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La situation dans les territoires de l’Azawad appelle une attention vigilante de la communauté internationale, avec en première ligne, l’Union Européenne qui joue un rôle essentiel dans cette partie du monde.

La crise de ce territoire tient à plusieurs raisons :

  • l’émergence, puis l’implantation pendant de très longues années (plus de dix ans déjà) de groupes armés de nature terroriste, et/ou liés aux activités de narco-traficants ;
  • l’incapacité avérée de l’Etat malien de combattre ces groupes et leur influence, qui s’est accrue durant toutes ces années, au détriment des populations autochtones, quelle que soit leur origine, touareg, maure, songhai ou peule ;
  • l’absence totale d’ouverture démocratique aux revendications du peuple de l’Azawad, et particulièrement à sa demande de démocratie et d’autodétermination.

Aujourd’hui, ce territoire est hors de contrôle de la communauté internationale. Les crimes s’y multiplient et les premières victimes sont les populations locales, ainsi que des otages occidentaux détenus par des groupes ouvertement terroristes qui représentent une menace sérieuse pour la sécurité en Europe.

Il est question d’une intervention militaire soutenue par la communauté internationale sur ce territoire. Les contours en sont encore incertains eu égard à la difficulté du terrain et à la décomposition du pouvoir de Bamako. Or les précédents sont nombreux avec de telles démarches qui finissent par ajouter le désordre au désordre et qui débouchent finalement sur des catastrophes militaires et humanitaires. On ne peut s’engager dans une telle option sans avoir exploré auparavant toutes les voies du dialogue, particulièrement avec ceux qui, présents sur le territoire lui-même, représentent les aspirations politiques des populations locales. Et peut-on envisager de telles initiatives sans avoir défini auparavant un projet d’avenir pour l’Azawad qui recueille le consentement des populations locales, de façon à isoler les groupes que l’on veut combattre?

C’est pourquoi j’ai pris l’initiative d’organiser des échanges au Parlement Européen. Une première réunion d’information : « Quel avenir pour l’Azawad ? Dialogue avec le MLNA » a eu lieu le 22 mai à Strasbourg, puis une seconde, « Quel avenir de l’Azawad ? Les propositions du MLNA », le 23 octobre dernier, toujours à Strasbourg. La conférence de presse d’aujourd’hui fait suite à cette deuxième réunion pour que les propositions de paix et d’avenir formulées par le MLNA puissent être entendues et analysées.

Ce dont les acteurs de ce conflit ont besoin avant tout, c’est d’une démarche d’écoute et de dialogue, et l’opinion doit être informée des attentes du mouvement politique qui s’inscrit dans la continuité des cinquante années de combats menés contre un Etat malien sourd à toutes les revendications d’autonomie politique.

On ne peut prétendre tout connaître, tout décider, et tout régenter depuis Paris. L’avenir de l’Azawad doit appartenir avant tout au peuple d’Azawad.

Blog François Alfonsi

Corsica Infurmazione, L’information Corse 

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