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Grand moment comique à Cuntrastu dimanche dernier : nos trois intervenants habituels ont vainement tenté d’interroger Michel Stefani sur les contradictions de la majorité territoriale. Il faut dire qu’on avait déjà vu nos trois échotiers plus caustiques.

BilletdhumeurCorse (2)Ils se sont contenté d’écouter sans l’interrompre le long et imperturbable discours très « années cinquante » du survivant stalinien. C’est ainsi que cet élu à l’accent bien de chez nous, se trouva « avec un boulevard devant lui » selon l’heureuse formule de la journaliste de Corse-Matin… Une sorte de monologue de Figaro à l’envers, qui a rappelé aux plus vieux les démonstrations télévisuelles de Georges Marchais, l’humour en moins. On a les Chabada et les C dans l’air qu’on peut !

Ce dont la Corse a besoin

Quelle question ? De la solidarité nationale pardi ! On voit que le camarade Stefani, trop longtemps absent de son pays d’origine, a dû sauter quelques épisodes. Seule région de France à ne pas avoir d’université accessible jusqu’en 1981, seule région à ne pas avoir d’autoroutes alors qu’elle détient le ratio le plus élevé de contraventions. En retard pour tous les équipements, hospitaliers, routiers, énergétiques, la Corse est le seul pays d’Europe a connaître la pollution sans industries. Le seul secteur où elle soit en avance, c’est la protection du littoral, certainement pas grâce aux amis de Mr Stefani…

Qu’importe, notre nostalgique des lendemains qui chantent, souhaite conserver intacte cette encombrante solidarité. C’est pourquoi il propose que la Corse bénéficie à nouveau de la continuité territoriale, vous savez ce machin qui a été inventé pour maintenir le trafic portuaire de Marseille sur le dos des Corses. Il ne restera plus qu’à racheter au prix fort les bateaux rétrocédés à Veolia-Butler Capital pour le franc symbolique, repasser du semi public au public, ni vu ni connu je t’embrouille ; pour couronner le tout, exiger des opérateurs le pavillon français sur une ligne européenne ! Autrement dit, le tour de passe- passe réalisé par un gouvernement de droite en 2005, un gouvernement de gauche le referait en sens inverse, toujours au détriment des mêmes. Compte tenu de nos rapports historiques, il fallait bien que Marseille et ses lobbies aient eux aussi leurs représentants à l’Assemblée de Corse. Michel Vauzelle n’est pas tout seul !

Arrêtés Miot : salauds de Corses

Du même, cet aphorisme hautement moral : « il est anormal que les plus gros patrimoines soient exonérés de droit de succession, dans une région marquée par de fortes inégalités. » Ce qui nous parait anormal à nous Corses, c’est que jusqu’à très récemment notre société se caractérisait justement par un écart de condition très faible, ce qui est une constante de notre histoire, dans un pays où l’économie monétisée fut tardive et où n’existe à ce jour aucune activité de production moderne. Raison de plus pour un marxiste convaincu de se demander si cet écart difficilement acceptable dans notre culture n’est pas la conséquence d’une stratégie délibérée de neutralisation d’une situation politique par la création d’une classe de nouveaux bachagas. Mais il est vrai qu’on n’a jamais vu un membre du Parti Communiste Français reconnaître l’existence d’un processus néo colonial. Soyons vertueux, soignons les symptômes, ignorons les causes, la révolution attendra!

Le corse comme instrument de discrimination

Curieusement, des arguties stefaniennes, c’est bien celle-ci qui fait consensus chez les plus réactionnaires. De Nicolas de Piana, à la CFR, de Milou à une frange de l’UMP, on dirait qu’ils se sont donné le mot pour faire sembler d’ignorer ce que les plus âgés savent pour l’avoir éprouvé : la seule langue discriminée en Corse ce fut, et reste, le corse ! Interdite à l’école au 20ème siècle, elle est aujourd’hui à peine tolérée en dehors de manifestations culturelles qu’on s’efforce de folkloriser…Ce que dois savoir Mr Stefani, c’est qu’on ne lui demandera jamais d’écrire ou de parler aussi parfaitement que Rinatu Coti ou Santu Casta. Admettre que le corse est la langue naturelle des Corses n’est pas fermer ses enfants à l’ouverture sur les langues universelles, espagnol, anglais, arabe ou chinois qui laissent loin derrière notre français en trentième ou quarantième position. Pas sûr qu’il soit plus porteur d’avenir méditerranéen que le vieux génois !

Ghjacumu Petru

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