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Le mutisme de la classe politique locale sur un sujet sociétal aussi important que le projet de « mariage pour tous » en dit long sur la gêne et l’embarras que suscite ce débat très sensible. Or, ne pas s’en emparer, c’est prendre le risque inévitable de voir deux camps inconciliables s’auto-nourrir de leur radicalité et cannibaliser la discussion en fracturant l’opinion de façon manichéenne.

une nouvelle corse mondoloni jean martinLe thème, trop sérieux, doit interpeller les consciences et appeler des positionnements distillés sans excès mais sans faux fuyant. Sur la forme, il convient de re-situer le contexte : sans verser dans la sinistrose ambiante, la France s’enfonce lentement dans la récession, la confiance des investisseurs étrangers décroit à vue d’œil, le chômage progresse, le nombre de pauvres augmente et aucun sondage d’opinion ne semble désigner le sujet du « mariage pour tous » comme la préoccupation majeure des Français. On me rétorquera qu’il s’agit d’une promesse de campagne. Pour combien d’engagements non tenus, notamment ce slogan qui résonnait si fort dans la bouche du candidat Hollande : « je veux rassembler les Français ! ». Pour le coup, Il y a fort à craindre que ce sujet soit le plus clivant des trois dernières décennies.

Sur le fond, il nous faut revenir aux fondamentaux du mariage reconnu dans le code civil comme « l’institution par laquelle un homme et une femme s’unissent pour vivre en commun et fonder une famille ». Le mariage est donc moins civilement un acte de reconnaissance d’amour qu’un acte liant union et filiation. Au motif qu’il s’agirait de légitimer civilement une situation amoureuse, on prend le risque de dérives incontrôlables. Ainsi vient d’être célébré au Brésil un mariage à trois. Trois personnes qui s’aimaient, sans nul doute. Les circonvolutions du parti socialiste tendant à déconnecter les débats du mariage et de la procréation médicalement assistée sont pathétiques et hypocritement scotchées à l’opinion, les Français étant grosso modo favorables au mariage homosexuel mais opposés à la filiation. Or, ne nous y trompons pas, il y aura bien automaticité de la possibilité d’adoption, entrainant de fait la suppression des notions fondamentales de « père » et de « mère ». Via l’article 312 du code civil qui indique que « l’enfant conçu ou né pendant le mariage a pour père le mari », la loi accorde à l’enfant la présomption que l’époux est le père, protégeant ainsi sa filiation. Que deviendra cette présomption dans un couple de femmes ? Et dans un couple d’hommes qui sera le père, le père 1, le père 2, le père biologique ? Devant les grilles de l’école ou chaque maman vient chercher sa progéniture, que répondre à cet enfant qui demande pourquoi il n’a pas de maman ?

Autant de situations discriminatoires et de conflits qui voient se déchirer parents sociaux et biologiques là où la loi est déjà en œuvre à l’étranger. Il faut remettre l’enfant au cœur des préoccupations du législateur car à vouloir légiférer pour quelques adultes, on en finirait par oublier que les enfants, eux n’ont pas de droit, ou si peu, et que « l’adoption est faite pour donner une famille à un enfant, pas un enfant à une famille ». La société doit contribuer à une meilleure acceptabilité sociale des homosexuels et davantage accompagner dans leurs droits ceux d’entre eux qui font le choix libre et intime de vivre en couple : droit fiscal, santé, retraite, etc.… mais de grâce ne touchons pas au mariage. Je ne suis pas certain du reste que, derrière des lobbys très actifs plus soucieux de la parentalité que de la conjugalité, se dresse une demande unanime des homosexuels. Pour information, ce sont les couples hétérosexuels qui ont en très grande majorité recours au PACS, alors qu’il confère depuis 15 ans des protections juridiques et des droits importants. L’état de délitement de notre société n’a pas besoin de ce coup de boutoir supplémentaire. Ne sacrifions pas sur l’autel de stratégies électoralistes les repères qui fondent notre modèle de vivre ensemble. Ne nions pas que l’union d’un homme et d’une femme est à l’origine de la vie humaine, ne renions pas nos racines chrétiennes qui, en Corse plus qu’ailleurs, ont toujours érigé la famille en valeur fondamentale. Le courage démocratique devrait conduire au référendum sur une question qui mérite mieux que le statut d’une promesse présidentielle. Sans laisser germer l’homophobie sur les terres de l’intolérance, ayons le courage d’en appeler au peuple pour dire non à l’homoparentalité.

Jean Martin Mondoloni
Une Nouvelle Corse

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