 85 anni, ghjudea, era assassinata in casa soia, per via di a so religione. Per tutte e vittime di u terrurismu islamistu è di l’antisemitisimu, vi dumandu d’usservà un minutu di silenziu.

Dipoi parechji mesi, discutemu incù u guvernu pariginu per circà à fà avanzà l’affari di a Corsica è di i Corsi. A revisione di a Custituzione ùn era solu un cartulare tecnicu. U scopu era per noi d’ottene i mezi ghjuridichi per regulà uni pochi di prublemi, cuncreti assai, cum’è per indettu a fine di l’arrestati Miot è e so cunseguenze. Hè per quessa ch’avemu travagliatu senza stancià per cunvince i rispunsevuli pulitichi ch’aviamu davant’à noi di tene contu di e deliberazione di a nostra Assemblea.

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Oghje, simu custretti di custattà chì, di pettu à noi, ùn ci hè statu nisuna bona voluntà, nisun rispettu di u fattu demucraticu, nisuna onestità intellettuale.

Disgraziatamente, ùn parlavamu nè incù i figlioli di Mendes France nè incù quelli di Michel Rocard. Aviamu davant’à noi l’altru latu di a Francia eterna : quellu di u disprezzu. Parechje decine d’anni fà, dicia Ho Chi Minh: « Per amore di a pace, avemu fattu cuncessione. Ma più ne femu, più i culunialisti francesi ne prufittanu per calpighjà i nostri diritti. »1 Oghje chì ghjè oghje, stu latu di a Francia ùn hè mancu à pena cambiatu.

Quand’è vo site in Parigi, in sti lochi quì, chè vo avete di l’altru cantu di u tavulinu un ministru circundatu da uni pochi di prefetti chì tenenu a Corsica quant’è u fume à l’ochji, pudete dì chì l’affari sò in francese è chì serà assai difficiule d’avanzà. L’hà ricunnisciuta ancu u Presidente di a Republica, ch’ellu era inturniatu da i falchi di a prefetturale. Issa prefetturale guardiana di u tempiu cunquassatu di u giucubbinisimu. Guardiana dinù di ciò chì ferma di l’imperu culuniale…
Eppuru avemu pruvatu à discute. In vanu.
St’ultimi ghjorni, a sapiamu chì l’articulu custituziunale scrittu in Parigi ùn serebbe à l’altezza di e dumande è di i bisogni di a Corsica. Ma ùn la vulianu dì, i riprensententi di u guvernu. Ci hè vulsutu à insiste per fà li ricunnosce ciò chè no sapiamu digià. È anu finitu per cappià u pezzu :

– Innò, ùn metteranu in ballu u trasferimentu di a fiscalità di u patrimoniu dumandatu, à l’unanimità, dipoi anni è anni, da l’Assemblea di Corsica.
– Innò, ùn si puderà difende a terra corsa contru à a speculazione.
– Innò ùn si puderà fà di a lingua corsa una cumpetenza prufessiunale ricunnisciuta di modu ufficiale, cum’ellu l’avia annunciatu Emmanuel Macron in Bastia.
– Innò ùn si parlerà d’autunumia di a Corsica dentru à a Custituzione, malgratu, quì dinù, u discorsu presidenziale di l’Alboru.

Aghjustemu chì, mentre ste discussione, nisun gestu significativu ùn hè statu fattu per i prigiuneri, è chì i ghjudici cuntinueghjanu à cunvucà militanti naziunalisti per affari vechji, senza lea incù a realità oghjinca.

Cosa averà riesciutu à pruvà Parigi incù stu cumpurtamentu ?

– In primu locu, chì demucrazia ùn ci n’hè per i Corsi. I naziunalisti s’arricorderanu chì anu ottenutu assai di più durante u cunflittu quand’elli eranu minoritarii (trè statuti particularii, riapertura di l’Università, misure per l’insignamentu di a lingua…) chì avà, incù a pace è essendu maiuritarii à 57% di i voti!
– In secondu locu, chì u sistema ghjuridicu francese ùn permette micca di piglià in contu l’interessi corsi. Cum’ellu a dicia in lu 1974 Libert Bou, ripresentantu di u guvernu : « Mancu dui centu milla Corsi autunumisti ùn puderebbenu fà mudificà a Custituzione ». Dipoi qualchì ghjornu, ognunu averà capitu chì, di stu puntu di vista, l’affari ùn anu cambiatu da mare in là.

Allora, cosa feremu avà ?

– Per principià, piglià cuscenza di a nostra forza, quella chì ci vene da i Corsi è da a demucrazia. U populu corsu hà sempre datu a prova di a so capacità di mubilizazione è sò cunvintu ch’ellu ùn fermerà zittu di pettu à sta situazione.

– Dopu, risponde à tutti i Libert Bou oghjinchi chì a Custituzione ùn pò fà cambià a vuluntà pulitica di u populu corsu.

– Infine, decide chì stu « paese da fà », l’avemu da custruì ancu puru senza l’accunsentu di Parigi, di i so prefetti è di i so scritti ghjuridichi.
Di sicuru, a nostra nova cullettività deve esse un arnese maiò à prò di sta custruzzione. Deve esse in core à l’azzione. Si deve mette à u serviziu di u populu, à u serviziu di quelli chì volenu fà stu paese, ch’elli sianu merri, militanti culturali, assuciativi… tutti quelli chì sò nant’à u terrenu, attori publichi o privati.
A nostra primura hè di sustene quelli chì si battenu per salvà a lingua, quelli chì lottanu per prutege a terra, quelli chì anu un prugettu di sviluppu ecunomicu…
Aldilà di e so risorse naturale, a Corsica hè sopratuttu ricca di a so ghjente. Tocca à noi, eletti di a Corsica, à esse sempre più vicini di ste risorse umane, quelle chì facenu campà i nostri paesi, quelle chì s’impegnenu per l’altri, quelle chì portenu prugetti muderni è innuvativi.

S’è no tiremu tutti inseme, a nostra lingua a feremu ufficiale incù i nostri mezi è a nostra vuluntà pulitica.

S’è no tiremu tutti inseme, a nostra terra l’avemu da difende, è cum’ellu l’hà detta u presidente di a SAFER ùn hè tantu, « Ùn lascieremu micca fà ! », nè in Linguizzetta nè altrò.

S’è no tiremu tutti inseme, a nostra ecunumia, l’avemu da sviluppà à parte di l’urientazione decise quì da a nostra Assemblea.

In quant’à e rilazione incù Parigi, ci tocca à cambià le, da impone, dumane, discussione nantu à un pianu d’uguale dignità. Per quessa, ci vole à mette in ballu novi raporti di forza pulitichi incù u sustegnu è a mubilisazione di l’inseme di i Corsi.

Vogliu dì per compie chì ùn ci vole à esse dillusi, ancu s’è un uccasione pulitica hè stata persa.

Vogliu dì a mio cunfidenza in a nostra capacità cullettiva à dà capu à sta situazione è à appruntà l’avvene.

À ringrazià vi.

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