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La ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie a donc annoncé ce que la Corse attendait depuis des années, voire des décennies. Même si l’histoire nous enseigne la nécessité d’être vigilants sur les annonces du gouvernement, le courrier de la ministre Delphine Batho, révélé par la conseillère exécutive en charge du dossier énergétique à l’Assemblée de Corse, ce 8 novembre, est incontestablement une victoire.

Et pour être très investis dans ce dossier depuis des années, nous n’allons pas bouder notre plaisir ! L’opiniâtreté de Femu a Corsica a assurément peser dans ce dossier: la page du fioul lourd se tourne.

Comme il l’a fait régulièrement depuis le début de la mandature, le groupe Femu a Corsica relançait à nouveau l’Exécutif territorial sur la question énergétique ce 8 novembre à l’ouverture de la session. Femu a Corsica posait également une motion plus complète, signée par moi-même et Nadine Nivaggioni, que le groupe a retiré compte tenu des bonnes nouvelles annoncées par Maria Guidicelli en réponse à notre question orale.

Nadine Nivaggioni en effet interpellait l’Exécutif : «Chaque semaine qui passe nous rapproche des termes initiaux et donc d’un choix qui n’est pas notre choix, qui n’est pas le choix des élus de la Corse. Dès lors, dans ce qui nous semble une nouvelle bataille à engager, vous comprendrez aisément que nous ne pouvons plus nous contenter d’espérer la venue d’un Président de la République, voire même, de nous satisfaire de l’écoute «attentive» ou «bienveillante»d’un Ministre.»

 

Plus qu’une interpellation une exaspération exprimée par Femu a Corsica: «Nous n’avons qu’un seul objectif, commun à tous les élus de cette assemblée: faire entendre haut et fort, la voix de la Corse, celle d’une île qui refuse, pour des questions économiques, une condamnation à trente ans; celle des élus, tous ensemble, qui refusent que la population résidant aux abords des centrales ne meurt de ce «gattivu male», une voix de la Corse enfin qui refuse que son destin énergétique soit dicté ailleurs et par d’autre (…)Au nom du groupe Femu a Corsica, mais aussi au nom des riverains et des milliers de Corses sensibilisés à cette question, nous souhaiterions vivement évaluer votre capacité de tolérance pour ce qui est du calendrier et connaître votre degré d’exigence quant à l’accélération des procédures»…

La ministre répond à Paul Giacobbi

Avec beaucoup de satisfaction, Maria Guidicelli révélait le tout récent courrier reçu de la ministre de l’écologie, Delphine Batho (extraits ci-dessous). Elle faisait part également de l’annonce par la ministre auprès d’EDF-PEI, de la prise en charge par la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) du surcoût du fioul léger. En l’état actuel des engagements pris, la PPI (programmation pluriannuels d’investissements entre l’Etat et la Région) devra être revue afin de se conformer à la nouvelle d’un démarrage au fioul léger de la centrale de Lucciana, a également confirmé Maria Guidicelli. Pour Femu a Corsica, ces nouvelles sont très bonnes et doivent nous mobiliser pour la suite, quant au suivi de ces engagements certes, mais aussi quant aux autres enjeux de notre recherche d’autonomie énergétique : augmenter la part d’énergies renouvelables dans l’approvisionnement énergétique, faire sauter le verrou des 30% d’énergies aléatoires, imposé par Edf, revoir le tarif de rachat de l’éolien et du photovoltaïque, maîtriser la consommation etc… Jusqu’ici, le seul référent juridique de ce dossier était l’arrêté préfectoral de Jean-Luc Nevache qui autorise la mise en service de la centrale au fioul lourd… On veut croire que les engagements d’un ministre auprès d’un président de région, valent plus qu’un arrêté préfectoral. Ceci dit, il serait bon quand même de pondre un contre-arrêté… Il y a deux ans, le préfet de Haute-Corse en effet jurait la main sur le cœur qu’il était impossible, malgré toute la bonne volonté du gouvernement, de réaliser les procédures administratives pour faire en sorte que Lucciana démarre au fioul léger, et fort de cette impossibilité technique et juridique, il prenait cet arrêté… Aujourd’hui, après avoir perdu deux ans dans la procédure, la ministre nous indique au contraire que c’est possible. Comme quoi, nos propos dans ces mêmes colonnes affirmant que le combat pouvait être gagné, que les lois et règlements étaient au service de la population et que rien ne résistait à la volonté politique, étaient justes.

Les enseignements d’un combat

Le combat incessant, depuis près de 40 ans maintenant, d’abord du Comité anti-Vaziu, puis des nationalistes toutes tendances confondues et des associations de défense de l’environnement, au premier rang desquelles, l’associu U Levante, des partis politiques et des élus qui nous ont rejoint, a donc payé. Nous n’oublions pas non plus, la bataille qu’il a fallu mener vis-à-vis de l’Exécutif territorial. Il y a deux ans, l’Exécutif affirmait dans les médias que le démarrage de Lucciana au fioul lourd était «inévitable»… L’Exécutif territorial a su évoluer, c’est tout à son honneur. Et c’est tout le mérite de Femu a Corsica d’avoir su mener ce combat de conviction.

On peut tirer trois enseignements de ce combat. Premièrement, les dossiers de ce type sont de véritables batailles d’experts. Et il faut saluer là l’apport des ingénieurs et des médecins à nos côtés ainsi que des associations ou collectifs de résidents qui ont, de ce point de vue, abreuvé en permanence notre action d’arguments de poids. Deuxièmement, ces combats ne peuvent se gagner que dans l’union la plus forte. Le travail incessant, sur tous les terrains possibles, a été indispensable: associations on l’a dit, élus à l’Assemblée de Corse, avec le harcèlement exercé par Femu a Corsica (questions orales, motions, interventions en séance, conférences de presse, réunions avec l’Exécutif, avec les préfets, avec EDF etc). Sans oublier le travail pointu de nos eurodéputés, François Alfonsi et Michèle Rivasi, leurs multiples interventions auprès de la direction nationale d’EDF, de la commission Energie au parlement européen, leurs questions écrites à la commission européenne, leurs rendez-vous avec les ministres etc.

D’autres ont œuvré encore dans la foulée de cette action, le député à l’Assemblée Nationale, Sauveur Gandolfi Sheit, et comme l’a souligné Maria Guidicelli elle-même «l’ensemble des élus» in fine s’est rangé à nos revendications. C’est le troisième enseignement. Il a fallu, pour réussir, bâtir une unanimité. Là encore le rôle de Femu a Corsica a été essentiel. Chacun peut se convaincre que nous ferons en sorte que les engagements pris soient tenus.

Ces trois leçons à chaud de la nouvelle d’un démarrage au fioul léger à Lucciana sont à retenir pour autant de combats cruciaux qu’il nous reste à mener.

Fabiana Giovannini.

Corsica Infurmazione, L’information Corse

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