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« Littérature et construction politique : l’exemple du Primu Riacquistu corse (1896/1945) ». C’est l’intitulé de la thèse soutenue par Jean-Guy Talamoni. L’auteur révèle ici ses plus passionnantes découvertes.

Talamoni, Corsica LiberaLes recherches universitaires de l’élu nationaliste portent sur la démarche de renaissance linguistique, littéraire et politique qui s’est développée du tournant du siècle écoulé à la Seconde Guerre mondiale. Elles mettent au jour les mécanismes culturels et idéologiques à l’œuvre au sein de la société corse afin d’apporter un éclairage nouveau à l’action politique à venir. Pas mal d’idées reçues sont battues en brèche.

Par quels chemins intellectuels le juriste que vous êtes a dû passer pour entreprendre un travail littéraire de cette envergure ?

Si le droit est indispensable à l’organisation de la société, la vérité humaine et la sensibilité sont dans la littérature. Par ailleurs, les œuvres littéraires constituent des sujets de méditation utiles à l’action politique car elles recèlent l’esprit d’un peuple, ses singularités, les représentations qu’il élabore, en un mot son imaginaire. Outre le plaisir de la lecture et de l’écriture, j’ai conçu ce travail comme une étude de « recherche appliquée ». En effet, il s’agissait de dévoiler les mécanismes à l’œuvre au sein de la société corse – celle-ci étant appréhendée dans ce qu’elle a de constant – en vue d’agir sur ces mécanismes. J’ai estimé qu’une telle démarche serait de nature à améliorer la qualité de ma propre contribution au débat public, en tant qu’élu. Je crois que l’action politique ne devrait jamais être déconnectée du monde de la pensée.

« Militants culturels et politiques »

Pour vous, le Riacquistu ne date donc pas des années 1970 mais de bien avant…

Effectivement. On qualifie en général la première renaissance corse, au tournant du siècle, de Mantenimentu (Maintien), et celle des années 1970 de Riacquistu (Réappropriation). Or la biographie des auteurs de la première moitié du XXe siècle, et surtout leurs œuvres, montrent qu’ils n’étaient pas de simples « mainteneurs » comme les félibres provençaux, mais des militants culturels et politiques. Leur référence était la période paolienne. Ce qu’il s’agissait de se « réapproprier », c’était la dignité d’une nation. En 1914, la revue A Cispra l’exprime à travers une formule devenue célèbre : « A Corsica ùn hè micca un dipartimentu francese : hè una Nazione vinta chì hà da rinasce ! »

Suite et source de l’article de Corse Matin

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