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Toutes les langues d’Europe sont nécessaires à l’identité de l’Europe et il y a en Europe plusieurs centaines de langues. Chacune d’entre elles est consubstantielle de l’identité culturelle européenne.

FrancoisAlfonsiOr une approche scientifique existe, elle porte sur le monde entier puisque c’est l’UNESCO qui l’a mise en place et la met en œuvre qui conduit à porter un diagnostic de la santé des langues à partir d’un certain nombre de critères qui sont des critères notamment de transmission générationnelle mais aussi de nombre de locuteurs, de la densité des locuteurs dans la population où ils résident et aussi de différents critères techniques par rapport aux nouveaux médias, par rapport à l’apprentissage et les moyens et les méthodes d’enseignement etc…

Ce diagnostic tel qu’il est posé permet d’affirmer aujourd’hui qu’il y a en Europe puisque c’est le sujet de ce rapport plusieurs dizaines de langues qui sont concernées par une menace plus ou moins forte, plus ou moins proche de disparition et d’extinction.

C’est une question qui n’est pas nouvelle. Le Parlement européen il y a déjà une bonne trentaine d’année s’est souciée de cette question là des langues minoritaires et c’est d’ailleurs un travail de la commission de la culture du Parlement européen, qui devenu ensuite résolution, est devenue la Charte européenne des langues minoritaires du Conseil de l’Europe.

Et donc le Parlement a eu un rôle positif déjà par le passé, un rôle remarqué et remarquable et je crois qu’aujourd’hui il lui faut revenir à la tâche car la situation notamment ces dix dernières années n’est pas satisfaisante et on observe non seulement une accélération de l’érosion de la diversité culturelle européenne mais aussi on observe un relâchement dans les politiques publiques alors que il s’agit bien d’un patrimoine européen. Une langue c’est bien sûr le patrimoine de la communauté linguistique qu’il l’apporte mais au plan de la culture c’est un patrimoine de l’ensemble de l’Europe. Le corse qui est la langue de la région d’où je viens est une langue dont le patrimoine est celui bien sûr des corses mais c’est aussi une langue européenne avant d’être une langue française ; le corse existait avant que la Corse soit française. Et donc je crois que l’Europe a déjà structurellement une mission de veiller à la question des langues et de sa diversité culturelle.

Et d’autre part il y a un intérêt dans la mesure où la diversité culturelle est pour l’Europe un élément très fort de sa capacité d’action, de sa capacité d’attraction et aussi de sa capacité de production culturelle car c’est dans al diversité que l’on multiplie les imaginaires, on multiplie les thèmes, qui permettent d’augmenter le volume général et l’attractivité de la création culturelle européenne.

Alors il y a des situations très contrastées en Europe. Il y a des pays qui sont à mettre à l’honneur pour la qualité de leur politique en faveur des langues minoritaires. Je pense par exemple à la Finlande et à la langue saamie où il y a depuis 25 ou 30 ans une action politique extrêmement forte et très fructueuse. A contrario, on ne donnera pas de nom, mais malheureusement il y a d’autres Etats qui refusent d’accepter la diversité culturelle qui existe sur leur territoire et je pense que, en agissant de la sorte, ils font injure à la démocratie européenne quand d’autres font honneur à la démocratie européenne.

Alors ce rapport veut faire un focus plus spécifique sur les langues menacées de disparition parce que c’est là qu’il y a urgence, c’est là que le patrimoine culturel européen est directement attaqué et c’est aussi parce que il y a une responsabilité qui a été réaffirmée par le Traité de Lisbonne dans la mesure où la diversité culturelle a été hissée au rang de valeur essentielle et fondamentale de l’Union européenne.

Nous, nous pensons bien sûr que le rôle de l’Union européenne c’est d’abord de diffuser les bonnes pratiques. Les bonnes pratiques de la Finlande doivent évidemment pour nous s’imposer naturellement dans tous les pays d’Europe et il revient à l’Union européenne de veiller à ce que ces bonnes pratiques soient diffusées de façon de montrer qu’elle se soucie de la pérennité de ce patrimoine culturel européen.

Il faut donc que nous au Parlement européen, nous soyons à nouveau en mesure de provoquer un sursaut, une prise de conscience au niveau de l’Union européenne qui, je l’ai dit, et notamment les dix dernières années a été peu attentive au niveau de la Commission sur cette question là où on observe un ralentissement très net de l’engagement de la Commission. Mais aussi au niveau des Etats où la responsabilité est première et où il faut effectivement trouver les mots et les moyens de convaincre les dirigeants qu’il faut désormais donner une priorité à cette question.

Alors ce n’est pas toujours le cas. Il y a des effets de taille notamment au niveau de l’Union européenne qui fait qu’une communauté culturelle étroite a souvent beaucoup de difficultés à avoir accès aux dossiers européens où on exige des effets de taille, des effets de masse considérables. Il y a beaucoup de choses qu’il faut regarder en détail, ce que nous essaierons dans ce rapport de faire.

L’objectif quel est-il ? Et bien il va s’ouvrir une nouvelle période de programmation pluriannuelle 2014-2020, et il nous faut donc renouveler une volonté politique, renouveler un dialogue avec la Commission pour que le soutien aux langues minoritaires ne soit pas le grand absent de cette programmation 2014-2020, comme malheureusement je pense quand même qu’il a été le grand absent de la programmation précédente 2007-2013.

Il faut en effet que les communautés, les collectivités concernées, celles qui ont en charge ce patrimoine linguistique parce que les populations qui l’ont hérité des générations précédentes y vivent et y ont leur action culturelle ; Il faut que ces collectivités, ces communautés culturelles soient davantage aidées et soient davantage encouragées dans les bonnes pratiques.

Et enfin bien sûr ce rapport va être l’occasion de sensibiliser les Etats membres. Il doit être rendu hommage aux plus vertueux d’ente eux. Il doit être mis l’accent, pour ceux qui le sont beaucoup moins, sur l’erreur politique considérable que cela représente pour une grande démocratie européenne de ne pas prendre d’avantage en considération la diversité culturelle qui existe sur son sol.

Je vous remercie.

François Alfonsi, Eurodéputé

28012013

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