Produit CORSU E RIBELLU

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(article du 7 décembre 2003) Il y a 11 ans disparaissait dans un accident de la route, Natale Luciani. Militant culturel et politique de la première heure, il avait avec Canta u Populu Corsu participé au Riacquistu Culturale, à défendre la Langue Corse son peuple et sa terre. Militant politique engagé au FLNC, Natale Luciani avait été interpellé en avril 1984 pour détention d’explosifs, il avait été condamné à sept ans de prison en mai 1985 lors de son procès par le tribunal de grande instance d’Ajaccio. Il revendique lors de son procès son appartenance au FLNC.

L’année de son arrestation, un commando du FLNC avait tenté de le faire libérer de prison pendant l’opération militaire ou les assassins de Guidu Orsoni avaient été exécuté. En juillet de la même année (85), il comparaît devant la cour d’assises de Lyon pour l’affaire de la prison d’Ajaccio et est acquitté.

Quelques années plus tard, en 1988, emprisonné à la centrale de Saint-Maur dans un quartier de haute sécurité en compagnie de Pierre Albertini, ils auront tous les deux un rôle déterminant en évitant qu’une mutinerie des détenus ne dégénère et en protégeant le directeur de la prison. Il est libéré en 1989 à la faveur de la loi d’amnistie et revient à Ajaccio. Il ne réintègre pas l’Éducation nationale maïs la direction régionale des affaires culturelles où il travaillait encore jusqu’à ces derniers jours.

Les scissions puis les affrontements sanglants entre les différents mouvements nationalistes atterrent ce militant sincère et idéaliste qui s’est toujours tenu écarté des luttes de pouvoir. Le gâchis des années 1990 l’écarte des structures. Il n’en restera pas moins un nationaliste convaincu, exprimant sa solidarité lors des soirées de soutien aux prisonniers notamment. Mais il limitait désormais son action au militantisme culturel et à la transmission de la culture corse aux jeunes générations.

Après sa libération, le chanteur de Canta u Populu Corsu, groupe très engagé en faveur des nationalistes dans les années 80, s’était consacré à une école de chant pour les enfants, qu’il avait fondée. Depuis cette date

À son retour en Corse au début des années 90, il crée « a scola di cantu » pour former de jeunes chanteurs et musiciens. Il anime des ateliers de musique et de chant dont sortiront les voix montantes du chant corse de ces dernières années.

Natale Luciani avait à coeur de transmettre aux jeunes corses ces valeurs ancestrales. L’année de sa mort, ces mêmes jeunes corses lui ont rendu hommage le jour de « A Festa di a Nazione ».

Natale Luciani est décédé dans la nuit du 7 au 8 décembre 2003.  Alors qu’il conduisait, de Buccugnà (où venait de se terminer a Fiera di a Castagna, la Foire à la Châtaigne) à Tavera, son village (situé à proximité de Buccugnà). La Corse venait de perdre un grand homme, pur, honnête, et droit. Il n’avait que 54 ans, mais sa mémoire n’est pas prête de s’éteindre, et, comme on dit chez nous, « Natale Luciani sempre vivu ».

L’hommage d’I Voci di a Gravona à NATALE LUCIANI (Scrivu à tè … fratellu di cantu)

Una canzona scritta pa u tintu di Natale Luciani quand’era in prighjò.

dossier « In Mimoria » sur Unità Naziunale

Corsica Infurmazione, L’information Corse
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