Produit CORSU E RIBELLU

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Des jeunes mais aussi des moins jeunes étaient mobilisés dans la Salle 001 de la « Fac de droit », beaucoup de monde donc, une bonne centaine de jeunes de différentes obédience du mouvement national, (Ghjuventù Indipendentista, Ghjuventù Paolina, Cunsulta di a Ghjuventù Corsa, PNC Ghjuventù), mais aussi des non encartés (Ghjuventù Vagabonda, Ghjuventù Arrita), et des anciens jeunes, militants eux aussi dans le passé des différentes structures de jeunes et  qui sont  aujourd’hui  des militants confirmés des structures « adultes ». Des jeunes, des moins jeunes, et des militants de tous bords pour les soutenir face aux idées passéistes.

Cette centaine de personne s’était donc retrouver à l’université plus de 25 ans après les incidents avec les militants du FN et de la CFR sur le campus, pour dénoncer l’actuelle CFR « France tiret Corse » qui depuis quelques semaines gesticulent dans la presse pour dénoncer tour à tour, la langue corse, le peuple corse, le stintu corse, enfin tout ce qui fait la spécificité corse… Les différentes organisations de jeunes se sont  érigées en une sorte de collectif pour combattre la résurgence des idées de la Corse Française Républicaine qui avait été dans les années 80 à l’origine de bien des violences notamment sur le campus universitaire.

cfrPetit récapitulatif d’Unità Naziunale : Début 1985, suite au gel des crédits de l’Université par le FN et la Droite à l’Assemblée de Corse, les incidents se multiplient à l’Université de Corté. Celle-ci subit les attaques virulentes du Front National et de la CFR qui entretient un climat de haine contre les nationalistes. Le 25 janvier, alors que la CSC bloque l’Université pour soutenir un étudiant arrêté le 8 septembre 84, Christian Mela, tabassé par la police et qui va être jugé pour appartenance au FLNC, un autre étudiant de la CSC, Jérôme Regetti est blessé par balles par un individu proche des milieux CFR de Corté, qui manipule un groupuscule étudiant, le CDUC, ( Comité de Défense de l’Université de Corté ). Immédiatement transféré à l’hôpital d’Ajaccio, nombreux sont les militants et sympathisants, dont moi-même, qui se déplacent à son chevet, suite à un appel des services hospitaliers organisant une collecte de sang pour lui. Le 26 janvier, les syndicats nationalistes se mobilisent en soutien aux étudiants dans la cité Paoline. Le 28 janvier, après de multiples provocations à l’encontre de la CSC, un enseignant membre de la CFR, François Piazza, pris à partie par un groupe d’étudiants, faisant croire à une violente agression contre lui, se fait évacuer par hélicoptère, dans une mise en scène destinée à montrer du doigt les « agressions des nationalistes et leur mainmise sur l’Université ». Des hommes armés de la CFR envahissent le campus sous le regard impassible des forces de l’ordre. Ils tentent de s’en prendre physiquement au Président Brighelli, accusé d’être complice des nationalistes, demandant sa démission. Plusieurs étudiants de la CSC sont dans les jours qui suivent interpellés, traduits en justice et écroués. La vive tension à l’Université gagne la Corse entière et le pire est à craindre. Des attentats sont perpétrés contre des nationalistes. A Ajaccio, le responsable du service d’ordre de la CFR, dont “ U Ribombu ” révèlera qu’il circulait dans une voiture aux vitres blindées, est abattu par deux hommes en plein jour. L’assassinat non revendiqué laisse envisager de multiples hypothèses. D’autres affrontements semblent inévitables…. http://storiacorsa.unita-naziunale.org/H1985.htm

Voici le texte de la Conférence de Presse 

« Dapoi parechje simane, l’associu « France-Corse » si face sente aspessu ind’è i media corsi. Nisunu sà perchè, ma sò sott’à u lume di a pressa isulana. Interviste à a radio, occupanu pagine sane ind’è l’unicu cuttidianu, sò invitati ind’è l’emissione pulitiche e più state à sente è e più prestigiose à a televisiò. A sucietà corsa sente guasi ogni ghjornu sta voce chì sfigura, chì stona, è chì ci ramenta un tempu chè no cridiamu oramai smaritu.

Iss’omi è ste donne, anziani militanti di a CFR, anziani militanti di l’ACDR, anziani cumbattanti, anziani simpliciamente, ci rigalanu di modu rigulare di a so visione di a Corsica.

Noi, giuventù corsa, avemu dicisu, à traversu a nostra presenza oghje incù parechje urganisazione di giovani, di dà u notru parè pè ciò

chì tocc’à l’intervenzione di l’associu « France-Corse », è a mediatisazione chì s’hè fatta in giru à elli.

L’expression de tout point de vue, bien qu’obsolète, est tout à fait légale. Nous n’avons pas vocation à critiquer la liberté d’expression, ni à vouloir museler qui que ce soit.

Mais à l’heure où la société Corse se réunit enfin derrière de grands thèmes, la défense de la langue, des droits de notre peuple, (comme nous l’avons vu récemment avec la levée de bouclier générale contre la fin des arrêtés Miot), cette voix discordante qui est celle de France-Corse est particulièrement dérangeante, d’autant plus qu’elle se réclame de la majorité silencieuse sans fondement aucun.

Nous nous devons, en tant que représentants de la jeunesse corse, de nous ériger contre ces propos qui vont à l’encontre des intérêts de notre peuple, de notre communauté, bien au-delà des clivages politiques «gauche/droite/nationalistes ». Et nous voulons également nous prononcer sur la médiatisation excessive de cette organisation qui monopolise le débat public plusieurs fois par semaine dans la presse insulaire.

Que ces gens soient anti nationalistes, anti autonomistes, anti régionalistes, et ne soient pas d’accord avec les idées prônées par une majorité de corses en faveur de la reconnaissance des droits de leur peuple, il s’agit de leur droit le plus entier.

Mais leurs régulières publications font apparaître une tendance bien plus préoccupante : bien qu’insulaires d’origine dans leur majorité, les militants de l’association « France-Corse » sont violemment anti corses. Ils adoptent un langage et une attitude de mépris et de haine vis à vis des hommes et des femmes qui travaillent pour ce pays.

L’origine insulaire mal-assumée et le statut de notables continentaux de ces militants de l’anti corsisme ne leur permet pas de dire tout et n’importe quoi.

En l’occurrence, c’est ce qu’ils font, en tapant sur toutes les composantes de la politique corse s’appropriant un peu trop la langue, la culture ou l’histoire corse à leur goût. En méprisant ouvertement la société corse.

L’association France-Corse s’insurge contre toute manifestation de l’identité corse, qu’elle soit culturelle, linguistique ou politique. Elle est allée jusqu’à considérer la simple signature d’une charte de la langue corse comme un acte « xénophobe » (excusez du peu).

Pierre Ghionga, Pierre Chaubon, Dominique Bucchini, José Rossi, Laurent Marcangeli, et bien sûr les élus et militant nationalistes de tout bord comme Edmond Simeoni ou Jean Guy Talamoni sont tour à tour visés par les humeurs de cette association. Tous travailleraient dans une optique « anti-française », « anti-républicaine », au simple prétexte qu’ils osent parler de co-officialité de la langue corse, de statut de résident, de protection des droits du peuple corse. Peuple corse lui même nié, puisque selon ces gens là nous ne serions qu’une composante non identifiable du peuple français qui, à l’image de sa nation, est un et indivisible.  Leur site internet regorge d’aigreur et de rancoeur vis-à-vis de ceux qui travaillent (quelle que soient leurs opinions) en faveur de la corse et des corses.

Au delà des attaques personnelles, et cela nous parait encore plus grave, ils méprisent ouvertement l’Université de Corse, qu’ils considèrent comme un outil de propagande. Ils insultent ouvertement cette institution indispensable à la Corse, avec des mots très durs, considérant l’université comme un repère de terroristes incultes manipulés par on ne sait quels gourous. Qui sont-ils pour se permettre de tels jugements ? Ce mépris est intolérable, et nous ne le tolérerons pas. D’autant plus que la presse insulaire se trouve être le relais de ces idées nauséabondes de manière très régulière.

Les propos de ces personnes sont d’une extrême violence vis à vis de leurs cibles. Nous invitons toutes les personnes intéressées à se rendre sur leur site internet et à le constater par eux mêmes: cela fait froid dans le dos.

L’association France-Corse fait de l’anti corsisme primaire. Leur hantise ? Ce sont les idéaux de promotion de la langue, de la terre et de la culture Corse, de reconnaissance du peuple corse, et ils voit de l’extrémisme dangereux dans chaque acte de la classe politique ou de la société corse, pourtant hétérogène et aux avis plus que divers sur la question.

Cette association refuse également que toute personne publique corse fasse valoir les droits des corses en tant que peuple, que communauté, que groupe social, face aux instances nationales françaises qui ont, selon eux, toujours raison pour la simple et bonne raison qu’elles représentent l’Etat français.

Avec une connaissance du terrain à faire pâlir Jean-Pierre Chevènement, et une mauvaise foi dépassant celle des éditos les plus incisifs de Christophe Barbier, plus forts que tous les piliers de comptoir français réunis, a la manière des obsédés du satanisme ou de la franc-maçonnerie, ces dignes héritiers de Marbeuf et du duc de Choiseul voient du terrorisme et de l’indépendantisme forcené partout. Est-ce une obsession pathologique ? De la démence ? Il serait temps que des spécialistes se penchent sur la question.

Quoi qu’il en soit, nous, jeunes corses, soucieux du sort de notre île, du maintien de sa langue, de la vivacité de ses traditions et de sa culture, de l’énergie de son peuple, ne pouvons accepter que de tels délires (car il ne semble pas s’agir d’autre chose) puissent avoir libre cours dans les médias insulaires sans réponse.

Il ne faut pas prendre à la légère de tels propos : ce sont les mêmes idées qui sont à l’origine du massacre de l’affaire Bastelica-Fesch il y a 32 ans. Ce sont ces mêmes personnes qui n’ont pas hésité à prendre les armes pour éliminer des corses en d’autres temps car leurs idées les dérangeaient. Ces idées n’ont plus leur place dans la Corse d’aujourd’hui, et il nous parait incroyable que les médias mettent autant d’ardeur à relayer ce genre de propos.

Ces gens, en plus de manipuler l’information et d’en donner une interprétation erronée, diffament et incitent à la haine, crachent sur le travail de milliers de corses, au nom d’un « républicanisme » extrême que l’on peut considérer comme une obsession. Ils associent l’affirmation pacifique d’une identité à de la « xénophobie ». Lorsque l’on connaît, pour certains d’entre eux, leur passé de militants d’extrême droite, cela prête à sourire.

Leurs idées dépassées de reniement d’un peuple qui les a pourtant vus naître sont trop présentes dans les médias proportionnellement à la place qu’elles occupent dans la société.

Quelle autre association en Corse peut se targuer d’avoir un traitement aussi clément par la presse insulaire ? Nous avons tous ici, à travers nos organisations respectives, été confrontés à la difficulté d’avoir la parole dans les médias corses. Comment ces gens là, qui ne représentent rien ni personne au delà de leur groupuscule, peuvent ils plusieurs fois par semaine intervenir dans la presse écrite, à la radio ou à la télévision ?

A l’heure où, grâce à l’action politique, la langue corse retrouve peu à peu sa place dans la société, où le peuple corse tente de proposer des modèles de développements pérennes pour son île, à l’heure où nous nous réapproprions notre culture et notre histoire en paix, à l’heure où la classe politique entière s’accorde sur des points communs de développement économique et culturel, personne ne devrait accepter ce genre de propos sur notre île, droite, gauche et nationalistes confondus.

Mesdames et messieurs de « France-Corse », vous ne représentez plus rien aujourd’hui. Votre volonté d’être « plus français que les français » (continentaux, pour ne pas vous froisser) fait peine à voir. Qu’avez-vous fait pour la Corse ? Pour la majorité d’entre vous, vous avez fait votre vie sur le continent (ex-députés, professeurs, militaires…) et vous voudriez dire au peuple qui fait vivre cette terre comment il doit se comporter ? Nous ne l’acceptons pas. Et nous ne l’accepterons jamais.

Vous ne pesez rien dans le jeu politique insulaire, et quoi que vous fassiez, la Corse est aujourd’hui sur le chemin du changement. Nous sommes en train de redevenir maîtres de notre destin que cela vous plaise ou non. Vos larmoiements réguliers dans la presse n’y changeront rien.

Non, messieurs dames qui vous réclamez de la majorité silencieuse, vous n’êtes ni majoritaires, ni silencieux. Vous êtes une minorité bien trop bruyante.

Nous nous réjouissons cependant que les idéaux surannés pathétiques que vous prônez ne trouvent aucun écho dans la société corse moderne, particulièrement dans la jeunesse.

Ils seront ainsi bel et bien disparus et enterrés d’ici une quinzaine d’années. Le paysage politique de notre île ne s’en trouvera que grandi. »

Ghjuventù Corsa

PHOTOS sur le site RITRATTI-CORSICA.ORG

 

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